Bathymétrie de la Mer du Japon
Bathymétrie de la Mer du Japon, riche en ressources halieutiques et en hydrocarbures
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Chine et Japon : la course aux ressources pétrolières

Lors de la dernière rencontre de la commission Chine-Japon pour le XXIe siècle, en 2004 à Tokyo, les participants japonais ont annoncé qu’ils éviteraient de prospecter les ressources pétrolières offshore dans la zone proche des explorations chinoises. L’objectif était d’améliorer les relations entre les deux pays, mises à mal lorsque, fin septembre 2004, le Quotidien du Peuple avait accusé le Japon de chercher à nuire aux projets énergétiques de la Chine à travers le monde.
根据 Any Bourrier -

La colère de Pékin était la conséquence de l’échec des négociations avec le Japon concernant la délimitation de leur territoire maritime et l’exploitation des ressources en mer de Chine. Mais la rivalité énergétique des deux pays va bien au-delà de cette zone. Ils s’affrontent également en Russie, en Iran, au Soudan et en Australie. Selon les experts, une véritable « guerre non déclarée » entre la Chine et le Japon pour les ressources énergétiques semble inévitable, compte tenu  notamment de leur demande respective. Ils s’approvisionnent auprès des mêmes sources et par les mêmes voies de transport.

Pékin et Tokyo se fournissent essentiellement au  Moyen Orient : en 2003, la Chine a importé plus de 80 millions de tonnes de pétrole, dont 70% en provenance de cette région. Quant au Japon, sa dépendance à l’égard du Moyen Orient était de 90% l’année dernière. D’ici à 2020, les demandes chinoise et japonaise équivaudront à la production pétrolière de l’Iran et de l’Arabie Saoudite.

Les deux pays se disputent aussi pour avoir accès au pétrole sibérien. La Chine négocie avec la Russie la construction d’un oléoduc entre la région du lac Baïkal et la ville de Daqing, dans le nord-est du pays. Mais Tokyo soutien un autre tracé de ce même oléoduc, vers le port russe de Nakhodka, sur la mer du Japon. Un deuxième projet sino-russe agace les Japonais : c’est l’utilisation du gaz naturel de l’île de Sakhaline. Car les entreprises japonaises, qui devaient avoir le monopole  des ces ressources gazières, risquent d’en être écartées au profit des concurrentes chinoises.

Dans tous les cas de figure, une coopération sino-japonaise semble peu probable. « Le même bol de riz ne pourra nourrir deux personnes », a constaté l’expert chinois Liu Hua. La Chine va tout de même proposer au sommet de l’APEC « une initiative pour améliorer la coopération en matière des ressources énergétiques  ». Il y a urgence car, sans sécurité énergétique, la rapide croissance économique chinoise risque d’en prendre un sérieux coup.

发布时间 19/01/2017 - 更改时间 06/02/2017

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