mots-actu_f.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une poussée de fièvre entre la RDC et la Zambie. C’est par ces mots que RFI annonçait que les relations se durcissaient entre les deux pays, à propos de quelques villages a priori congolais, revendiqués par la Zambie. L’occupation par l’armée zambienne de l’une des bourgades fait monter la pression. Poussée de fièvre donc : une expression qui, de façon figurée bien sûr, évoque une situation qui se tend : on contient moins son agressivité, ou parfois son inquiétude : les pulsions, les désirs sont plus forts ou plus exacerbés, c’est-à-dire plus aigus, plus vifs. Et on parlera aussi bien d’un coup de fièvre à la bourse, si tout le monde se précipite pour acheter des actions, ou même d’un coup de fièvre dans la consommation, si, par peur de manquer, on se rue sur le sucre ou les pâtes, pour faire des provisions.

La fièvre, au sens littéral, on sait ce que c’est : l’élévation de la température du corps. Mais le mot est lié au vocabulaire de la médecine, et même d’une médecine ancienne. La fièvre est cette élévation anormale de la température, qui est un signe de maladie. On comprend donc qu’un coup de fièvre est une fièvre subite, et souvent forte, ce qui fait qu’on la remarque et qu’elle inquiète. La fièvre est donc un symptôme très fréquent, qui intervient lors de maladies très nombreuses ; on s’empresse de l’évaluer quand on a un doute sur la santé de quelqu’un : il faut prendre sa température, c’est-à-dire simplement évaluer la chaleur du corps. Et la formule est si fréquente qu’on finit par dire « il a de la température » pour exprimer qu’il a de la fièvre. L’expression est un peu populaire, ni technique ni médicale. Ni même absolument logique : le corps est forcément à une certaine température. Mais pourtant l’expression existe et on la comprend facilement.

Et la fièvre est si facilement associée à un état maladif que le mot est presque synonyme de maladie, surtout dans des expressions un peu anciennes, et là encore pas tellement dans un langage de médecin : fièvre typhoïde, fièvre des marais, etc.

Et le mot a un sens figuré fréquent, lié à une idée d’impatience et de désir incontrôlé : la fièvre de l’or, la fièvre du jeu : la folie obsessionnelle qui s’empare de ceux qui croit à un enrichissement brusque et presque magique. Mais on parle aussi de fièvre du pouvoir, des honneurs, de la célébrité.

Et liés au mot fièvre, on trouve deux adjectifs : fiévreux et fébrile, construit de façon savante à partir de l’origine latine. Fiévreux est presque toujours utilisé au sens propre : il est fiévreux, c’est-à-dire qu’il est chaud, qu’il a de la fièvre. Fébrile est utilisé dans un sens dérivé : on est fébrile quand on agit ou quand on se comporte avec une impatience qu’on n’arrive pas à contenir ni à cacher : on a trop hâte d’arriver à ses fins ; les mouvements sont rapides, souvent maladroits ou inutiles à force de vouloir y parvenir. Et de ces deux adjectifs, on a tiré deux adverbes, fébrilement et fiévreusement, mais qui tous deux ont le plus souvent cette signification figurée : l’assassin consultait fébrilement, ou fiévreusement les journaux pour voir si son crime avait été découvert !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias