#法语新闻用语

Série et serial

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un tueur en série américain avoue 93 meurtres ! On en a froid dans le dos : pour une série, c’est une série ! Et les informations sur Rfi utilisent bien cette expression tout à fait française, alors que d’autres médias ont recours à la formule anglaise : serial killer. Mode ou habitude ? Il faut dire que le meurtrier est américain et donc qu’introduire cet anglicisme dans l’information qu’on donne met un peu de couleur locale. Est-ce vraiment un anglicisme d’ailleurs ? Non c’est une expression anglaise qu’on entend, et parfois qu’on lit au beau milieu d’un discours ou d’un texte français. Une formule inventée pour désigner ce type de criminel, qui frappe plusieurs fois, et toujours un peu le même genre de victimes et dans les mêmes circonstances. Crimes à caractère sexuel bien souvent, crimes de folie, qui naissent d’une compulsion, d’un élan immaîtrisé.

Mais pourquoi ce recours à l’anglais pour désigner ces criminels ? Le tueur en série est largement aussi terrifiant ! Alors la mode y est pour beaucoup ! Ensuite, ce sont les Américains qui ont les premiers envisagé une police scientifique pour dépister ce type d’assassins même si elle n’est pas toujours à l’œuvre, même si elle n’est pas toujours efficace. On a même un autre anglicisme pour le spécialiste de ce genre de cas : le profiler ordonne les indices, identifie les manières d’opérer, les tics, le style du tueur pour en dresser une sorte de portrait-robot… le tout relayé par les romans et le cinéma !

L’expression serial killer fait peur donc, mais elle plaît, et elle a permis qu’en anglais, d’autres formulations se construisent sur le même modèle, et parfois la mode du franglais les fait également apparaître en français : le serial looser d’abord, c’est-à-dire le perdant en série. C’est-à-dire celui qui rate tout ce qu’il entreprend ou presque, répète et accumule les conduites d’échec. Doit-on incriminer le mauvais œil ? Un peu facile ! La faute à pas de chance, comme on le dit familièrement ? Ou simplement un comportement, un mouvement inconscient qui porte à rater son coup ? En tout cas la série est là… Et là aussi l’anglicisme se niche dans le français parce que le mot looser est devenu familier.

Et comme ce genre de formule a le vent en poupe, on les décline évidemment. La vie publique a créé les serial loosers ? La vie privée aura ses serial lovers. Attention, l’expression est beaucoup moins fréquente, et elle ne se prononce que sur le ton de la plaisanterie et de la parodie. Plus ironique encore que le serial looser, elle est assez cinglante : elle juge, elle condamne, elle en est sifflante de mépris ! Et on l’utilise pour les Dom Juan impénitents, en soulignant ainsi ce qui est presque une addiction : ils savent séduire, mais ils ne peuvent pas s’en empêcher. Comme des joueurs attirés malgré eux par le tapis vert, qui cèdent à l’hypnose de la roulette qui tourne !

Mais ces trois expressions, qu’on vient d’évoquer reposent sur l’idée de la série. Et ce mot fait penser, en français, aussi bien qu’en anglais, à cn la répétition de choses, de faits, de pratiques insolemment régulières. Et cette suite, étymologiquement, correspond à une image de proximité : series, en latin, évoque une file d’objets qui se touchent les uns les autres, et même une chaîne généalogique : chaque élément engendre le suivant. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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