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Journal en français facile 18/01/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.
 
Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.
 
Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.
 
RA : À la une ce soir : Alexeï Navalny appelle à descendre dans la rue. Au lendemain de son retour en Russie, l'opposant numéro un au Président Vladimir Poutine a été condamné aujourd'hui à 30 jours de prison.
 
SB : Aux États-Unis l'annonce attendue des grâces présidentielles. Ce sera l'une des dernières annonces du Président sortant Donald Trump. Ceux qui en bénéficieront verront leurs poursuites judiciaires être annulées.
 
RA : Enfin la pandémie de coronavirus et la campagne de vaccination qui continue de s'accélérer. Gros plan sur Israël dans ce Journal en français facile où les prisonniers désormais vont pouvoir se faire vacciner.

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 SB : Alexeï Navalny a été condamné à trente jours de prison.
 
RA : Alexeï Navalny c'est le premier opposant au Président russe Vladimir Poutine. Il a fait son retour à Moscou hier, cinq mois après avoir été empoisonné à un puissant agent chimique, un empoisonnement qui est attribué à la Russie. Dès son arrivée et comme cela était attendu, Alexeï Navalny a été arrêté par les autorités. Car il ne s'est pas rendu à un contrôle judiciaire dans le cadre d'une peine que l'opposant dénonce. Et aujourd’hui il a donc appris qu'il serait incarcéré c'est-à-dire qu'il irait en prison, au moins jusqu’au 15 février. Sa peine a été prononcée par un tribunal située dans le commissariat où se trouvait Alexeï Navalny. Précisions à Moscou de Daniel Vallot.
 
Trente jours de détention c’est ce qu’avait demandé le parquet russe à l’issue d’une audience pour le moins surréaliste : puisque cette audience s’est déroulée dans un commissariat de la banlieue de Moscou. Ce tribunal improvisé et cette justice pour le moins expéditive ont déjà fait l’objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, où l’on brocarde ces tables et ces chaises poussées contre les murs et cette juge obligée de se déplacer en dehors de son tribunal pour se prononcer. La conséquence pour Alexei Navalny c’est que l’opposant restera en prison jusqu’à la prochaine échéance judiciaire. Une décision lourde de conséquence doit être prise par la justice russe car celle-ci pourrait transformer en peine de prison ferme une peine avec sursis qui avait été prononcée contre l’opposant il y a plus de cinq ans. Une affaire montée de toutes pièces aux yeux des partisans de l’opposant qui y voient la volonté des autorités d’écarter Alexei Navalny a l’approche des élections législatives. L’opposant pour sa part a demandé à ses concitoyens de descendre dans la rue pour dénoncer ce qu’il qualifie de parodie de justice. Une première grande manifestation pourrait être organisée dès la fin de la semaine. Ce sera un test sans doute décisif pour la suite du bras de fer qui va s’engager entre l’opposant et le Kremlin.
 
RA : Daniel Vallot à Moscou. Et les condamnations se multiplient à l'étranger depuis l'arrestation d'Alexeï Navalny. L'Union européenne, l'Allemagne, la France appellent à sa libération, de même que la future administration américain de Joe Biden.
 
SB : Joe Biden qui sera investi président mercredi, ce sera à suivre en direct sur RFI. À deux jours de cet évènement la capitale Washington est déjà quasiment bouclée.
 
RA : On dit qu'une ville est bouclée quand elle est fermée au public. Et pour cause la tension est très forte à l'approche de l'investiture du président américain après les évènements survenus en début d'année au Capitole quand des centaines de partisans du sortant Donald Trump ont envahi ce Capitole. Des milliers de soldat sont déjà sur place, ils seront jusqu'à 25 000 mercredi.
 
SB : Ce sont donc les derniers jours de pouvoir de Donald Trump. Et avant son départ de la Maison Blanche il devrait annoncer les noms de ceux qui vont bénéficier de la grâce présidentielle.
 
RA : Ce devrait être l'une de ses dernières annonces en tant que président. Cette grâce présidentielle est une tradition, gracier c'est annuler des poursuites judiciaires. Ce qui fait polémique en revanche c'est le choix des personnes qui bénéficieront de cette grâce, ainsi que les centaines de milliers de dollars qui sont en jeux. Explications Christophe Paget.
 
