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Suprémaciste

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les suprémacistes ont manifesté à Jérusalem hier, en cette journée qu’on appelle précisément le jour de Jérusalem : l’anniversaire de l’annexion d’une partie de la ville à l’État d’Israël. On parle donc bien des suprémacistes israéliens, alors que la plupart du temps, le mot s’applique à des Américains. Des Américains du Nord bien sûr, le plus souvent des État-Unis.

On comprend assez bien le mot en l’écoutant, en l’auscultant : les suprémacistes sont bien ceux qui croient en la suprématie, c’est-à-dire la supériorité d’un groupe humain sur les autres. Un groupe ? Une ethnie ? Ce qu’on appelle parfois, bien que ce mot n’ait pas une grande précision, une race. Les suprémacistes sont donc des racistes ? Oui, clairement. Ils militent en faveur de la domination de certains sur d’autres. Et ils prétendent légitimer, assurer cette domination sur une notion de supériorité : on domine, puisqu’on est meilleurs ! Meilleur en quoi ? C’est là que les notions deviennent bien floues. Mais enfin, on peut toujours bredouiller quelques explications : plus intelligents, plus beaux, plus forts, mis sur un piédestal lors de la création divine. Car il est fréquent que cette idée de supériorité prétende avoir son origine dans une intention divine : c’est Dieu qui l’a dit ! Et cela doit se traduire en acte : le suprémaciste ne se contente pas d’être supérieur : il commande.

Mais ce mot de suprémaciste ne s’utilise pas dans toutes les situations racistes : il s’agit essentiellement des Blancs qui se donnent comme supérieurs aux autres. D’ailleurs, on parle bien souvent des suprémacistes blancs. Pléonasme ? Pas exactement : la blancheur de peau n’est pas indiquée dans le mot, simplement attestée par l’usage. Et ceci nous fait remonter aux théories aryennes et nazies. Le suprémacisme s’y rattache sans le proclamer explicitement.

Le mot évidemment se construit à partir du mot suprématie, qui signifie supériorité, domination ou situation dominante. Et la suprématie remonte au mot suprême, dont le sens est superlatif. Déjà en latin, supérus signifie supérieur, et supremus en rajoute encore : non seulement on est très haut, mais on ne pourrait l’être plus, il y a une notion d’extrême limite dans le mot, on touche le plafond de la tête !

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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