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Déserteur

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ce serait un déserteur de l’armée malienne qui aurait coordonné et dirigé l’attaque meurtrière qui a frappé le camp militaire de Dioura, au centre du pays. En effet, on dit qu’il a été officier dans l’armée régulière, et qu’il l’a quittée une première fois en 2006, puis y est revenu pour s’en éloigner de nouveau en 2012. Est-ce que ça fait de lui un déserteur ? Tout dépend de la manière dont il a quitté l’armée.

En effet le mot déserteur a un sens bien précis : il s’agit d’un soldat lié par un contrat avec l’armée, et qui quitte le service avant que ce contrat soit allé à son terme. Plusieurs possibilités : soit c’est un engagé volontaire, ou quelqu’un qui fait carrière dans l’armée, soit il est sous les drapeaux, il fait son service militaire. Soit si l’on est en période de guerre, il a été mobilisé : dans aucun de ces trois cas, il n’est censé quitter son poste. Tant qu’il n’a pas été démobilisé, il fait encore partie des forces armées. De plus on peut lui faire le reproche d’abandonner l’armée par peur. Il empoche sa solde et n’est pas là quand il y a du danger : la désertion peut parfois être comparée à une fuite. Et le déserteur n’a pas toujours une bonne image. Mais l’infamie qui s’attache au mot est bien souvent née de l’intérêt de l’État-major : c’est un esprit militariste qui peut propager ce genre d’idées. Mais on peut aussi remarquer que le sens de ces mots dérive très directement du sens du deserere en latin, dont l’une des formes est desertum, et qui a donné ces mots français : cela signifie abandonner, délaisser. Et le verbe déserter en français a très souvent une construction intransitive, c’est-à-dire qu’on parle de déserter tout court : abandonner son unité. Et on ne dit pas déserter l’armée. En revanche au figuré, on dit déserter une cause, quand on cesse de la soutenir.

Mais on voit que ces significations puisqu’elles sont en lien direct avec la signification latine du mot, de dérive pas du mot désert.

Et le désert est bien un lieu abandonné, mais il a pris un sens géographique bien particulier : une grande étendue pas ou presque pas habitée, et en général très aride : rien n’y pousse, que ce soit un désert de sable ou de pierres. Et dans un imaginaire français, le désert par excellence est évidemment le Sahara. Mais des déserts, on en a aussi au Moyen-Orient, ce qui fait que le mot apparaît très souvent dans les traductions françaises des textes bibliques : dans l’Ancien, et surtout dans le Nouveau Testament, par référence aux prédications de Jean-Baptiste. On parle de prêcher dans le désert. Et au figuré, l’expression a signifié parler dans être écouté, sans être compris, et surtout sans être suivi, comme s’il n’y avait personne, alors même qu’on a des auditeurs. Et on a aussi la traversée du désert. Le souvenir de la Bible est clair : il s’agit des quarante ans que les Hébreux mettent pour aller de l’Égypte pharaonique qu’ils quittent, jusqu’à la Terre Promise. Mais la formule a un sens politique clair : il s’agit d’une période de latence, de vide : après avoir eu des responsabilités, des fonctions officielles, on n’en a plus. Mais on est destiné à en avoir de nouveau : patience. Et l’expression a d’abord été employée dans ce sens en parlant de la période où De Gaulle n’était plus aux affaires : entre 1946 et 1958.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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