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Cumul

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’est donc le cumul de ses mandats qui aura valu son poste à Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites qui a démissionné dans la journée d’hier. Qu’est-ce qui lui a été fatal ? À la fois la non-déclaration de toutes ses fonctions, mais aussi leur simple cumul ! Et ce mot n’a pas très bonne presse ! Dans la langue de la politique, il est lié à des pratiques très mises en cause, qui consistent à additionner plusieurs emplois ou plusieurs responsabilités. Des législations assez récentes ont changé la figure du personnel politique en France : pendant longtemps la figure du député-maire, ou parfois du sénateur-maire était fréquente : des notables puissants fortement ancrés dans la vie politique locale où ils avaient beaucoup de pouvoir. Aujourd’hui cette double fonction n’est plus possible. De même si on fait partie du gouvernement, on doit abandonner ses mandats parlementaires : un député qui est nommé ministre doit choisir entre les deux fonctions. Mais cette habitude des cumuls a été l’une des caractéristiques de la vie républicaine française, depuis la IIIe République, sous la IVe et tout autant sinon plus sous la Vème. Et si l’on parle des cumulards, on sent bien que le mot est très péjoratif et accusateur : il dénonce ceux qui en veulent toujours plus : plus de pouvoir, d’influence, parfois de traitements et de salaires.

Et le verbe cumuler, même sorti du contexte politique, est souvent lié à une idée négative : on cumule les malchances, les défauts, les maladresses… c’est-à-dire qu’on additionne les mauvaises choses, les mauvais comportements. Il est rare qu’on cumule les grâces et les qualités !

Accumuler est évidemment de la même famille, mais le verbe a un sens bien plus concret : on accumule des objets, on les entasse, on les empile parfois : l’idée de grand nombre est bien présente, avec parfois l’idée d’un certain désordre : on accumule souvent dans le fouillis. Mais pas toujours, notamment si on est dans un contexte plus abstrait : si on accumule des connaissances, elles peuvent très bien être clairement organisées. Si on accumule des preuves, par exemple dans une enquête, elles peuvent s’organiser les unes par rapport aux autres.

Enfin le mot a servi en particulier à propos des technologies de l’énergie et de l’électricité : on accumule de l’énergie, on l’emmagasine, dans une batterie, dans ce qu’on a appelé familièrement des accus, abréviation d’accumulateurs. Et de façon également familière, pour dire qu’on allait se reposer d’une grosse fatigue, on a dit aussi qu’on avait besoin de recharger ses accus. Expression familière, mais un peu désuète aujourd’hui…

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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