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Journal en français facile 26/09/2017 20h00 GMT

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RFI
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Florent Guignard : Radio France Internationale, il est 20 heures en temps universel, 22 heures ici à Paris. Bonsoir, bienvenue dans le Journal en français facile, que je vous présente avec Zéphirin Kouadio, bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG : Au sommaire de ce journal, Zéphirin, le discours sur l'Europe d'Emmanuel Macron :

ZK : Le président français a fait toute une série de propositions pour relancer l'Europe, un plaidoyer en faveur de plus d'Europe.

FG : Le président du Kurdistan irakien revendique ce soir la victoire du oui au référendum d'hier sur l'indépendance de la région.

ZK : En Cisjordanie, un Palestinien tue trois Israéliens dans une colonie juive.

FG : Enfin une première aux États-Unis, dans l’armée, une femme va diriger une unité de Marines

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ZK : Plus d'une demi-heure de discours, devant des étudiants réunis à l'université de la Sorbonne à Paris. Emmanuel Macron a défendu sa vision de l'Europe.

FG : Le chef de l'État français l'avait dit déjà pendant la campagne présidentielle : il veut refonder l'Europe, la relancer sur de nouvelles bases. Emmanuel Macron se veut à l'avant-garde, pour entraîner derrière lui les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne. Et pour cela, il a énuméré toute une série de propositions qui seront débattues dans les prochaines semaines et les prochains mois. On va en donner quelques-unes, de ces propositions : la création d'un budget pour la zone euro, c'est-à-dire un budget commun à tous les pays qui ont adopté l'euro comme monnaie, avec un ministre des finances. Emmanuel Macron veut aussi une défense commune européenne. Une police européenne des frontières. Une taxe sur les transactions financières pour financer l'aide au développement des pays les plus pauvres. Emmanuel Macron défend donc davantage d'intégration européenne, davantage de politiques communes, même s'il a aussi évoqué une Europe à plusieurs vitesses, où chacun prendrait sa place selon ses particularités. On l'aura compris, le président français entend marquer les esprits. Julien Chavanne.

Sa voix est restée posée quand il égrenait ses propositions. Mais Emmanuel Macron a presque crié en appelant ses homologues européens au sursaut, à « prendre leurs responsabilités ». Le président français offensif, volontariste, quitte à bousculer ses partenaires. Son argument est en réalité une mise en garde : si nous ne faisons rien, les extrêmes continueront de grandir avant d'arriver au pouvoir. « Nous avons oublié de défendre l'Europe, nous avons laissé s'installer le doute », lance le chef de l'État. Pendant plus d'une heure et demie de discours et trois quarts d'heure de questions-réponses avec la salle, le président français répète qu'il faut avancer vite. Et il compte toujours sur l'aide de l'allié allemand. Emmanuel Macron serein sur l'avenir de l'axe Paris-Berlin, certain qu'Angela Merkel aura le courage de le suivre, quelle que soit sa future coalition. Sûr aussi d'être dans le sens de l'Histoire, il se place en exemple : si les Français n'avaient pas voulu plus d'Europe, ils auraient voté pour Marine Le Pen. Julien Chavanne, à l'université de la Sorbonne, RFI.

ZK : Et en Europe, les réactions à ce discours sont plutôt positives, Florent.

FG : Le président de la Commission européenne a salué un « discours très européen », marqué par le « courage ». Le chef de la diplomatie allemande lui a dit qu'Emmanuel Macron pouvait « compter sur nous ». Seul bémol, mais il était attendu : les libéraux allemands, qui feront sans doute partie de la prochaine coalition gouvernementale autour d'Angela Merkel, ont rappelé leur opposition à un budget commun à la zone euro.

ZK : Sans surprise, le « oui » l'a emporté au référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien.

FG : Oui, c’est en tout cas ce que vient d'annoncer à la télévision le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani. Il appelle la communauté internationale à « respecter la volonté de millions de personnes ». Et au gouvernement irakien, il demande d'ouvrir « un dialogue sérieux plutôt que brandir des menaces ». Un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre irakien a en effet une nouvelle fois dénoncé ce référendum. Haider al-Abadi a aussi fermé la porte à tout dialogue. On l'écoute.

« Nous ne sommes pas disposés à la discussion. Il n’est pas question d’ouvrir le moindre dialogue concernant les résultats de ce référendum. Il est anticonstitutionnel et illégitime. Nous avons pris certaines mesures et d’autres vont suivre. Leur objectif bien entendu n’est pas de sanctionner les concitoyens kurdes – et je l’ai déjà dit par le passé. Jamais nous n’abandonnerons nos concitoyens kurdes. Nous les protégerons et protégerons leurs biens comme nous le faisons pour tous les Irakiens. Nous protégerons tout le monde. Mais ce qui est certain, c’est que les responsables, ceux qui ont créé ce désordre et favorisé cette division ethnique et confessionnelle – à l’heure où les Irakiens sont plus que jamais unis dans la lutte antiterroriste et la lutte contre Daech – ceux-là devront assumer leur responsabilité. »

FG : Le premier ministre irakien, traduction signée Sami Boukhelifa.

