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Pétrole: les marchés déprimés ne croient plus en l'OPEP élargie

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane parle avec le président russe Vladimir Poutine lors de l'ouverture du sommet du G20 à Buenos Aires, le 30 novembre 2018.
Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane parle avec le président russe Vladimir Poutine lors de l'ouverture du sommet du G20 à Buenos Aires, le 30 novembre 2018.
Sergio Moraes / REUTERS
Vladimir Poutine et Mohammed Ben Salman, les dirigeants des plus grands pays exportateurs de pétrole au monde, se sont rencontrés lors du G20 à Buenos Aires. Confrontés à un véritable effondrement des cours depuis le début du mois d'octobre, ils doivent décider à la fin de cette semaine d'adapter leur stratégie lors des réunions de l'OPEP, élargie à la Russie. Pourront-ils réveiller durablement les marchés pétroliers ?

1'59" - Première diffusion le 03/12/2018

Si les cours ont un peu rebondi le lundi 3 décembre 2018, c'est au moratoire de 90 jours sur les taxes de Washington sur les produits chinois, plus qu'à la prochaine réunion de l'OPEP, qu'on le doit. Le baril de Brent est à nouveau au-dessus de 60 dollars aujourd'hui. Mais c'est peu, étant donné l'embargo sur le pétrole iranien. Le mois de novembre 2018 a été le pire pour le pétrole depuis une décennie : un plongeon de 20%, de 30% depuis le pic du début du mois d'octobre, où le pétrole valait encore plus de 86 dollars.

Barils iraniens largement compensés

Un tel retournement du marché, on le doit au fait que l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis ont beaucoup augmenté leur production en octobre, sous la pression de Washington, qui s’inquiétait d’une hausse des prix à la pompe. Ils ont plus que compensé l’absence des barils iraniens. Par là-dessus, la Maison Blanche a accordé des dérogations de six mois à huit pays clients de Téhéran, ce qui a même causé un rebond des exportations iraniennes dans le courant du mois de novembre ! Dernière surprise côté OPEP, le Venezuela a pu sortir plus de tankers que prévu.

Vers un excédent en 2019

Hors OPEP, la Russie n’a jamais autant pompé de brut que depuis l’époque soviétique. Et les États-Unis ne cessent d’augmenter leurs stocks de pétrole de schiste, en attendant de pouvoir les exporter l’an prochain, quand ils auront construit les oléoducs nécessaires.

Ce n’est donc plus un déficit, mais un excédent de pétrole qui se profile en 2019 et les marchés ne voient plus que cela, d’autant que la consommation de brut a de fortes chances d’être moins importante que prévu, s’accordent les experts, du fait du ralentissement de l’économie mondiale, occasionné par les conflits commerciaux des derniers mois.

Convaincre Nigeria, Libye et Russie

L'Arabie saoudite a été claire, elle ne veut pas baisser toute seule la production. En partie pour ne pas s'attirer les foudres de Washington. Mais il faudra convaincre, au sein de l'OPEP, le Nigeria et la Libye, qui avaient été exemptés en décembre 2016, et dont la production s'est redressée depuis, de participer à l'effort. La Russie, elle, souffle encore le chaud et le froid: elle veut bien coopérer tout en clamant que la fourchette actuelle des prix lui convient très bien. L'OPEP + comme on l'appelle, est divisée et qui plus est affaiblie par le départ prochain du Qatar. Pour redresser durablement les cours du pétrole, la fin de la guerre commerciale entre Pékin et Washington serait plus efficace.

发布时间 27/02/2019 - 更改时间 27/02/2019 - 按作者Claire Fages

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