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Journal en français facile 20/10/2018 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Édouard Hervé du Penhoat : Vous écoutez RFI, il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Soyez les bienvenus dans ce Journal en français facile. À mes côtés pour vous le présenter, Sébastien Duhamel, bonsoir.

Sébastien Duhamel : Bonsoir à tous.

EHP : La version officielle de la mort du journaliste Jamal Khashoggi laisse sceptique de nombreux dirigeants : à Berlin, à Paris, à Amsterdam… Beaucoup refusent de croire que l'homme serait décédé après une violente bagarre dans le consulat saoudien d'Istanbul, comme Riyad le prétend.

SD : Une foule très nombreuse dans les rues de Londres pour demander un nouveau vote sur le Brexit : les organisateurs affirment qu'un demi-million de personnes ont participé à la manifestation cet après-midi.

EHP : Dans ce journal également, des élections législatives particulièrement meurtrières en Afghanistan, et l'humanité de moins en moins connectée à Internet.

SD : Et le mot de la semaine, le péage, qui ne vient pas du verbe payer ! C'est ce que nous dira Yvan Amar dans une dizaine de minutes.

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SD : Les explications de Riyad après la mort du journaliste saoudien ont bien du mal à convaincre les dirigeants de plusieurs pays.

EHP : Après deux semaines d'incertitude, l'Arabie saoudite a, certes, admis que Jamal Khashoggi est mort dans le consulat d'Istanbul, mais il s'agirait, d'après le royaume, d'une violente dispute et non d'un assassinat organisé. Riyad assure encore que le prince héritier Mohammed ben Salman n'a rien à voir avec cette affaire. Tout à l'heure encore, le ministère français des Affaires étrangères publiait un communiqué pour souligner que de nombreuses questions restent sans réponse et pour appeler à une enquête complète. La France n'est pas la seule à douter de la version officielle de ces évènements. Marie Hirtzberger.

Le récit saoudien de la mort de Jamal Khashoggi, s'il est crédible pour certains, reste troublant et obscur pour les autres. Selon les Pays-Bas et leur Premier ministre Mark Rutte, l'incertitude demeure : « Comment est-il mort ? Qui est responsable ? » s'est-il interrogé devant des journalistes lors d'un déplacement à Copenhague. Selon lui, « une enquête approfondie est nécessaire ». Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres demande également une « enquête transparente ». La Maison Blanche est plus nuancée. Sous la pression de nombreux élus du Congrès, Donald Trump réclame des mesures sévères contre l'Arabie saoudite. Le président des États-Unis juge néanmoins que l'explication donnée par Riyad est crédible. Les Émirats arabes unis et Bahreïn se félicitent, eux, des « directives et décisions du roi Salman d'Arabie », leur voisin. En revanche, la chancelière allemande, Angela Merkel, estime que les explications saoudiennes sont insuffisantes. Des termes, qui se rapprochent de ceux employés par certaines ONG : Reporter sans frontières, par exemple, appelle au gel des affaires avec le pays. Et demande, avec Amnesty International, une enquête indépendante sous l'égide de l'ONU.

SD : En Afghanistan, plusieurs attentats distincts ensanglantent les élections législatives.

EHD : 36 personnes au moins sont mortes, 15 dans la seule ville de Kaboul à cause d'un attentat-suicide. D'autres attaques ont également été rapportées dans plusieurs régions du pays, le ministère de l'Intérieur a compté 193 incidents au total. Le groupe État islamique avait plusieurs fois brandi la menace de ces attentats si la population participait au vote, qualifié par les terroristes de « processus théâtral ».

SD : En Inde, un nouveau bilan porte désormais à près de 60 le nombre de personnes mortes après avoir été percutées par un train.

EHD : Une foule nombreuse assistit à un festival hindou dans la ville d'Amritsar, les gens étaient notamment réunis sur la voie ferrée. La police explique que le bruit, particulièrement celui des feux d'artifice, a empêché les gens d'entendre arriver le train. Le conducteur de la machine raconte quant à lui qu'il sortait d'un tunnel obscur et que les fumées du festival ne lui ont pas permis de voir la foule plus tôt.

SD : Des dizaines de milliers de personnes, au moins, manifestaient cet après-midi dans les rues de Londres pour réclamer un nouveau referendum sur le Brexit.

EHD : Les organisateurs parlent même de plus de 500 000 personnes pour ce rassemblement. Officiellement, le Brexit, c'est-à-dire la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, doit avoir lieu le 29 mars prochain. En 2016, 52 % des habitants qui avaient voté s'étaient exprimé pour cette sortie. Mais aujourd'hui, ils semblent de plus en plus nombreux à être mécontents de la manière dont les négociations se déroulent. Reportage au sein de cette manifestation, Marina Daras.

