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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Spoutnik light est à l’affiche. On parle en effet beaucoup de ce nouveau vaccin russe, destiné plutôt à l’exportation, moins efficace que son grand frère Spoutnik, mais qui ne nécessite qu’une seule injection. Il pourrait en effet être très utile en cas d’attaque forte et soudaine du Covid dans une région donnée, pour en atténuer les effets. On voit donc à quel point le produit pourrait être précieux.

Mais sa désignation est quand même particulière dans un média français : Spoutnik light. Spoutnik, on connait, depuis longtemps. Ce nom, glorieux, donné au vaccin russe, a d’abord été celui des premiers satellites artificiels mis en orbite par les Soviétiques dans les années 50 : les premiers pas de la conquête de l’espace. Le mot signifie compagnon de route et il est resté dans l’histoire comme un symbole particulièrement prestigieux des succès scientifiques et technologiques de l’Union Soviétique.

Il est étonnant de l’associer à l’adjectif light, anglicisme qui sonne aussi anglais que Spoutnik peut sonner russe ! Il a pu être traduit : Spoutnik léger, Spoutnik allégé. En effet c’est bien ainsi qu’on traduit light ordinairement : c’est son premier sens. Et on l’emploie tout spécialement à propos de produits dont la version de base est transformée pour être moins nocive ou en tout cas édulcorée. Ce sont les cigarettes qui ont introduit le mot : moins de tabac, ou en tout cas moins de nicotine. Parle-t-on de cigarettes light ? Pas tant que ça : la traduction s’est bien implantée et on parle bien plus souvent de cigarettes légères. Le terme a ensuite migré vers des boissons gazeuses, des sodas : moins de sucre surtout, donc ça devrait faire moins grossir. Moins de caféine parfois, et ça devrait moins énerver. Et j’ai même vu proposé du whisky light !

Le sens est donc acquis, ce qui permet que l’usage du mot soit relativement libre, et qu’on l’applique à toute sorte de produits, même abstraits : on parle de la version light d’un projet de loi, lorsqu’il a été retoqué, et qu’on en présente une mouture bien moins radicale. Et là, l’anglicisme est en concurrence avec un autre, dont l’effet est sensiblement le même : on parle d’une version soft : adoucie.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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