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Hollywood

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Avec la mort de Kirk Douglas, on nous dit que le dernier géant de Hollywood nous a quittés. Ce genre de formules est souvent un peu exagéré, mais dans ce cas-là, elle tombe assez juste : Kirk Douglas a bien été une étoile de première grandeur, une star comme on peut dire de lui, sans rechigner devant l’anglicisme : il est à sa place. S’il y a bien un endroit où l’on peut parler de star, c’est Hollywood ! Et le grand âge de Kirk Douglas – 103 ans – fait qu’il a brillé dans ce milieu à la plus grande époque de sa gloire.

Mais si les lumières de Hollywood ont légèrement décliné depuis les années 70, si les mythes se sont déplacés, le mot fait encore rêver. Et en effet, il représente un univers de rêve, une fabrique de rêve, toute une projection du monde occidental du 20e siècle.

Alors qu’est-ce que c’est que ça, Hollywood ? Un faubourg de Los Angeles, en Californie, sur la côte ouest-américaine, où va se concentrer l’industrie du cinéma. Il faut dire que la ville n’est pas vieille, lorsque le cinéma commence à se développer !  Dans les années 1880, un couple achète un terrain dans ce secteur et le nomme « le bois de houx », et non pas le bois sacré comme on le pense souvent. En effet holy, avec un seul « l » aurait ce sens-là. Comme les paysages alentour sont variés, que l’endroit et calme, et très bon marché au tout début du 20e siècle, les premiers aventuriers du cinéma s’y installent et le succès vient très vite.

Et l’industrie du cinéma est comme un concentré de l’histoire américaine. De nouveaux venus, souvent immigrés, juifs d’Europe de l’Est en particulier, peuvent s’y faire leur place. Mais le capitalisme règne en roi, et les films sont produits par des compagnies qui deviennent rapidement très riches et monopolisent les productions. En même l’immense succès de cet art populaire est un reflet du rêve américain. Et Hollywood donne à voir tout cela : grosses productions, films à grand spectacle, décors immenses, vedettes immensément populaires : c’est bien à cela qu’on pense quand on parle d’une production hollywoodienne. L’adjectif ne renvoie pas aux habitants du lieu, mais au faste qui s’y déploie, même si c’est en trompe-l’œil. Et certains genres cinématographiques sont nés là-bas, et ont toujours porté la marque de leurs origines : les westerns, ces épopées des pionniers et de la naissance de la nation américaine, sont des produits hollywoodiens. Les péplums,  qui transportent l’imaginaire du cinéma dans une Antiquité totalement réinventée, n’auraient pas pu naître ailleurs.

Ce mot de Hollywood devient tellement synonyme de grosse production de cinéma qu’il se métamorphose pour désigner d’autres capitales du cinéma qui sont nées plus tard, ou même d’autres façons de déployer cette illusion : Bollywood, qui désigne les studios de Bombay en Inde, ou Nollywood, qui évoque le cinéma nigérian.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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