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Pression

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les déclarations d’Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture à propos des pressions qu’il pourrait exercer sur Paul Biya, font encore des vagues au Cameroun : c’est bien l’expression qui a été employée par RFI récemment. Et qu’est-ce qui fait tant de vagues ? Le mot pression, prononcé plusieurs fois par le président français a fait tiquer ! Même s’il précise que « ce n’est pas la France qui peut faire la démocratie au Cameroun, ce sont les Camerounais », le mot de pression a été prononcé. Le président français n’a pas dit qu’il faisait pression, qu’il avait fait pression : il a dit qu’il avait mis la pression, ou qu’il la mettrait. Et il est vrai que les deux formulations ne sont pas identiques : « mettre la pression » sur quelqu’un pour qu’il fasse ou qu’il ne fasse pas quelque chose… C’est peut-être moins fort que « faire pression sur lui ». 

Mais ce mot et cette image reviennent constamment dans le vocabulaire de la politique et de la presse. On parle souvent de la pression au singulier alors qu’on rencontre aussi un usage pluriel : des pressions. L’emploi est toujours vivant d’ailleurs : on subit des pressions : des journalistes par exemple peuvent en subir de la part d’un pouvoir, ou les juges. Qu’est-ce que c’est ? C’est assez vague justement. Une phrase indirecte, une menace voilée, une allusion. Et parfois c’est plus direct, mais on n’a pas le droit d’en parler. Il ne s’agit pas exactement d’un chantage, mais d’une demande pressante ; une exigence voilée en quelque sorte. Et on dit alors qu’on subit des pressions, qu’on est soumis à des pressions, ou au contraire qu’on résiste à des pressions. À moins qu’on ne finisse par céder à la pression. Il s’agit donc de quelqu’un qui cherche plus ou moins à vous forcer la main.

Et le mot s’emploie tout autant, et même de plus en plus au singulier : la pression de la rue, la pression de l’opinion publique, c’est-à-dire l’insistance générale. Et souvent le mot est associé à une absence de tranquillité qui fausse les décisions à prendre. On est forcé, on agit sous la contrainte.

Pourtant, on voit que le mot n’est pas systématiquement employé dans un sens négatif. Et on peut parfois considérer que l’influence en question est positive, qu’elle s’attaque à un pouvoir qu’il faut contraindre au départ, et mettre en face de ses contradictions.

L’image vient d’une expérience mécanique : la vapeur d’eau sous pression a une force incroyable, et quand elle est bien utilisée, elle peut servir d’énergie de façon très efficace. On pense tout de suite à Denis Papin, puis aux trains à vapeur. Mais on pense aussi à la cocotte-minute, joyau des arts ménagers des années 50, qui cuisent les aliments à la vapeur, sous pression.

De là, l’expression différente « être sous pression » c’est-à-dire ne pas être tranquille. Être sans cesse inquiet, préoccupé, ne pas avoir d’insouciance, mais être angoissé par de multiples circonstances : toujours pressé, toujours dans l’urgence. 

Enfin une formule très en vogue, c’est « tu me mets la pression », c’est-à-dire « tu ne me laisses pas tranquille… », tu tâches de m’influencer. Expression familière, mais très en faveur chez les jeunes : arrête de me mettre la pression…

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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