mots-actu_a.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On sait bien que notre période d’insécurité sanitaire nous met en présence de beaucoup de choses qu’on ne comprend pas ! Et sur lesquelles bien souvent, on croit pouvoir avoir une opinion autorisée. On se pose par exemple des questions sur la maladie, sur les virus en général, sur la manière de les maîtriser, sur les vaccins. Et un certain nombre de mots très savants trainent dans les conversations, sans qu’on sache bien à quoi ils correspondent. On entend par exemple parler d’un vaccin ARN messager. Qu’est-ce que c’est ? Je ne suis pas vraiment compétent pour expliquer ça en quelques secondes. Même si on sait que ce qu’on appelle ARN désigne l’acide ribonucléique, symétrique de l’ADN, l’acide désoxyribonucléique. Mais ce qui est étonnant c’est l’adjectif messager qu’on accole à cet ARN. Il correspond bien à un certain fonctionnement : il s’agit bien d’envoyer une information codée dans notre patrimoine génétique pour synthétiser des éléments chimiques nécessaires à notre protection. Tout cela est très complexe, mais s’explique grâce à des images, des comparaisons, des métaphores qui nous sont familières. On exprime tout cela, on explique tout cela à l’aide de ce qui est à la mode dans nos façons de penser. Il ne faut pas y voir une tendance désinvolte ou : il ne s’agit pas d’un snobisme. Mais on s’explique avec les instruments qui nous entourent !

Et pour cet ARN, le fait qu’on le qualifie de messager (en entend même parfois messenger avec le terme anglais) est bien le signe que nous pensons beaucoup en ce moment en termes de communication.

Le messager est celui qui est porteur d’un message, et qui est responsable de son acheminement : il part de l’émetteur – celui qui envoie le message, pour aller vers le récepteur – celui qui le reçoit.

Le message est donc le contenu communiqué. Mais le mot s’emploie surtout si la communication se fait à distance, bien que ce soit un terme très général. Et les nouvelles technologies ne se privent pas d’y avoir recours : les courriers électroniques sont bien des messages qu’on envoie et qu’on reçoit, et qui sont organisés par des messageries. Au téléphone, c’est pareil : si l’on a directement en ligne la personne à qui on veut parler, on aura avec elle une conversation. Si on laisse un mot sur sa messagerie, c’est un message qu’on lui laisse, et qu’elle trouvera en consultant son répondeur. On voit que le mot s’applique toutparticulièrement aux supports virtuels : on parlera moins spontanément de message si l’on envoie une lettre dans une enveloppe, avec un timbre, et que le même objet écrit par le correspondant arrive dans les mains et sous les yeux de celui à qui il est destiné.

En revanche ce mot de message peut aussi renvoyer à ce qui est transmis en profondeur, à ce qu’on veut vraiment faire comprendre. Si vous envoyez un bouquet de roses rouges, le message, ce n’est pas vraiment les roses ; c’est « je vous aime à la folie ». On garde donc parfois cette idée de message secret, codé, qu’il convient de comprendre voire de déchiffrer. Si l’on dit à quelqu’un « j’ai compris le message ! », cela veut dire qu’au-delà des mots, du contenu de surface, du contenu manifeste de la conversation, on en a compris l’enjeu profond. Un message peut donc être un clin d’œil, un geste, un silence même, si ces signes sont suffisamment explicites pour être interprétés.

Au départ, ce qu’on appelle un message est ce qui est apporté par un messager. Et le messager est l’envoyé de quelqu’un. Le verbe latin mittere, d’où procède le mot, signifie bien envoyer. Et on peut constater que autant le mot messagerie est de notre temps, et évoque les techniques modernes, autant le mot messager a le charme des mots anciens.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias