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Journal en français facile 20/02/2022 20h00 GMT

Studio RFI
EUROPE : des manifestations en soutien au peuple ukrainien ; et autres nouvelles.

Transcription

Adrien Delgrange : À l’écoute de Radio France Internationale, en direct de Paris, il est 21 h, 20 h en temps universel, 22 h à Khartoum. Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous, l'heure de vote Journal en français facile avec Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.
 
Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Adrien, bonsoir à toutes et à tous.

AD : Nous sommes le dimanche 20 février et au sommaire de cette édition : « ne touche pas à l'Ukraine », tel est le slogan qui a été scandé aujourd'hui en Europe, dans des manifestations de soutien au peuple ukrainien. Reportage à suivre en Pologne.  
 
Sur le plan diplomatique pour tenter d'éviter une guerre entre la Russie et l’Ukraine, Emmanuel Macron à parler au téléphone à Vladimir Poutine pendant 1 h 45. 
 
Et au sommaire également Zéphyrin. 

ZK : Un Soudanais tué par balle aujourd’hui lors d’une manifestation contre les militaires au pouvoir au Soudan.  
 
L’île de la Réunion passe en alerte rouge à l'approche du cyclone Emnati. Voilà pour les titres.

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ZK : En Ukraine, alors que les bombardements redoublent d’intensité dans la région du Donbass, Emmanuel Macron a appelé successivement le président russe et son homologue ukrainien ce dimanche.
 
AD : Des coups de fil, je vous le disais, pour tenter d'éviter une guerre de grande ampleur entre la Russie et l’Ukraine. Quoi qu'il en soit, la situation est regardée avec beaucoup d’inquiétude en Pologne. La Pologne, pays frontalier de l’Ukraine et qui accueille plus d’un million d’Ukrainiens. D’ailleurs, un rassemblement a eu lieu ce dimanche dans la capitale polonaise en soutien aux Ukrainiens. À Varsovie Reportage RFI, Sarah Bakaloglou.

Parmi la foule réunie dans la vieille ville de Varsovie, Alisa, 22 ans, serre contre elle un drapeau ukrainien. La jeune femme est arrivée en Pologne il y a deux ans. « Mentalement, émotionnellement, nous sommes toujours en Ukraine. Je ne veux pas voir ma famille en danger. Nous sommes prêts à soutenir les Ukrainiens, à faire de notre mieux pour aider tout le monde, notre famille, nos amis. » La jeune femme essaie de rester optimiste, mais pas facile ou pour sa famille en Ukraine de se repérer parmi toutes les informations. « J’ai tendance à bien plus croire nos politiciens ukrainiens, car je vois de la manipulation parfois des côtés américain et russe. C’est bien plus dur pour ma famille sur place, qui ne sait pas qui croire. » Une manifestation à laquelle des Polonais participent également, inquiets Bartosz Piechowicz, du Comité de soutien à l’Ukraine. « Nous savons qu’il n’y aura pas de Pologne libre et démocratique sans une Ukraine libre et démocratique. Notre passé difficile a prouvé que nos pays devaient coopérer et se soutenir. La Russie a toujours été une sorte de menace pour nos deux pays et aujourd'hui, nous sommes dans le même bateau. » Et Varsovie a annoncé se préparer un éventuel afflux de réfugiés ukrainiens, en cas d’invasion russe en demandant aux villes polonaises de lister tous les hébergements d’urgence possible. Sarah bakaloglou, Varsovie, RFI.

AD : Et à l'autre bout de l'Union européenne, en Espagne, environ 500 personnes dont beaucoup d'Ukrainiens ont également manifesté à Madrid aujourd’hui contre l'intention prêtée à la Russie d'envahir l'Ukraine, aux cris notamment de slogans comme « Stop Poutine ». 

ZK : Face cette situation extrêmement tendue, la France et l’Allemagne demandent à leurs ressortissants de quitter l’Ukraine. 

AD : Paris invite aujourd’hui ses près de 850 français présents en Ukraine à quitter le pays sans délai, s'ils n'ont pas de motif dit impérieux, importants pour y rester. Manon Minaca a recueilli le témoignage de quelques Français qui vivent en Ukraine.

Aurélien, marié à une Ukrainienne, passe du temps en famille à Kiev. Ce Français, qui se rend plusieurs fois par an en Ukraine, est arrivé jeudi. Il se dit serein. « Je compte faire pour le moment, c'est rester sur Kiev. Si ça venait à dégénérer, on se mettra à l'abri. Déjà dans un premier temps et puis après on part bus. Je pense qu'on rejoindrait la Pologne pour pouvoir rentrer en France. Pour le moment, c'est pas à l'ordre du jour. » Il explique que les Ukrainiens sont habitués depuis 8 ans à vivre avec ces tensions à la frontière. Il a mûri sa décision de rester avec sa famille.  « Ils ont leur vie là-bas, donc c'est pour ça que moi aussi je reste pour les soutenir un petit peu. » Pas d'inquiétude non plus pour Rémi. Lui aussi compte bien rester en Ukraine. Pour ce chercheur français, l'atmosphère reste calme à Kiev. « Il fait beau, c'est un dimanche printanier comme un autre ici, ce qui était surtout inquiétant par rapport aux annonces du gouvernement, c'est les réactions de la famille, des amis, qui eux sont plus inquiets que les Ukrainiens. »  La compagnie allemande Lufthansa a suspendu ses vols vers Kiev et Odessa à partir de lundi. Pour l'heure, les liaisons assurées par Air France sont maintenues. 

