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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Pardon aux harkis! La formule est forte et elle est faite pour frapper. Emmanuel Macron souhaite donc aller plus loin que François Hollande qui avait seulement reconnu la responsabilité de l’État français dans l’abandon des harkis. Mais il avait quand même prononcé cette phrase, souvent entendue, mais non officielle : l’abandon des harkis. Qui souligne que ceux qui étaient arrivés en France après la fin de la guerre d’Algérie avaient souvent vécu dans des camps où les conditions de vie étaient lamentables et indignes.

Alors qui sont ces harki s? Au sens strict, les musulmans d’Algérie, ceux qu’on appelait bien souvent des indigènes, qui, pendant cette guerre, s’étaient ralliés aux forces françaises. Et ils étaient dans la situation de supplétifs de l’armée française : ils n’avaient pas vraiment le statut de militaire de l’armée, mais servaient sous commandement français. Des auxiliaires pourrait-on dire.

Bien entendu, le mot vient de l’arabe, et il se rencontre, même si c’est rare, depuis les débuts de la conquête coloniale, c’est à dire 1830. Les harkas sont des groupes armés qui se sont rangés du côté de l’armée qui vient coloniser le pays. Et les harkis, ceux qui en ont font partie. Mais le mot ne dépasse pas les limites du jargon militaire. Le terme se popularise bien sûr à partir de la moitié des années 50. C’est la guerre d’Algérie, même si ce mot est totalement censuré, et qu’on parle des « événements » à la fois pour minimiser l’affaire et parce qu’on pense, dans les premières années du conflit que l’Algérie restera française. Les harkis apparaissent donc dans le paysage, sur le terrain, dans la presse Mai en fait on en parlera également après 1962, lorsqu’un certain nombre - et moins que ce qui était attendu car la France les tolérait tout juste et les laissait livrés à eux mêmes, dans un pays inconnu, avec une langue inconnue bien souvent, et une population parfois peu accueillante! Le mot harki, à partir de là, ne désigne plus seulement les anciens combattants, mais toute leur famille.

Alors les combattants africains des l’armée française, il y en a u d’autres. Harki serait-il synonyme de tirailleur ? Non, car les tirailleurs, des soldats africains intégrés à l’armée française, se trouvaient mêlés à des combats qui opposaient la France à d’autres pays. Et les deux guerres mondiales sont les circonstance qu’on se rappelle le mieux. Ils ne combattaient donc pas en général à dans des guerres d’indépendance et de décolonisation.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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