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À la Une: qui peut arrêter le groupe État islamique ?

A la Une : qui peut arrêter le groupe Etat islamique?
AFP
Question posée par Le Parisien le 8 octobre 2014.

Le Parisien qui constate que « rien n’y fait : ni les bombardements américains ni la résistance acharnée des combattants kurdes. En Irak et en Syrie, le groupe État islamique plante ses sinistres drapeaux noirs. […] Ces dernières heures en Irak, rapporte le journal, les jihadistes ont ainsi attaqué Samarra et Doulouiya, deux localités situées sur la route entre Tikrit et Bagdad. Paniquée, l’armée irakienne – pourtant formée à coups de millions de dollars par les États-Unis – a abandonné certaines de ses positions sans tirer le moindre coup de feu. Cependant, relève Le Parisien, c’est en Syrie que le groupe Etat islamique est en train de mener son opération la plus spectaculaire. Depuis plusieurs jours, les miliciens radicaux encerclent méthodiquement la ville kurde de Kobané, à la frontière turque. La prise de cette localité permettrait à l’organisation de contrôler une large bande territoriale d’un seul tenant, au nord de la Syrie. Un verrou stratégique, notamment pour le trafic de pétrole, une des sources de financement de Daech. »
 
« Après l’encerclement et les bombardements, les combats de rue, constate pour sa part Libération. Trois semaines après le début de leur assaut sur Kobané, les jihadistes de l’Etat islamique ont pénétré hier à l’intérieur de la ville. »
 
Alors, « pourquoi les combattants kurdes cèdent-ils du terrain ? », s’interroge Libération. Réponse du journal : « depuis le début de l’offensive jihadiste, les Kurdes se disent sous-équipés. S’ils disposent de quelques missiles antichars, dont des Milan français, ils ne possèdent principalement que des armes légères. En face, les jihadistes sont surarmés. En prenant de larges pans de l’ouest et du nord de l’Irak en juin dernier, ils ont récupéré tanks et blindés, dont certains livrés par l’armée américaine aux forces irakiennes. Ils ont également de l’artillerie lourde. Depuis deux semaines, ils envoient également des renforts en hommes et en armes depuis leur quartier général de Raqqa, dans le nord de la Syrie. »
 
La Turquie les bras croisés
 
Et que fait la Turquie ? Rien pour l’instant… C’est ce que constate Le Figaro : « jusqu’à présent, la Turquie, aux premières loges de ce macabre spectacle, s’est contentée de braquer les canons de ses dizaines de chars en direction des drapeaux noirs de Daech, plantés de l’autre côté du poste frontière. Ni la pression internationale, ni les chutes d’obus sur son territoire, ni même l’afflux incontrôlable de réfugiés n’ont convaincu l’armée la plus puissante de la région, membre de l’Otan, d’intervenir. Hier mardi 7 octobre, Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a de nouveau réclamé une intervention militaire terrestre pour relayer les frappes de la coalition internationale, dont l’efficacité est critiquée de toutes parts. »
 
Mais pour sa part, pointe Le Figaro, « Ankara conditionne son intervention à la création d’une zone tampon et d’une zone d’exclusion aérienne, ainsi qu’à la formation militaire des rebelles syriens modérés. »
 
Commentaire de Jean Marcou, spécialiste de la Turquie, interrogé par Le Figaro : « la Turquie essaie de faire passer le message qu’elle ne fera rien à Kobané si elle n’obtient pas l’engagement de la coalition internationale et surtout des États-Unis qu’ils viseront aussi le régime d’Assad. C’est une tactique qui lui permet de ne pas intervenir. »
 
Enfin, note encore le journal, « de l’avenir hypothéqué de la ville de Kobané dépend aussi largement le processus de paix entre Ankara et les Kurdes de Turquie, qui ont fait de la chute de cette ville symbole une ligne rouge. “Si Kobané tombe, a prévenu le leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, le processus de paix est terminé”. »
 
Sud Ouest pour sa part pointe également l’inaction tactique de la Turquie : « dès le début de la crise syrienne, Ankara a souhaité la chute de Bachar al-Assad et de son régime : trop belle occasion de conforter son importance régionale. Pour ce faire, la Turquie a laissé tout le sud de son pays se changer en un vaste camp de secours et en zone de repli. Pis, quand Daesh est apparu, au lieu de se méfier du monstre enfanté, la Turquie l’a nourri et aidé à mettre à mort ce Kurdistan syrien autonome naissant. » Mais, relève Sud Ouest, « les lendemains seront autres. Erdogan le sait. Le jour est proche où il faudra s’occuper de la Syrie et peut-être également de l’ancien allié. En attendant, voilà pourquoi ses troupes se massent à la frontière sans bouger, que ses tanks patientent. Et que Kobané va mourir. »
 
Patate chaude…
 
Et il n’y a pas que la Turquie, s’emporte le Télégramme : « la vérité, c’est que les États de la région, tous dotés d’armées sur le papier très puissantes à l’instar de la Turquie, donc, mais aussi de l’Iran, de l’Égypte ou de l’Arabie saoudite, refusent de s’engager. Il faudrait d’abord qu’ils se mettent d’accord, effort apparemment insurmontable. Surtout, ils trouvent excellent que les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et d’autres pays européens ou l’Australie se mouillent. Ils seraient encore plus enchantés que ces nations leur envoient de l’infanterie. Pour l’instant, c’est non. Qu’ils montrent d’abord de quoi ils sont capables, s’exclame le quotidien breton. On verra ensuite. »
 
Enfin L’Humanité conclut avec ce triste constat : « Kobané est désormais la ville symbole du courage et de la résistance du peuple kurde face aux assauts du groupe État islamique. Mais le martyre de cette cité du nord de la Syrie, c’est aussi la honte d’une coalition d’États que les ambiguïtés, le double jeu, les intérêts divergents et les intentions inavouées conduisent à l’impuissance. […] En Irak comme en Syrie, les Kurdes ont montré qu’ils étaient la principale force de résistance à l’invasion barbare de l’Etat islamique. En les abandonnant, la coalition serait complice d’un crime, estime encore L’Humanité. La France ne peut plus se taire. »
 
Ca tangue entre Bruxelles et Paris
 
Dans les journaux également ce matin : le bras de fer entre Bruxelles et Paris à propos du budget… La Commission européenne exige encore des économies, Paris refuse.
 
Pour Le Figaro, « Pour sortir du piège – s’il est encore temps –, la seule voie possible est évidemment celle préconisée par Bruxelles. Il ne s’agit pas de faire plaisir à Jean-Claude Juncker mais simplement de redresser un pays qui sombre. »
 
« La Commission n’a pas le pouvoir de “rejeter” le budget d’un pays membre, rappelle La Voix du Nord. Certes, mais elle a le pouvoir de demander des corrections et à défaut d’être écoutée, d’imposer une sanction financière. Si les choses devaient aller jusque-là, s’interroge le quotidien nordiste, le “frondeur” Manuel Valls pourra-t-il refuser une amende de plusieurs milliards au motif qu’elle aggraverait encore notre déficit ? »
 
Et puis pour Le Monde, il y a une autre voie : « la solution passe par une approche différenciée : une relance par l’investissement dans les pays qui ont fait leurs réformes et assaini leurs finances ; une poursuite de l’effort de modernisation chez les autres, sans aventurisme budgétaire. »

发布时间 06/04/2016 - 更改时间 09/05/2016 - 按作者Frédéric Couteau

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