AD : Et malgré l'imminence selon les Occidentaux d'une invasion russe en Ukraine, l'administration américaine de Joe Biden a rejeté aujourd’hui le principe de sanctions dites préventives contre la Russie. Les autorités américaines estiment que des sanctions immédiates à l'encontre de la Russie seraient contre productives et pourraient même offrir un prétexte, une occasion à Vladimir Poutine pour lancer une offensive sur l'Ukraine. 
 
ZK : Dans l’actualité également Adrien, un Soudanais a été tué aujourd'hui lors d'une manifestation contre le pouvoir militaire.
 
AD : Alors que des milliers de manifestants défilaient à Khartoum, la capitale, pour dénoncer le dernier coup d'État, un homme de 51 ans a été fauché par « une balle dans la poitrine », rapporte un syndicat de médecins. Même syndicat qui recense 82 morts depuis le coup d'État du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre dernier. 
 
ZK : Au Brésil, dans la ville de Petrópolis, le bilan humain des inondations s'établit désormais à 152 morts.
 
AD : La police a même ajouté Zéphyrin que 165 personnes étaient toujours portées disparues depuis la tempête de mardi dernier. Et il est d’ailleurs peu probable que des survivants soient désormais extraits des décombres, indiquent les autorités. 
 
ZK : Les habitants de la Réunion appelés à se confiner à l'approche d'un nouveau cyclone. 
 
AD : L'alerte cyclonique rouge est entrée en vigueur depuis maintenant 3 h, il était 21 h heure locale. Les vols d'avions prévus demain matin à la Réunion sont reportés et tous les établissements scolaires seront fermé.
 
ZK : Un mot de politique en France Adrien. 

AD : Emmanuel Macron enregistre ce week-end deux soutiens venus de la gauche. L’actuel président français n'est toujours pas officiellement candidat, il doit se déclarer avant le 4 mars prochain, mais ça ne l'empêche pas de recevoir des d’hommes et de femmes politiques. Les derniers en date viennent de la gauche. Lucile Gimberg, il s’agit de deux anciennes ministres socialistes, Élisabeth Guigou, Marisol Touraine.

Alors que sa déclaration de candidature est attendue dans les prochains jours, ces deux soutiens à gauche permettent à Emmanuel Macron de faire du teasing et d'occuper le terrain médiatique. Ils visent aussi à relancer le fameux « en même temps » que le chef de l'État vante aux Français depuis 2017. Car au cours du quinquennat, beaucoup de départs se sont faits sur l'aile gauche de la majorité, accréditant l'idée d'un basculement de sa présidence à droite. Alors avant de se jeter dans la bataille, la macronie veut donner l'image de l'équilibre. En réalité, rien de surprenant dans l'appui de l'ancienne ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, ou de l'ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine. Sorties des radars politiques depuis plusieurs années, ces deux socialistes s'étaient déjà montrées favorables à Emmanuel Macron. Touraine lors de sa candidature ratée aux législatives de 2017. Et Guigou lors des européennes de 2019. Face à « une extrême droite très forte », le « seul vote utile » c'est Macron, a assuré Marisol Touraine ce week-end. Une façon aussi de réaffirmer le clivage grâce auquel le chef de l'État compte gagner sa réélection. 

ZK : Quand un film peut être plus efficace qu'un discours syndical : c'est le cas de Un autre monde.  
 
AD : Un autre monde sorti en France mercredi, ce film de Stéphane Brizé met en scène Vincent Lindon en dirigeant d'entreprise chargé de mettre en œuvre un énième plan social.  Sophie Torlotin.

Le film débute par un divorce. Mais plus que la chronique d'un couple qui se déchire, Un autre monde montre un cadre supérieur qui souffre au travail. Directeur d'une usine appartenant à un grand groupe international, on lui impose de réussir un nouveau plan social qu'il sait néfaste pour les salariés et l'activité même de l'entreprise. Avec Un autre monde, le réalisateur Stéphane Brizé clôt une trilogie sur la violence des rapports sociaux. Dans La loi du marché, Vincent Lindon incarnait un chômeur qui se résignait à accepter un poste de vigile dans un hypermarché.  Dans En Guerre, l'acteur campait un leader syndical se battant contre la fermeture de son usine. Vincent Lindon prend du grade pour Un autre monde. Mais le combat reste le même. Dirigeants et ouvriers sont embarqués dans le même enfer mondialisé semble expliquer le film. Vie de famille cabossée, souffrances psychologiques, impasse, les hommes sont broyés par la machine du capitalisme financier qui vise à enrichir toujours plus ses actionnaires. La démonstration est ici d'autant plus implacable qu'elle prend l'exemple d'un cadre dirigeant dont l'ultime sursaut et salut, viendra de son refus de participer à un système absurde. 

AD : Et c'est avec ce film que se referme ce Journal en français facile, bonne suite des programmes à toutes et à tous sur RFI.

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