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Arts martiaux

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Francis Ngannou, roi des lourds. Ce titre, qu’on pourrait croire ironique, est en fait très admiratif de la victoire du champion sur son adversaire : le roi des lourds, c’est le roi des poids lourds, dans cette compétition de MMA, mixed martial arts, les arts martiaux mixtes. Il s’agit donc d’une lutte qui mêle des techniques différentes, empruntées à ce qu’on appelle les arts martiaux.

Et ces arts martiaux sont des pratiques de lutte, le plus souvent asiatiques au départ : le judo, le karaté, le jiu-jitsu. Mais le mot peut s’appliquer par exemple à la capoeira qui vient du Brésil ou à d’autres formes de lutte originaires d’Afrique. Et cela désigne un art du combat qui repose sur une certaine conscience de son corps et de celui de l’autre : tout un apprentissage, et même une philosophie qu’on apprend et auxquels on s’initie. Ce qui correspond bien à une pensée très extra-européenne, même si les Européens s’y sont beaucoup intéressés depuis longtemps. Et on appelle ça les arts martiaux ! Une manière très occidentale de nommer quelque chose qui l’est fort peu au départ. Une réappropriation donc ? Oui d’une certaine manière. Mais plutôt respectueuse!

Car ce mot martial est lui très européen. Et il évoque d’abord la chose militaire, en ce qu’il dérive de Mars, le dieu de la guerre dans la mythologie romaine (chez les Grecs, la divinité symétrique s’appelle Arès, mais l’appellation Mars est bien plus connue en français, et d’ailleurs les deux dieux diffèrent par bien des points).

Mars est un dieu très masculin, viril autant que batailleur. Et cet adjectif martial s’emploie souvent à propos d’une allure considérée comme militaire : un air martial, une musique martiale. Et il apparait aussi dans des circonstances assez officielles : on parle par exemple de loi martiale. L’expression souvent fait frissonner, ou en tout cas fait craindre pour les libertés ! La loi martiale en effet suspend en général les libertés individuelles, et donne un grand pouvoir à l’armée, notamment pour des opérations de police et de sécurité intérieure. Peut-on dire que quand la loi martiale est déclarée, l’armée a tous pouvoirs, et peut tout se permettre ? Ce serait aller loin, mais malheureusement, cela indique la direction prise.

On a d’autres expressions qui utilisent cet adjectif martial, comme la Cour martiale. Et là aussi, parfois on frémit. La Cour martiale est une cour de justice militaire et une juridiction d’exception. Ce qui signifie qu’elle suspend le droit ordinaire pour juger différemment. Mais elle ne juge en principe que de sujets ayant trait à l’armée, à la guerre, à la sécurité nationale. Et bien souvent ces Cours ont été instituées dans des circonstances très bousculées. En 1789 d’abord, avant l’instauration du Tribunal Révolutionnaire. Puis pendant les guerres de 70 et de 14 ; surtout pour juger des soldats accusés de pacifisme, ou de désertion ou de rébellion contre l’autorité militaire. Les jugements étaient donc souvent hâtifs, et non susceptibles d’être modifiés ou reconsidérés : pas d’appel possible et une exécution très rapide après le prononcé du jugement. Des décisions sévères et voulant souvent servir d’exemple !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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