Des membres d'Amnesty International manifestent contre la peine de mort devant le parlement à Tokyo, le 28 juillet 2009, suite à l’exécution de 3 détenus. Yoshikazu Tsuno / AFP
Des membres d'Amnesty International manifestent contre la peine de mort devant le parlement à Tokyo, le 28 juillet 2009, suite à l’exécution de 3 détenus.
Yoshikazu Tsuno / AFP
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Introduction : la peine de mort hier et aujourd’hui

En 2019, plus des deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort ou ne l’appliquent plus. Ces deux dernières décennies, plus de cinquante États ont inscrit cette abolition dans leur droit. La Chine exceptée, près de quatre exécutions sur cinq ont eu lieu en 2018 en Iran, en Arabie Saoudite, au Vietnam et en Irak. Cette proportion ne vaut que pour les exécutions confirmées (690 en 2018).
根据 Olivier Favier -

On l’oublie souvent. Malgré Victor Hugo et Albert Camus, ce n’est pas l’Europe, et encore moins la France, qui fut pionnière dans l’abolition de la peine de mort. Le premier pays à l’interdire inconditionnellement fut le Venezuela en 1863. Avant 1914, il fut suivi en Amérique latine par le Costa-Rica, l’Équateur, l’Uruguay, et la Colombie. Dans ce continent aujourd’hui, l’abolition est généralisée sauf en Guyana.

En Europe, à l’exception de la minuscule République de Saint-Marin, la première nation européenne abolitionniste fut le Portugal, en 1867, sauf pour les crimes tombant sous le coup de la loi militaire, où il fallut encore attendre plus d’un siècle. Il fut suivi des Pays-Bas, où elle fut rétablie un temps après la seconde guerre mondiale, et de la Norvège. Aujourd’hui, le seul pays d’Europe à appliquer la peine de mort est la Biélorussie.

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L’abolition en France, une des mesures marquantes de l’arrivée au pouvoir de la gauche en 1981, demeure liée à la figure de l’avocat Robert Badinter, alors ministre de la justice. Vingt-six ans plus tard, c’est sous la présidence de Jacques Chirac qu’une loi constitutionnelle est votée, interdisant en principe tout retour en arrière : « Nul ne peut être condamné à la peine de mort. »

Aujourd’hui, 55 États et territoires appliquent encore la peine de mort. Si la Chine est de loin le pays à avoir pratiqué le plus d’exécutions en 2018 - sans qu’on en connaisse le nombre exact -, les pays arabo-musulmans comme l’Arabie Saoudite, l’Irak ou l’Égypte, ainsi que l’Iran, y ont aussi massivement recours, dans des proportions souvent difficiles à déterminer. Parmi les pays développés, les États-Unis et le Japon sont rétentionnistes, ainsi que Singapour et dans une moindre mesure Taiwan. La grande inconnue reste la Corée du Nord, où des sources non officielles font état d’exécutions massives.

Il faut enfin rappeler qu’en décembre 2019, la peine de mort aux États-Unis sera rétablie au niveau fédéral. Elle pourra donc s’appliquer désormais sur tout le territoire.

发布时间 28/08/2019 - 更改时间 10/09/2019

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