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Journal en français facile 30/09/2017 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Gilles Moreau : 20h en temps universel 22h à Paris. Bonsoir à tous, voici votre Journal en français facile présenté ce soir avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Gilles, bonsoir à tous !

GM : Dans l'actualité, la suite du face-à-face à la veille du référendum sur le statut de la Catalogne. Pour les autorités catalanes, tout est prêt pour la tenue de la consultation. De son côté, le gouvernement espagnol affirme avoir empêché son organisation en fermant plus de la moitié des bureaux de vote. Aujourd'hui des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes pour défendre l'unité de l'Espagne.

SB : Autre manifestation, à Dublin, cette fois pour la légalisation de l'avortement en Irlande. Ils étaient plusieurs milliers à défiler, alors que le gouvernement vient d'annoncer la tenue d'un référendum sur ce thème au printemps prochain.

GM : En France, le match de football entre Amiens et Lille a dû être arrêté en raison d'un accident dans les tribunes. Une barrière s’est effondrée. Il y a 18 blessés dont 3 graves.

SB : A la fin de ce journal le mot de la semaine avec Yvan Amar : le mot  «autodétermination».

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SB : Le climat s’est encore tendu aujourd'hui en Espagne. A la veille du référendum sur l'indépendance de la Catalogne, le pouvoir central est déterminé à empêcher sa tenue.

GM : Il affirme avoir démantelé l'organisation du référendum en fermant le centre informatique électoral et plus de la moitié des bureaux de vote. De leur côté, les autorités de la région autonome de Catalogne assurent que le vote aura bien lieu. Les anti-référendums ont par ailleurs donné de la voix aujourd'hui, comme dans la ville de Taragone, aux cris de « l’Espagne unie ne sera jamais vaincue ». Ecoutons cette retraitée espagnole. Elle faisait partie des manifestants :

Je suis retraitée, je suis espagnole. Je suis une personne âgée et j'en ai vu des choses dans ma vie. Je me rends compte que ce que nous vivons c’est un coup d’Etat, parce que nous sommes tous espagnols.Cette région n’est pas différente des autres régions d’Espagne. C’est terrifiant : les enfants qu'on aligne devant les écoles comme à l'époque  d’Hitler, les enfants bien alignés devant. Si nous, les grands-mères, nous ne protestons pas, qui le fera ? C’est ma patrie, mon pays et nous allons lutter pour son unité, parce que nous sommes en démocratie.Qu’est-ce qu’ils veulent faire ? C’est de la désobéissance civile. L'Espagne c’est une vraie démocratie sinon ils ne pourraient pas faire ce qu’ils sont en train de faire. Tout ceci n’est pas légal, mais ils continuent, ils ne respectent pas les lois, ni personne, donc, c’est quoi ? Pour moi c’est du terrorisme.

GM : Une manifestante espagnole anti-référendum, au micro de Sergueï Dmitriev de la rédaction russe de RFI. Le bras-de-fer (l’épreuve de force ) continue entre partisans du référendum et opposants. Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont pense qu'il faudra de toute façon une médiation, que le oui l'emporte ou non, demain. Il s'agirait de  l'Union européenne (même s'il ne la désigne pas expressément ) .

SB : En Irlande, les partisans de l'avortement ont manifesté aujourd'hui dans la capitale Dublin.

GM : Ils étaient des milliers à défiler. Les organisateurs attendaient 30 000 manifestants, mais la police n’a pas donné de chiffre sur la participation. A ce jour, l'avortement est interdit dans ce pays à forte tradition catholique, sauf en cas de menace vitale pour la mère. La situation pourrait changer l'année prochaine, car le gouvernement vient d'annoncer la tenue d'un référendum sur la question au printemps 2018. Reportage à Dublin de notre correspondant Julien Lagache.

Une ambiance bon enfant sous un ciel bleu et un grand soleil… Beaucoup de jeunes dans cette foule dense mais toutes les générations étaient représentées sous des pancartes et desbanderoles multicolores et une multitude de slogans. « Notre corps, notre choix !  » a notamment scandé la foule pour réclamer un droit total et inconditionnel à l'avortement, alors qu'il n'est aujourd'hui permis qu'en cas de menace mortelle pour la mère durant la grossesse. Dans le cortège, de nombreuses personnes ont dénoncé une influence encore trop grande de l'Eglise catholique sur les murs et la société. Mais on entendait aussi une certaine méfiance vis à vis des élus. Ce sont eux qui décideront des termes de la question qui sera posée aux Irlandais dans 9 mois. Or, les parlementaires à s'afficher dans la manifestation ne sont pas légion. Les militants pro-IVG craignent une réforme a minima, même s'ils restent optimistes avec la tenue de ce référendum.  Ils estiment une victoire possible mais ils promettent déjà de redescendre dans la rue l'année prochaine s'ils jugent que les progrès sont encore trop timides.

SB : Un accident d'avion a fait au moins 11 morts en République démocratique du Congo.

