Des avions SriLanka Airlines après l'attaque des Tigres tamouls à l'aéroport international de Bandaranaike, le 24 juillet 2001.
Des avions SriLanka Airlines après l'attaque des Tigres tamouls à l'aéroport international de Bandaranaike, le 24 juillet 2001.
Sena VIidanagama/AFP
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Reprise du combat des Tigres

Les touristes bloqués au Sri Lanka au lendemain de l'attaque lancée par les rebelles séparatistes tamouls dans l'aéroport international, mardi 24 juillet 2001, ont pu repartir le mercredi après-midi. L'attaque a fait 21 morts, détruit 14 avions et causé des millions de dollars de dégâts. Les Tamouls revendiquent la création d'un État indépendant depuis trente ans.
根据 Nathalie Rohmer -

Les 4 000 touristes bloqués au Sri Lanka après l'attaque-suicide de Tigres tamouls mardi 24 juillet 2001 au matin peuvent enfin retourner dans leur pays. L'aéroport international de Colombo a rouvert ses pistes le mercredi après-midi. Les débris obstruant les pistes ont été dégagés et les mesures de sécurité ont été renforcées. Le premier vol au départ de l'aéroport devait donc décoller vers 17h30, à destination de Zurich en Suisse. Cependant, la compagnie nationale Srilankan Airlines ayant perdu la moitié de sa flotte dans les combats, a fait savoir qu'elle ne pourra pas desservir toutes les destinations internationales.

Un commando des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) armé de fusils et de lance-roquettes a attaqué à l'aube du 24 juillet une base aérienne militaire puis l'aéroport international, détruisant trois avions civils vides (des Airbus) et semant la panique parmi les passagers en transit. Huit appareils militaires ont été détruits. Treize rebelles tamouls et sept soldats ont trouvé la mort dans les combats.

L'aéroport a alors immédiatement été fermé et les passagers, évacués. Aucun touriste n'a été blessé, mais plusieurs ont dû fuir les balles et les explosions de cette attaque qui a duré cinq heures. Un journaliste des Maldives, Ali Rafeek, n'en croit toujours pas ses yeux. « C'est un miracle que nous soyons en vie. Les balles sifflaient de partout à l'aéroport. C'était la panique » a-t-il expliqué.

La présidente du Sri Lanka, Chandrika Kumaratunga, a convoqué une réunion d'urgence de son cabinet et ordonné une enquête complète sur les failles du dispositif de sécurité qui ont rendu possibles les attaques des rebelles tamouls. Il semblerait que le commando ait pu faire entrer dans l'aéroport international un énorme arsenal, dont trois mitrailleuses lourdes, un lance-grenades, neuf fusils d'assaut, six lance-roquettes antichars et huit charges explosives. D'après les policiers, les rebelles sont arrivés en bus et ont pique-niqué dans un parc non loin de l'aéroport avant de se lancer à l'assaut de la base aérienne.

Les Tamouls représentent 12% de la population

Coïncidence ? L'attaque des Tigres tamouls a eu lieu le jour du 18e anniversaire des émeutes anti-tamoules qui avaient fait en 1983 entre 400 et 600 morts. Ces émeutes avaient été suivies de l'adoption d'un amendement privant le peuple tamoul de représentants parlementaires. La date du 24 juillet 1983 signe alors le début des combats entre les Tamouls et le pouvoir.

Les Tamouls constituent une minorité. Hindouistes, ils représentent environ 12 % des 19 millions de personnes habitant le Sri Lanka. Ils vivent principalement dans le Nord et à l'est de l'ancien Ceylan et sont proches des Indiens du Tamil Nadu au sud de l'Inde. Les Cinghalais, bouddhistes quant à eux, sont arrivés sur l'île il y a 2 500 ans -ce pour quoi les Tamouls jugent leur autorité illégitime-. Ils forment 74 % des 19 millions de personnes peuplant l'ancien Ceylan. Deux mesures ont donné naissance au nationalisme tamoul : la première, en 1956, faisant du cinghalais la langue officielle et la seconde, en 1972, établissant le bouddhisme comme religion d'État. Les séparatistes tamouls protestent contre la colonisation des terres tamoules par l'appareil de l'État. De même, ils contestent les mesures d'urgence à leur encontre, prévues par la loi sur la prévention et le terrorisme (en anglais). La majorité cinghalaise considère « les Tamouls comme des envahisseurs qui devraient être soit renvoyés au Tamil Nadu, soit soumis et assimilés à un État cinghalais bouddhiste et unitaire ». Ainsi depuis 1972, sous l'égide de Velupillai Prabhakaran, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) militent activement pour un État indépendant (Eelam).

La guérilla compte près de 15 000 combattants et est l'une des mieux armées du monde. Le nationalisme tamoul est particulièrement violent depuis les années 80. La rébellion a déjà fait plus de 60 000 morts et réussi à éliminer plusieurs hommes politiques, dont l'ancien Premier ministre indien Rajiv Gandhi en 1991 et le président du Sri Lanka Ranasinghe Premadasa en 1993.

发布时间 20/06/2017 - 更改时间 13/07/2017

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