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Perchoir

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Sitôt connue la nomination de François de Rugy au ministère de la transition écologique, où il va remplacer Nicolas Hulot, on s’est bien sûr posé la question de savoir qui le remplacerait dans la fonction qu’il occupait : il était président de l’Assemblée Nationale et à ce titres dominait les députés : son siège était au perchoir. C’est ainsi en effet que de manière plaisante on nomme le siège, la position et en fin de compte la fonction du président de l’Assemblée, censé dominer et structurer les débats. Et, toujours au figuré, on parle de perchoir pour désigner un endroit surélevé, d’où on peut avoir une vue en hauteur. Et une vue en hauteur implique toujours de manière plus ou moins implicite, une hauteur de vue.

De manière littérale un perchoir est le lieu et le dispositif où viennent se poser des volatiles – oiseaux, volailles. Se poser, et même se percher : le verbe existe, et indique cette idée qu’on est au-dessus du sol, dans une situation surélevée : un corbeau est perché sur un toit, un vautour sur poteau télégraphique !

Le participe perché se retrouve aussi dans des emplois figurés. Un animal peut être perché. Mais une voix aussi : à ce moment on dira plutôt, comme si c’était un superlatif, « haut perché » ! Et on souligne ainsi l’image. Quant aux humains, eux aussi se perchent bien souvent, et même de plus en plus : c’est en effet une expression familière, propre à l’argot de la jeunesse, mais qui transpire souvent sur le langage des plus âgés : il est perché, c’est-à-dire il n’a pas les pieds sur terre, il n’a pas le sens des réalités, il vit dans son monde : un peu foufou quoi ! La formule est légèrement péjorative, mais pas méchante : moqueuse mais avec une certaine sympathie. Elle rivalise donc avec une kyrielle d’autres, vieillissante, du genre « il a un petit vélo dans la tête, il yoyote de la toiture etc… » Et pour faire plus contemporain encore, on inverse, on verlanise : il est « chépere » : très bien vu dans le jargon actuel.

Une perche est donc une longue tige. Et c’est ce dont on peut se servir lorsqu’on veut tirer d’affaire celui qui est tombé à l’eau : on lui tend une perche pour éviter qu’il se noie, pour qu’il puisse monter à bord. De là l’expression figurée tendre la perche à quelqu’un : dans un dialogue, une conversation, dire ce qui permettra à quelqu’un de se tirer d’embarras. Et par extension, faire une proposition de manière indirecte, sans qu’elle soit très claire. Mais permettre à l’interlocuteur de rebondir par rapport à ça, sans que ça paraisse trop singulier.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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