Les organisateurs voulaient en faire la plus importante manifestation anti-Brexit de l'année. Pari réussi avec plus de 550 000 participants, tout parti confondu, et même des pro-Brexit reformes comme Matthew Mitchson : « J'ai 58 ans et j'ai toujours vécu à Londres. J'ai voté pour le Brexit parce que je ne suis pas satisfait de la manière dont Bruxelles gère ses affaires, mais je ne suis pas du tout satisfait de la manière dont le Brexit est négocié. Je suis particulièrement pour la liberté de circulation, et je ne pensais pas que le Brexit abolirait la liberté de circulation. Donc je voudrais une deuxième chance pour voter contre le Brexit cette fois. » L'absence de Jeremy Corbyn a une fois de plus étonné. Mais le Parti travailliste ne manquait pas de représentants, avec le maire de Londres Sadiq Khan en tête de file ainsi que plusieurs députés dont Owen Smith, l'ancien adversaire de Corbyn. « L'une des raisons pour laquelle un autre referendum est possible c'est que les conservateurs ont fait du Brexit un véritable fouillis. Il se peut que Theresa May finisse par demander l'avis du peuple pour avoir un mandat clair. » Les manifestants non plus ne perdent pas espoir : « J'espère que les opinions vont changer, je l'espère ! Chaque semaine, il y a encore une usine, encore un PDG qui disent : "On ne peut pas continuer en Angleterre !" Donc on va continuer ! Je suis européen, et je serai européen jusqu'au jour de ma mort ! » En somme, pour beaucoup de Britanniques, tant qu'il y a négociations, il y a espoir.

SD : Internet s'étend partout dans le monde, l'humanité est de plus en plus connectée, nous sommes toujours plus nombreux à avoir accès au web. Voilà des phrases que nous entendons beaucoup et dont nous sommes presque tous persuadés. Et qui, pourtant, sont fausses !

EHD : Soit dit autrement : la part de la population mondiale connectée à Internet diminue, depuis trois ans ! Et ce qui permet d'expliquer ce chiffre étonnant, c'est en fait la croissance de la population mondiale. Les explications d'Olivier Rogez.

Internet va vite, mais l'humanité galope... Depuis trois ans, la part de la population mondiale disposant d'un accès Internet diminue, et cette tendance devrait s'accélérer d'après une étude de la Web Foundation relayée par le journal britannique The Guardian. La raison est simple, l'accroissement de la population est plus rapide que la construction des infrastructures de réseau. Aujourd'hui, 3,8 milliards d'hommes et surtout de femmes, soit un peu plus de la moitié de l'humanité, n'ont pas accès à Internet. Ils vivent principalement dans des zones rurales où la technologie ne s'implante pas rapidement. Cela crée une humanité à deux vitesses et renforce donc les inégalités, note la Web Foundation. Pour y remédier, elle préconise de développer des technologies bon marché, dans les zones non rentables pour les fournisseurs d'accès. On sait que Google et Facebook travaillent, notamment en Afrique, à développer l'accès Internet via des ballons-sondes et des drones. Des technologies séduisantes mais pas toujours faciles à mettre en œuvre. Ainsi Facebook qui avait annoncé en grande pompe en 2014 vouloir connecter l'Afrique grâce à onze mille drones, a finalement renoncé. Trop complexe et trop coûteux.

EHP : Malgré les files d'attente, aucun Américain n'est parvenu à trouver les six bons numéros de la loterie Mega Millions, qui proposait hier un gain d'un milliard de dollars. Comme personne n'a remporté la somme, elle augmente encore ! Mardi, les parieurs auront donc l'occasion d'empocher 1,6 milliard de dollars.

SD : Enfin le mot de la semaine pour refermer ce journal, Yvan Amar nous explique ce qu'est un péage.

En France, pour limiter le trafic urbain des voitures, une idée fait son chemin : celle d’un péage à l’entrée des grandes villes. Un péage. Le sens du mot est simple : il s’agit de faire payer le passage. Et ce terme est courant car de nombreux péages existent déjà : sur les autoroutes par exemple, dont l’utilisation est payante. Et le mot désigne à la fois cette obligation de payer, et l’endroit où l’on s’arrête pour régler cette taxe : on s’arrête au péage, à l’entrée de l’autoroute. Comme le péage consiste à faire payer, on imagine aisément que les deux mots appartiennent à la même famille : on paye, au péage. Et c’est une erreur. Péage est un très ancien mot qui dérive de pied : au Moyen-Âge, il y avait de nombreux chemins, routes, villages où l’on n’avait le droit de passer que si l’on payait quelque chose, pour y mettre le pied, donc pour y entrer. Et parmi les gens qui voyageaient, à l’époque où on n’avait ni train ni voiture, où l’on voyageait moins qu’aujourd’hui, ceux qui se déplaçaient beaucoup étaient les baladins, les saltimbanques, les comédiens ambulants, les gens de cirque. Et ceux-là, qui souvent manquaient d’argent avaient parfois des animaux savants. Plutôt que de payer, ils faisaient faire leurs tours aux ours et aux singes. Et l’officier d’octroi, celui qui était chargé de collecter, de ramasser l’argent, les laissaient passer contre ce petit théâtre privé. Les saltimbanques payaient donc en monnaie de singe.

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