GM : Un avion-cargo de l'armée congolaise s'est écrasé à Kinshasa. Aucun membre de l'équipage n'a survécu. L'appareil, un Antonov, se rendait à Bukavu, dans l'est du pays.

SB : Quelques jours après le triomphe du oui au référendum, l'Irak et l'Iran utilisent l'arme économique pour mettre en difficulté les autorités du Kurdistan irakien.

GM : Bagdad a fermé l'espace aérien aux vols internationaux. De son côté, Téhéran a décrété le gel des échanges pétroliers. Le transport de pétrole depuis et vers le Kurdistan irakien est interdit par l'Iran. Explications de Toudor Tépénéag.

C'est le ministère des transports de Téhéran, cité par la télévision iranienne, qui a demandé aux compagnies de transport, y compris internationales, de ne plus transporter des produits pétroliers raffinés entre l'Iran et le Kurdistan voisin. L'Iran est l'un des principaux exportateurs de carburant vers le Kurdistan irakien, pour un montant annuel qui dépasse les 4 milliards d'euros. Le Kurdistan, quant à lui, produit et exporte du pétrole brut, plus de 500 000 barils par jours, qui transitent pour la plus grande partie par la Turquie. Les autorités d'Ankara ont plusieurs fois menacé de "fermer les vannes" de l'oléoduc et par ailleurs ont informé l'Irak, qu'elles ne traiteraient plus, concernant les exportations pétrolières,  qu'avec le gouvernement  de Bagdad; c'est du moins ce qu'a annoncé ce dernier. Il faut dire tout de même que les relations entre la Turquie et les autorités kurdes d'Erbil sont très anciennes et solides, à la fois sur le plan politique et commercial. Pas moins de mille compagnies turques sont basées au kurdistan irakien. Pour l'instant donc, après le blocus aérien, la restriction ou la menace d'une restriction sur les échanges de produits pétroliers semble l'arme principale, utilisée à la fois par l'Iran et par la Turquie, contre les velléités indépendantistes du Kurdistan irakien.

SB : Le secrétaire d'Etat américain a effectué une visite en Chine pour préparer le prochain voyage de Donald Trump en Asie (ce sera en novembre) et pour évoquer le dossier nord-coréen.

GM : Rex Tillerson a révélé que tous les contacts n'étaient pas coupés avec Pyongyang. Les Etats-Unis possèdent des « canaux de communication » avec la Corée du Nord et « sondent » sa volonté d'engager des discussions sur son programme nucléaire, a déclaré à Pékin le Secrétaire d'Etat.

SB : Un match comptant pour le championnat de France de football a dû être arrêté à la suite d'un accident qui a fait 18 blessés dont 3 graves.

GM : Le match opposant Amiens à Lille. C’est la chute d'une barrière dans une tribune qui a provoqué l'accident. Après un but marqué par Lille en début de match,  des supporteurs lillois se sont précipités vers la barrière. Mais celle-ci a cédé, provoquant la chute des supporteurs. La rencontre a été aussitôt interrompue et ne reprendra pas. Comme chaque samedi dans ce journal, nous retrouvons Yvan Amar pour le mot de la semaine. Aujourd'hui « autodétermination ».

Le référendum prévu demain en Catalogne pose la question de l’autodétermination : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous la forme d'une république ? ». Voilà, en français, la question posée. Les partisans de ce référendum sont donc en faveur d’une autodétermination. Le mot est compliqué, mais simple à comprendre : il s’agit de se déterminer soi-même : c’est bien le sens de « auto -». Il s’agit donc de savoir si les populations catalanes veulent décider elles-mêmes de ce que sera la Catalogne. C’est-à-dire rejeter le pouvoir central espagnol, le pouvoir de Madrid, et l’opinion des populations espagnoles qui ne sont pas catalanes. Et donner aux Catalans la possibilité de décider quelle sera la situation officielle de la Catalogne. Le mot autodétermination n’est pas si vieux dans la langue française : il apparait au début du 20ème siècle, et il est toujours employé dans un sens politique, et lié à des volontés d’indépendance ou d’autonomie de certaines régions, par rapport à un Etat central. C’est bien souvent ce centralisme, cette autorité de la capitale, ou parfois de l’Etat colonisateur qui est mis en cause, qui est difficilement accepté. Et le mot autodétermination a eu, en français, une importance considérable pendant la guerre d’Algérie. C’est en effet celui que de Gaulle, en septembre 1959 a employé, quand, au pouvoir depuis un peu plus d’un an, il change de politique : il décide que les populations d’Algérie seront consultées sur leur avenir, sur ce que doit être l’Algérie. Les situations de l’Algérie en 1959 et de la Catalogne aujourd’hui sont totalement différentes. Mais en français, ce mot d’autodétermination évoque forcément de passé politique.

GM : Yvan Amar merci. C’est la fin de votre Journal en français facile. Bonsoir à tous, bonsoir Sylvie !

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