C’est un « marché lucratif » selon le New York Times. Exemple : l’ancien procureur Brett Tolman, actuel conseiller de la Maison Blanche sur ces grâces présidentielles, a récupéré des dizaines de milliers de dollars pour obtenir celles, entre autres, du fils d’un ancien sénateur de l’Arkansas, et du fondateur d’une célèbre plateforme de vente de drogue sur internet. Rudolph Giuliani, l’avocat personnel du président, aurait de son côté demandé, pour obtenir la grâce d’un ancien responsable de la CIA, deux millions de dollars. Tout cela est légal tant que le président ne touche pas lui-même de l’argent. Mais traditionnellement les grâces sont utilisées pour récompenser des personnes méritantes et qui ont reconnu leur faute explique le Washington Post, pas des amis ou des alliés politiques. C’est pourtant ce que Donald Trump a commencé à faire avant Noël, en graciant Charles Kushner, le père de son gendre, et plusieurs personnes impliquées dans le procès des éventuels liens de sa campagne de 2016 avec Moscou. La question se pose également de savoir si le président lui-même va sa gracier après l’invasion du Capitole, note CNN sur son site, certains conseillers lui ont suggéré de ne pas le faire car cela donnerait l’impression qu’il est coupable de quelque chose. Conseil aussi d’éviter de gracier quiconque a participé à l’attaque du six janvier.
 
SB : La pandémie de coronavirus et les campagnes de vaccination qui continuent de s'élargir dans le monde.
 
RA : On va citer trois pays qui ont accéléré leur campagne ce lundi. La Russie où jusque-là seuls les enseignants et les soignants pouvaient être vaccinés. La France où désormais les personnes âgées de plus de 75 ans peuvent se faire vacciner. Et le Royaume-Uni où sont concernés tous ceux qui ont plus de 70 ans, au Royaume-Uni où il y a urgence car le pays est frappé par un variant du virus jusqu'à 70% plus contagieux selon les autorités sanitaires.
Enfin en Israël dans les prochains jours va débuter la vaccination des prisonniers. C'est un sujet qui fait débat dans l'État hébreu et notamment car sont concernés les 44 000 détenus palestiniens. Correspondance à Jérusalem de Sami Boukhelifa.
 
Le bras de fer a duré plusieurs jours. D’un côté le ministre de la Sécurité Intérieure Amir Ohana, farouche opposant à la vaccination des prisonniers. Dans le camp adverse le ministre de la Santé Yuli Edlstein. Chacun présente ses arguments : pour le premier, la priorité en termes de vaccinations va au personnel pénitentiaire uniquement. Une décision critiquée aussi bien par le procureur général israélien qui la juge illégale, que par le président de l’État hébreu qui la considère comme « incompatible avec les valeurs de son pays et du judaïsme ». Le ministre de la Santé estime pour sa part qu’un « prisonnier non vacciné, [atteint du Covid-19] coûterait cher à l'État ». Il faut donc passer à l’action. La campagne de vaccination en milieu carcéral débute cette semaine. Pas de distinction entre détenus israéliens et détenus palestiniens. Les quelque 4 400 prisonniers palestiniens recevront eux aussi le vaccin contre le coronavirus. L’ONG Human Rights Watch, souhaite aller plus loin. Elle demande à l’État hébreu en tant que « puissance occupante » de fournir des vaccins à l’ensemble de la population palestinienne. Sami Boukhelifa Jerusalem RFI.
 
RA : Le vaccin objet de polémique. On estime aujourd'hui que 90% des doses de vaccins se trouvent dans seulement 11 pays du monde. Le patron de l'OMS, l'Organisation mondiale de la Santé, prévient que le monde fera face à un « échec moral catastrophique » si les pays riches accaparent c'est-à-dire gardent les vaccins, au détriment des pays pauvres.
 
SB : Et puis autre sujet polémique : en France, l'ancienne mine de Stocamine.
 
RA : Un site situé en Alsace dans l'est de la France et devenu site de stockage de déchets dangereux. Le débat est vif surtout depuis 2002 quand un incendie s'est déclaré. D'où la question, faut-il continuer à stocker ces déchets ? Oui a tranché le gouvernement. Les explications d'Agnès Rougier.
 
L’ancienne mine de potasse se trouve à 550m sous terre, sous la nappe phréatique alsacienne. Le site devait accueillir en 30 ans 320 000 tonnes de déchets industriels, en principe de manière réversible, mais après l’incendie de 2002 dû à la présence de mercure, l’enfouissement est interrompu. Depuis, les ministères de l’écologie successifs balancent entre l’évacuation des déchets déjà stockés et leur confinement définitif. En 2010 un rapport du BRGM pointait un risque de pollution de la nappe phréatique qui pourrait « rendre impropre l’eau à la consommation ». En 2014, le gouvernement tranche en faveur d’un scénario de retrait des déchets contenant du mercure. Depuis, environ 2 000 tonnes de mercure ont été déstockées. Mais la mine étant en train de s’effondrer, il fallait prendre une décision, et suite à sa visite du site le 5 janvier, la ministre de l’écologie, Barbara Pompili, vient de l’annoncer : les déchets déjà stockés seront définitivement enfouis. Avec des bouchons de béton et des galeries de contournement pour éviter que l’eau n’atteigne les déchets.
 
RA : Et les réactions après cette décision. Le député du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger co-auteur d'un rapport parlementaire sur le sujet fait part de sa déception.

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