Chine: nouveaux cas du mystérieux virus, des contrôles aux aéroports
Un passage en transit à l'aéroport John F. Kennedy de New York. Dès le 17 janvier, une centaine d’agents sanitaires ont été déployés aux États-Unis pour mener les premiers contrôles sur les passagers arrivant de Chine.
Brendan McDermid / REUTERS
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Chine : nouveaux cas du mystérieux virus, des contrôles aux aéroports

Le dimanche 19 janvier 2020, la Chine a évoqué 17 nouveaux cas du mystérieux virus apparu à Wuhan et qui est de la même famille que le Sras. Trois patients touchés se trouvent dans un état grave, ce qui alimente les inquiétudes à quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel An chinois.
根据 RFI -

Sur les 17 nouveaux cas du coronavirus repérés dans la ville de Wuhan, qui se trouve être vraisemblablement le premier foyer de la maladie, trois ont été présentés comme « graves », relate l'AFP. Deux de ces patients sont dans un état trop critique pour pouvoir être déplacés. Ces personnes infectées sont âgées de 30 à 79 ans. Les autorités municipales affirment que le virus a désormais contaminé 62 personnes à Wuhan, dont huit qui sont toujours dans un état grave et 19 qui ont été soignées et ont pu sortir de l'hôpital. Les autres sont toujours traités à l'isolement.

La crainte d'une nouvelle crise

Deux personnes ont péri après avoir contracté le virus, dont un homme de 69 ans décédé le mercredi 15 janvier. Tombé malade le 31 décembre, il avait vu son état de santé s'aggraver cinq jours plus tard. Trois cas ont été confirmés à l'étranger, dont deux en Thaïlande et un au Japon. L'épidémie fait craindre une nouvelle crise comme celle du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

Des scientifiques d'un centre de recherche de l'Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont cependant estimé dans un article publié vendredi que le virus avait probablement contaminé bien plus de personnes que ce que les autorités chinoises affirment. Ils ont estimé, sur la base de l'ensemble des informations disponibles au 12 janvier, que le chiffre de 1 723 personnes contaminées était beaucoup plus probable.

Aucune contamination interhumaine pour le moment

Les autorités de Wuhan ont affirmé, le dimanche 19 janvier, que certains des patients contaminés n'avaient eu aucun contact avec un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons qui est au centre de tous les soupçons. Aucune contamination interhumaine n'a pour l'heure été confirmée, mais le département de la santé de Wuhan a estimé qu'on ne « pouvait pas exclure » ce risque. La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, signale encore l'AFP, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

La ville de Wuhan

La ville de Wuhan. L'enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients contaminés travaillaient sur un marché de la cité, spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons. I Pixabay/CCO/Petrick_L

Pour Patrick Berche, professeur émérite de microbiologie à l'université de Paris, mais également directeur de l'Institut Pasteur de Lille, « il s’agit bien d’un nouveau virus, un coronavirus. C’est une famille de virus qui est assez répandue dans l’espèce humaine et qui habituellement donne des infections respiratoires bénignes, comme les rhumes de cerveau par exemple. Donc, il s’agit d’un nouveau virus qui doit exister depuis des centaines de milliers d’années. Ils existent probablement depuis très longtemps et ces virus ont atteint l’homme pour la première fois à l’occasion d’un contact épidémiologique inhabituel. »

« Ce sont des virus qui se voient surtout chez les mammifères et les oiseaux, mais il est probable qu’il s’agit d’animaux qui se nourrissent de poissons. Ça peut être des chats, ça peut être des rongeurs ou des animaux comme ça. Mais pour le moment, on n’a aucune indication sur l’origine de ce virus », indique enfin Patrick Berche.

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Aux États-Unis, les passagers arrivant de Chine aux aéroports de San Francisco, Los Angles et New York doivent remplir un questionnaire, passer par une prise de température, écrit notre correspondant à San Fransisco, Éric de Salve. En cas de symptômes suspects (fièvre ou forte toux) des prélèvements sont effectués pour dépister un cas éventuel de ce virus respiratoire chinois dont les scientifiques savent encore très peu.

Ces test ont été décidés dans les trois villes américaines qui comptent les plus importantes communautés chinoises. Chaque semaine, trois vols directs arrivent à San Francisco en provenance de Wuhan. Aucun cas n’a encore été détecté mais la situation est considérée comme sérieuse par les autorités sanitaires américaines car, en 2003, le meurtrier virus du Sras avait connu des débuts similaire avant sa propagation dans le monde.

发布时间 02/03/2020 - 更改时间 03/03/2020

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