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Épidémie

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le coronavirus inquiète ! La maladie se répand, et chaque jour on se demande si l’épidémie est jugulée, contenue, ou au contraire si elle progresse. Et de toute façon depuis plusieurs semaines, on parle d’épidémie. Mais on ne parle pas couramment, pour l’instant, de pandémie. La différence entre les deux mots n’est pas exactement technique : on n’est pas dans une évaluation statistique des maladies, mais pourtant la différence entre les deux mots est quantitative. On parle d’épidémie lorsqu’une maladie infectieuse se transmet à un grand nombre de personnes, pendant une période donnée, et dans une région donnée. Parfois les spécialistes hasardent des chiffres : on pourrait parler d’épidémie de grippe lorsque plus de 1,5 % d’une population donnée est touchée. Mais le mot est d’un usage courant et on le rencontre même si l’on n’a pas chiffré l’affaire. Le mot vient du grec, et avec –démie, on y reconnaît la trace de démos, qui signifie le peuple, mais aussi le pays. L’épidémie, c’est donc à l’origine ce qui tourne, qui circule à travers le pays. Et de façon savante, on a inventé un autre mot en vissant un nouveau préfixe sur le radical, le cœur du mot. On enlève épi, qui a un sens de lieu, et le remplace par pan- qui veut dire tout en grec et on obtient pandémie. Comment le comprendre ? Il ne s’agit pas d’une épidémie qui toucherait tout le monde ou tout le pays, mais plus d’une maladie qui se répand dans tous les pays – ou en tout cas qui dépasse les frontières d’un seul : le mal s’internationalise, il n’est plus limité à une région ou à un état.

Il existe un troisième mot dans cette série : endémie. Il est rare, mais l’adjectif qui lui correspond, endémique, est beaucoup plus usuel. Une maladie endémique est celle qui ne s’éteint jamais totalement. Elle peut avoir des pics, ou parfois régresser. Mais même quand le niveau n’est pas très élevé, le mal est toujours là, on a toujours des cas, on n’est pas à l’abri d’une remontée du risque !

De ces trois mots, seul épidémie a un sens figuré fréquent : lorsqu’un comportement se répand par exemple, touche soudain un grand nombre de personnes : on a parfois malheureusement parlé d’épidémie de suicides dans des entreprises. À partir des mêmes causes, les effets peuvent se multiplier. Mais bien sûr, il n’y a pas de réelle contagion, au sens littéral !

Et la contagion est le facteur essentiel des épidémies, quand on reprend ce mot dans sa signification littérale. La contagion, c’est-à-dire le fait qu’une maladie puisse se transmettre d’une personne à une autre. Et le simple échange de souffle peut être parfois un facteur de contagion ; si l’on inspire de l’air expiré par un malade, on peut être atteint ! On parle donc de ceux qui sont contagieux. Et aussi de ceux qui peuvent être contaminants. Est-ce la même chose ? L’usage n’est pas exactement le même. Par exemple on parle des personnes séropositives, porteuses du virus du SIDA, en disant qu’elles sont d’autant plus contaminantes qu’elles viennent d’être atteintes. Dirait-on qu’elles sont contagieuses ? Non ! Car elles ne présentent pas de risques pour leur entourage du fait de leur seule présence : il faut un échange particulier, sexuel ou sanguin par exemple, pour que la contamination ait lieu.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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