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Décongestionner

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Décongestionner les îles, décongestionner les camps ! C’est la préoccupation actuelle du gouvernement grec, devant une telle densité de population migrante dans les endroits où ils sont rassemblés qu’elle en est dangereuse : si trop de personnes vivent dans un espace restreint, il devient ridicule de penser à une distance de sécurité entre chacun, cette fameuse distanciation sociale. Il faut donc décongestionner, c’est-à-dire répartir les gens de manière différente dans des espaces plus grands, leur donner davantage d’espace vital. Parle-t-on de désengorger ces lieux ? Parfois, mais peu : en effet le verbe désengorger porte une image différente : on désengorge un lieu de passage quand il est si encombré que l’écoulement se bouche. Mais il s’agit d’un lieu où l’on passe, et non pas d’un lieu où l’on reste. La comparaison évoque plutôt la plomberie, en tout cas un problème d’écoulement dans un goulet d’étranglement. Le flot qui doit passer est trop important, trop impétueux parfois ; il s’y mêle des éléments solides et tout ça crée un genre de bouchon qui empêche un passage fluide. L’idée de l’étouffement n’est donc pas bien loin, ce qui peut nous ramener à cette idée de décongestion.

Bien entendu il s’agit d’un sens figuré, mais le sens propre vient encore très spontanément à l’esprit, ce qui bien sûr augmente la force de l’expression

Et ce sens propre, il nous vient du corps et de la maladie : la congestion est l’excès de sang dans un organe ou un tissu corporel. Et le mot est en général employé dans des cas plutôt graves : la congestion cérébrale par exemple, à peu près synonyme de l’apoplexie : on craint l’hémorragie cérébrale. Mais sans un arriver là, on parle de quelqu’un qui est congestionné lorsque cet afflux sanguin se voit sur son visage : il est tout rougeaud, parfois un peu gonflé, et il donne souvent l’impression qu’il respire mal. Et même si l’on est généralement en pleine santé, on peut en arriver là par exemple après un effort.

Mais on parle aussi de congestion pulmonaire. Et là on pense aux bronches qui sont encombrées : cette notion d’encombrement est souvent voisine de celle de congestion.

Par conséquent, on comprend bien les usages imagés portés par ce mot de congestion. On parle de prisons congestionnées, de camps qui peuvent l’être aussi, ou même de quartiers : les bidonvilles… Pourquoi bidonvilles ? Parce qu’il semble qu’au départ on ait eu à l’esprit ces baraquements faits de bric et de broc, avec des masures bricolées à l’aide des matériaux qu’on a sous la main. De là à évoquer une ville ressemble à un bidon, où l’on est enfermé, d’où l’on ne peut sortir, il n’y a pas loin.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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