ZK : Également dans l'actualité, Florent, la mort de trois Israéliens en Cisjordanie.

FG : Trois colons israéliens tués, un quatrième gravement blessé, par les tirs d'un Palestinien de 37 ans dans une colonie israélienne. L'homme a ensuite été abattu. Il bénéficiait d'un permis de travail pour se rendre dans cette colonie. Dans la région, beaucoup redoutent un regain de tension, une reprise des tensions, quelques semaines après l'explosion de violence autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Guilhem Delteil.

À l'ouverture du conseil des ministres ce matin, Benyamin Netanyahu s'est voulu prudent. « Nous enquêtons encore sur cet événement et ces implications », a déclaré le Premier ministre, assurant seulement que la maison de l'assaillant serait détruite et que les permis de travail dans les colonies ou en Israël accordés aux membres de sa famille ont été révoqués. Mais le chef du gouvernement se trouve une fois de plus sous la pression de sa droite. Plusieurs membres de sa coalition estiment qu'il n'est désormais plus possible d'envisager la relance du processus de paix voulue par Donald Trump. Aux yeux du ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, le monde doit avant tout « exiger que l'Autorité palestinienne cesse de souffler sur les flammes de la terreur ». Quant à Bezalel Smotrich, député du parti nationaliste religieux Le Foyer juif, il estime lui qu'il faut couper court à l'espoir des Palestiniens de pouvoir parvenir à un accord négocié. Côté palestinien, le Fatah du président Mahmoud Abbas estime qu’« Israël est le seul responsable des réactions des Palestiniens aux crimes de l'occupation ». Quant au Hamas, il salue « un nouveau chapitre dans l'Intifada de Jérusalem ». Une déclaration jugée « déplorable » par le représentant des Nations Unies. Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

ZK : Et puis ce coup de tonnerre en Arabie saoudite : les femmes vont avoir le droit de conduire.

FG : C'est une décision du nouveau roi Salmane. L'Arabie saoudite était jusqu'ici le seul pays au monde où les femmes ne pouvaient pas conduire de voiture.

ZK : Autre avancée pour la cause des femmes dans l'actualité aujourd'hui : aux États-Unis, une femme va diriger des Marines au combat.

FG : Les Marines, c'est l'un des corps d'élite de l'armée américaine. Après une sélection drastique, c’est-à-dire difficile, exigeante, une femme a donc obtenu le droit de commander des hommes. C'est un héritage de la présidence Obama. Depuis 2016, en effet, tous les postes de combat de l'armée américaine sont ouverts aux femmes. Christophe Paget.

La jeune femme a préféré garder l’anonymat – et on la comprend : les Marines ont été le corps d’armée le plus réticent à accepter l’ouverture par Barack Obama il y a un an et demi de tous les postes de combat aux femmes. Les Marines sont couramment accusés de misogynie, et ce n’est pas le scandale du printemps dernier qui a arrangé les choses : un groupe secret Facebook diffusant des photos de femmes Marines nues sans leur consentement avait été découvert – avec en prime des commentaires les ridiculisant. En 2012, lorsque l’armée a commencé à tester la présence de femmes sur cette formation d’officier d’infanterie, trois Marines sur quatre affirmaient y être opposés. Pas très motivant pour les femmes… Du coup la dernière campagne de recrutement met en scène une femme. Une campagne aussitôt accusée d’être « politiquement correcte », mais que le corps des Marines a vigoureusement défendue. « Cela ne fait aucun doute, c’est un énorme changement culturel auquel nous nous attaquons », expliquait déjà l’an dernier leur responsable de la communication, « mais nous aimons les défis. » Un nouveau défi auquel la lieutenant devenue ce lundi officier d’infanterie de Marine va s’attaquer : elle commandera dorénavant une escouade de quarante soldats.

ZK : Christophe Paget. Et puis toujours au chapitre droit des femmes, un référendum en Irlande sur le droit à l’avortement.

FG : Oui, il aura lieu au printemps. L’Irlande est un pays très catholique, et jusqu’ici l’avortement, l’interruption volontaire de grosse, est interdit. Sauf dans les cas où la femme, la mère, est en danger. Il est presque 22 heures 10 à Paris, on arrive à la fin de ce Journal en français facile. Merci Zéphirin Kouadio.

ZK : Merci Florent Guignard.

FG : Ce journal, vous pouvez le retrouver, le réécouter ou le lire sur le site de RFI Savoirs. Très bonne soirée à tous.

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