Génocide arménien: le petit pas turc ne convainc pas
Des Arméniens protestent contre la visite du président turc Abdullah Gül à Erevan, en septembre 2008.
Reuters
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Génocide arménien: le petit pas turc ne convainc pas

Les massacres et les déportations des Arméniens de la Turquie ottomane entre 1915 et 1917 empêchent toujours, cent ans après, une réconciliation entre l’Arménie et la Turquie. Les Arméniens parlent d’un « génocide », terme refusé par les autorités turques. En visite à Erevan, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a évoqué des « actes inhumains » et une « erreur » des autorités turques de l’époque. S’agit-il d’une vraie avancée du côté turc ? Les Arméniens attendent beaucoup plus.
根据 RFI -

« Je considère que cette vague de déportation sous les Ittihatçi [Jeunes Turcs, ndlr] était absolument une erreur. Ce qu'ils ont fait était une erreur et un acte inhumain », a déclaré à des journalistes Ahmet Davutoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, en marge d’une réunion de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire à Erevan, ce vendredi 13 décembre.

Quatre ans après l'accord turco-arménien avorté

Cette visite dans la capitale arménienne est la première du ministre turc depuis la tentative de rapprochement des deux pays, en 2009. Mais l’accord signé à Zurich en octobre 2009, sous l’égide des Etats-Unis, de la Russie, de la France, de l’Union européenne et de la Suisse, n’avait finalement été ratifié par aucun des deux Parlements nationaux. Lors de cette première visite depuis plus de quatre ans, le ministre turc des Affaires étrangères a par ailleurs plaidé, en public cette fois, pour une réconciliation de l’Arménie et de la Turquie sur la base de ce qu’il a qualifié de « mémoire juste ».

Mais pour l’Arménie, « les relations arméno-turques doivent être normalisées sans condition », lui a répondu Edouard Nalbandian, ministre arménien des Affaires étrangères. « Les tentatives de la Turquie pour lier cette question à d'autres ou encore de fixer d'autres conditions sont vaines et dépourvues de toute justification », a-t-il poursuivi.

Les associations arméniennes de France dénoncent « une posture défensive »

Interrogé par RFI, Ara Toranian, coprésident du Conseil de coordination des organisations arméniennes en France, juge qu’Ahmet Davutoglu « est dans une posture défensive, parce qu’il sait que, dans un an, nous allons commémorer le centième anniversaire du génocide ». Pour Ara Toranian, le ministre turc des Affaires étrangères « essaie d’anticiper l’événement et de prévenir l’image négative que ne manquera pas d’avoir la Turquie dans le monde entier à ce moment-là. Il est dans la gestion des apparences ».

Dans le détail, la position turque ne correspond pas aux attentes des associations arméniennes en France. « Les Turcs disent " déportation " ; ce n’est pas une déportation, c’est un génocide. Ils parlent d’ " actes inhumains " ; ce n’est pas un acte inhumain, c’est un crime contre l’humanité. Ils parlent d’ " erreur " ; 1,5 million de morts, on est très loin du compte », liste Ara Toranian.

→ A (RE)LIRE : Les Arméniens commémorent le 95e anniversaire du génocide (avril 2010)

Selon lui, « la première chose qu’ils devraient faire, c’est d’écouter leurs intellectuels, qui commencent à faire un grand travail. Il y a aujourd’hui des militants des droits de l’homme en Turquie qui reconnaissent le génocide. Les choses sont en train de bouger dans la société civile turque, qui est une société bloquée et qui en a assez des mensonges qu’on lui raconte sur son histoire et sur son passé depuis des années. Il faut que les dirigeants écoutent et débloquent la situation et libèrent le pays. »

发布时间 18/02/2016 - 更改时间 18/02/2016

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