Des soldats des Nations unies, impassibles devant l'érection à la frontière Liban-Israël du portrait d'un leader défunt du Hezbollah. Le Liban célèbre le 25 mai 2010 les dix ans du retrait des troupes israéliennes.
Des soldats des Nations unies, impassibles devant l'érection à la frontière Liban-Israël du portrait d'un leader défunt du Hezbollah. Le Liban célèbre le 25 mai 2010 les dix ans du retrait des troupes israéliennes.
Karamallah Daher / REUTERS
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Retrait israélien du sud du Liban : les tensions persistent

C’est en mai 2000 qu’Israël a retiré ses troupes du sud du Liban, après deux décennies d’occupation. Dix ans après, les deux pays connaissent un nouvel épisode de tension. L’État hébreu accuse le Hezbollah de se fournir massivement en arme, notamment auprès de la Syrie.
根据 Nicolas Falez -

Le 24 mai 2000, Israël retirait ses troupes du sud du Liban, après 22 ans d’occupation de ce territoire situé à sa frontière nord. A l’époque, le Premier ministre israélien était le travailliste Ehud Barak (aujourd’hui ministre de la Défense) et en prenant cette décision, il souhaitait sortir son pays d’un bourbier militaire et ramener le calme à la frontière israélo-libanaise.

Vu du Liban, ce retrait a été interprété comme une éclatante victoire de la « résistance », incarnée par le Hezbollah, à la fois parti politique chiite et milice lourdement armée par ses parrains régionaux, l’Iran et la Syrie.

A l’été 2006, Israël et le Hezbollah libanais sont entrés en conflit, suite à l’attaque d’une patrouille israélienne par un commando du Hezbollah. En un mois, la guerre a fait 1 200 morts libanais - en majorité des civils - et 160 morts israéliens. La résolution 1701 a fixé les conditions de l’arrêt des combats, dessinant les contours d’une présence onusienne renforcée au sud du Liban, les casques bleus de la FINUL, et exigeant le désarmement des groupes armés.

Depuis, Israël comme le Liban n’ont de cesse de s’accuser mutuellement de violer cette résolution. Beyrouth et Damas affirment que l’Etat hébreu ne s’est pas retiré de la totalité du territoire libanais. Et Israël s’alarme régulièrement des flux d’armes à destination du Hezbollah.

Missiles Scud

C’est ce sujet sensible qui est à l’origine de la récente remontée de tension entre les deux pays. En avril dernier, le président israélien Shimon Peres a accusé la Syrie d’équiper le Hezbollah libanais en missiles Scud à longue portée. Ces déclarations ont été accueilles avec la plus grande perplexité par les spécialistes militaires : en effet, le Scud transporté par un camion constitue une cible idéale pour l’aviation israélienne. L’Etat hébreu redoute davantage des armements plus discrets, plus facilement dissimulables et donc plus dangereux.

Mais l’affaire a suffi à relancer une guerre des mots : Israël déclarant qu’il tiendrait le gouvernement libanais - et non le seul Hezbollah - responsable en cas de conflit armé. De son côté, le Premier ministre libanais s’est insurgé contre l’organisation par l’Etat hébreu d’un vaste exercice de défense civile, un choix « en contradiction avec les efforts de Paix », a jugé Saad Hariri. Quand au Hezbollah, l’un de ses chefs assure que les combattants de l’organisation ont reçu pour instruction « de se tenir totalement prêts face à la manœuvre israélienne ». D’autres acteurs régionaux se sont joints à ce concert de déclarations belliqueuses. « Israël bat le tambour de guerre. En l’absence de paix véritable, tout est possible », a ainsi lancé le chef de la diplomatie syrienne Walid Moualem.

Efforts diplomatiques

Faire retomber la tension entre israéliens et libanais, c’était l’un des objectifs du voyage de Bernard Kouchner dans la région, ces derniers jours. Le Ministre français s’est dit « plutôt rassuré », après ses entretiens avec le Président syrien Bachar el-Assad puis avec le chef de l’Etat libanais Michel Sleiman et le Premier ministre Saad Hariri. « On ne peut se résigner à un perpétuel état de tension, même quand elle décroit », a poursuivi Bernard Kouchner.

La visite de Saad Hariri cette semaine aux Etats-Unis sera également dominée par ce dossier. Le chef du gouvernement libanais devrait demander à Barack Obama d’user de son influence auprès d’Israël pour contribuer à la baisse de la tension régionale.

发布时间 22/05/2020 - 更改时间 22/05/2020

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