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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’orgue magnifique de Notre-Dame n’a pas été brûlé dans l’incendie de la cathédrale, mais il a quand même besoin d’une sérieuse restauration : un choc thermique car il était proche du brasier, et un encrassement des tuyaux. Et on sait bien qu’un orgue fait jaillir la musique de la vibration de l’air dans de multiples tuyaux ! On est dans la même logique que celle de l’harmonica ou de l’accordéon. Avec un mot qui est un peu une vedette du vocabulaire français : on sait que l’orgue est l’un des trois mots à avoir deux genres : masculin quand il est au singulier, et féminin quand on l’emploie au pluriel. On parle donc de l’orgue de Notre-Dame, mais des grandes orgues de Notre-Dame. Autre particularité : le pluriel est là pour la grammaire plus que pour le sens : lorsque l’on parle de l’orgue de Notre-Dame, ou des grandes orgues de Notre-Dame, on fait référence à la même chose ! On ne désigne qu’un seul instrument en disant « les grandes orgues ». Mais voilà : on a mentionné qu’il était fait d’une multitude de tuyaux, actionnés par une multitude de touches et de pédales, et en fonction du timbre que l’on recherche, on utilise tel ou tel jeu de tuyaux. C’est à cause de cette multiplicité de sonorités et de composantes qu’on a recours au pluriel ! Et aussi probablement pour donner plus de grandeur, plus de prestige à cette musique si diverse, et si enveloppante : bien servie par l’acoustique d’une église, les grandes orgues vous transportent et vous enivrent, vous donnent parfois l’impression de vous élever : ce n’est pas pour rien que c’est un instrument bien souvent religieux ! Mais c’est donc un faux pluriel, qui renvoie à un seul ensemble ! Et assez couramment, sans que l’oreille en soit trop choquée, on garde le masculin pour parler de deux orgues distincts : les orgues de Notre-Dame de Paris et de Notre-Dame de Rouen sont bien différents, même si tous les deux viennent de souffrir d’un terrible sinistre.

On sait bien que l’orgue n’est pas le seul mot à bénéficier de ce traitement étonnant : il partage ce privilège avec les délices et les amours. Délice n’est pas le mot le plus employé. Mais l’amour est plus important. Et là aussi, on voit que le féminin qui est lié au pluriel n’est pas systématiquement respecté : il est là pour donner plus de respiration, plus de largeur au mot : c’est un peu une figure de style !

Et pour revenir à nos orgues, toutes ne sont pas si grandes : il existe des orgues petits (des orgues petites ? Oui, on peut le dire mais ce serait bien précieux…) Et ces petits orgues ont des noms bien à eux : l’harmonium par exemple, qui peut produire des harmonies (et on se souvient alors de l’harmonica, dont le nom est cousin) ou le positif, petit orgue ou partie d’un grand orgue, ainsi nommé parce qu’on peut le poser sur une table ou sur le sol.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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