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Droitisation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La période préélectorale que l’on traverse en France a ses mots fétiches, et parmi eux, la droitisation. Depuis quelques semaines, c’est celui qu’on entend systématiquement à propos de l’image renvoyée par le candidat Sarkozy. Alors attention, ce n’est pas un mot qu’on a entendu dans la bouche de Nicolas Sarkozy, ni même en tout cas officiellement de la part de son entourage. Mais c’est comme ça que son discours est interprété par bien des observateurs. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le discours sarkozyste est senti comme opérant un virage à droite, que les thèmes de campagne abordés sont plus susceptibles de plaire à des électeurs traditionnellement ancrés à la droite du pouvoir actuel qu’à sa gauche. Le sens du nom droitisation est donc facile à comprendre, de même que celui du verbe droitiser qu’on emploie à peu près autant. Ces mots sont-ils attestés de façon permanente dans notre langue ? Droitiser et droitisation ont droit (justement) a une entrée chacun dans le petit Larousse. Droitisation apparaît dans le Robert, mais bien timidement, à la fin du petit article consacré à droitiser. Mais d’autres mots de cette famille ont un passé politique plus lointain : droitisme et droitiste qu’on n’entend plus guère, mais qui ont résonné au début ou au milieu du 20ᵉ siècle. Alors qui emploie ces mots ? En général les adversaires des politiques ainsi désignées : ces mots sont légèrement péjoratifs. Je dis légèrement, car en même temps ils donnent davantage l’impression d’un constat que d’une dénonciation : ils ne sont pas forcément agressifs. Et malgré tout ils témoignent d’un jugement : l’entourage de Sarkozy, on vient de le voir, n’emploie pas ces mots. Peut-être parce qu’ils ne veulent pas avoir l’air de dire que le discours du candidat évolue, se modifie en fonction du déroulement de cette campagne. Mais surtout parce que quand on parle de droitisation, qu’on le fait remarquer, c’est qu’on le déplore.

Est-ce qu’il s’agit de n’importe quel glissement vers la droite ? Pas vraiment : le mot est pratiquement réservé à un glissement vers l’extrême-droite.

Par exemple si un reproche de même nature est adressé au parti socialiste, si l’on veut dire qu’il dérive vers sa droite, parlera-t-on de droitisation ? Non ! On dira plutôt que le parti se libéralise, qu’il se rapproche d’une économie libérale.

Et s'il évolue vers la gauche, dira-t-on qu’il se gauchise ? Ça peut arriver, mais c’est rare : on utilisera des mots moins liés à cette latéralisation de l’espace politique, et on dira parfois qu’il se radicalise.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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