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Paix froide et Guerre tiède

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On sait que le vocabulaire de la diplomatie est riche non seulement en mots, mais aussi en nuances : il faut savoir l’interpréter, le décrypter. Mais le vocabulaire du journalisme, lorsqu’il concerne les relations internationales, est lui aussi riche et subtil. Ainsi entend-on parler parfois de paix froide et de guerre tiède ! De quoi s’agit-il donc et qu’est-ce qu’on entend, ou sous-entend par-là ? Ce sont deux degrés différents dans les rapports que peuvent entretenir des États qui, il faut le dire, s’entendent mal. Les expressions sont en fait traduites de l’anglais, et la Commission de terminologie du ministère de la Culture a proposé les explications suivantes : la paix froide renvoie à une situation de tension entre États qui altère leurs relations, mais exclut l’engagement de forces. Alors que la guerre tiède fait allusion à une situation de tension très forte entre États, qui altère gravement leurs relations sans exclure la poursuite d’échanges politiques, économiques ou culturels.

On comprend bien la progression. La paix froide n’est pas bien chaleureuse. Mais on parle encore de paix. Si on envisage une guerre tiède, le mot guerre est prononcé : on a fait un saut conséquent. Et les explications précisent encore la hiérarchie entre les deux formules. Dans la première, on parle d’une tension qui altère les relations. Dans la seconde, d’une tension très forte qui altère gravement les relations. Alors bien sûr ces distinguos sont toujours un peu formels : il y a une continuité entre une situation et l’autre. Mais c’est un bon indice que les mots de la diplomatie sont soigneusement pesés et qu’ils traduisent souvent des postures assez acrobatiques. En tout cas, on a bien compris qu’une paix froide valait toujours mieux qu’une guerre chaude. Mais bien sûr, ces façons de dire n’ont pu naître que parce que la guerre froide a existé et que cette expression a eu une longue et importante histoire.

Cette guerre froide, elle naît dans l’écho de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les deux puissances principales s’affrontent : les États-Unis d’Amérique et l’Union soviétique. Ce qui bien sûr a impliqué les principaux alliés des uns et des autres.

La formule, on la doit non à un diplomate ou un journaliste, mais à un écrivain : c’est George Orwell qui en est à l’origine : il l’a employée dans un essai paru en 1945, et le terme anglais « cold war » a été repris d’abord par des responsables de l’administration américaine. Devant son succès, il a ensuite été traduit en français, mais aussi en russe et dans de nombreuses autres langues. Et parfois, on a tenté d’autres possibilités, en retournant déjà l’expression : on évoquait une paix belliqueuse. Lutte d’influence, guerre d’espions, crises successives, guerres réelles comme celle du Vietnam, mais qui déplacent géographiquement l’opposition États-Unis U.R.S.S., toute cette guerre froide et la course aux armements qui l’accompagnait faisaient d’autant plus peur qu’on se demandait si elle était un prélude à une troisième guerre mondiale.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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