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Indépendance du Burkina Faso : un morceau introuvable de Volta Jazz

Bobo Dioulasso, ville carrefour de l'époque post-coloniale, était témoin d'une longue tradition musicale d'orchestre.
Bobo Dioulasso, ville carrefour de l'époque post-coloniale, était témoin d'une longue tradition musicale d'orchestre.
© Semiliki / Wikimedia Commons
Le 5 août 1960, la Haute-Volta accédait à l'indépendance. Le pays allait devenir le Burkina Faso en 1984. RFI vous fait revivre l'ambiance musicale de l'époque avec un morceau presque introuvable du Volta Jazz.

03'05'' - Première diffusion le 05/08/2020

Au moment de l'indépendance, la Haute-Volta a déjà une longue tradition musicale d'orchestres. Des formations méconnues aujourd'hui, mais qui étaient particulièrement actives à Bobo-Dioulasso, ville carrefour notamment grâce au train qui la relie à Ouagadougou et Abidjan.

Parmi ces orchestres, celui qui fait le plus danser les Voltaïques à l'aube de l'indépendance est sans doute le Volta Jazz, selon le producteur, auteur et photographe Florent Mazzoleni : « Le Volta Jazz est la formation la plus ancienne de Bobo-Dioulasso. Il y avait le Tropical Jazz de Bordas, un Français, un colon qui avait lancé cet orchestre, et Idrissa Koné, un ancien militaire, ancien tirailleur sénégalais, rachète ses instruments lorsqu’il revient en métropole. Et au début des années 1960, à Bobo-Dioulasso, il lance à la fois la première auto-école de la ville, mais aussi cette formation Volta Jazz ».

La chanson du Volta Jazz que l'on écoute s'intitule « Baba Moussa ». Elle a eu énormément de succès, mais elle est quasiment introuvable aujourd'hui. Abdoulaye Ouattara, de RFI Mandenkan, en a retrouvé une version sur une bande magnétique dans la ville de Banfora, au sud de Bobo-Dioulasso. Sur l'histoire de ce titre, on retrouve Florent Mazzoleni, auteur du livre Afro Pop  : « Baba Moussa fait référence au commissaire de police de Bobo-Dioulasso qui attrapait tous les voleurs. C’est assez candide là encore au niveau des paroles et en termes d’exécution. Mais il y a une grâce, une élégance extraordinaire chez ces jeunes Voltaïques qui imitent quelque part les morceaux congolais qu’ils entendaient. Il faut rappeler que l’OK JAZZ ou Africa Jazz ont joué dans la plupart des capitales africaines au moment de l’indépendance. ».

Les tubes de la Haute-Volta ont été récemment réédités sur la compilation Bobo Yéyé, mais pas Baba Moussa dont l'enregistrement que l'on écoute, par Tidiane Coulibaly, appartient à l'Histoire.

发布时间 06/08/2020 - 更改时间 13/08/2020 - 按作者Sébastien Jédor

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