#法语新闻用语

Conspiration

mots-actu_c.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Situation de conflit au Yémen ! Les séparatistes ont décidé de déclarer l’autonomie du Sud : le gouvernement aurait conspiré contre les intérêts du Sud. Conspiré ? Mot étrange utilisé dans ce contexte, même si bien entendu, il est traduit et n’a pas été utilisé en français dans les propos originaux. Mais cet usage du mot renverse quand même un peu les rôles : ordinairement, ce n’est pas un gouvernement qui conspire. Au contraire, on conspire contre un gouvernement contre un pouvoir en place

Une conspiration est d’abord un projet secret pour renverser un pouvoir et s’en emparer. Il s’agit de mettre au point un coup de force qui ne se révèle qu’au dernier moment. Et sa force repose justement sur cette intrigue cachée. Mais qui parfois se fait sentir, se révèle indirectement. Ce qui explique qu’on parle par exemple d’un air de conspirateur, d’une mine de conspirateur : l’attitude de quelqu’un qui prépare en douce un mauvais coup, ne veut pas que ça se sache… et justement ce faux air innocent trahit parfois ses intentions : une façon de se taire, de ne rien dire, de faire « chut »… tout cela donne des indices sur le fait qu’on a quelque chose à cacher et qu’on le cache mal, qu’on se fait remarquer en essayant trop de passer inaperçu. Le mot est ancien, et fait plutôt penser à des situations politiques et historiques anciennes. Avec d’ailleurs tout un vocabulaire qui lui est associé : on dit ourdir une conspiration, fomenter une conspiration, ou tramer une conspiration. Des verbes plutôt inusités, et plutôt littéraires. De même on dit, ou on lit parfois que tel ou tel a trempé dans une conspiration… c’est-à-dire simplement qu’il y a été mêlé. Bien proche de la conspiration, on a la conjuration, autre mot ancien.

Complot est plus moderne, et d’un usage plus large. Quittant la politique, on peut tout à fait le trouver dans des situations professionnelles, dès qu’il s’agit de s’attaquer à la situation dominante de quelqu’un pour le diminuer, ou le lui ravir. Et de manière plus souriante, et plus figurée, on peut parler de complot ironiquement, quand il s’agit d’une surprise : pour l’anniversaire d’un ami, toute une organisation se met en place : on doit l’emmener dans un endroit magnifique dont il n’a pas idée, réunir tous ses anciens amis, lui faire faire son baptême de l’air en hélicoptère, le présenter à son héros qu’on a invité pour l’occasion. Mais tout cela s’organise à plusieurs tout en restant absolument inconnu du bénéficiaire : un véritable complot ! 

Alors puisqu’on parle de complot, il faut nécessairement parler de complotisme, un mot bien plus à la mode, et dont l’usage est plus récent. Un mot récent qui correspond bien au mot complotiste. Et il s’agit alors de parler de la théorie du complot ! Une façon d’imaginer qu’un certain nombre de problèmes contemporains sont survenus parce qu’ils étaient organisés par des groupes constitués qui secrètement s’entendent pour diriger la planète et créer des drames dont le grand public ne connait ni les auteurs ni la préméditation. Comme s’il y avait de grands complots, de grandes conspirations qui se tissaient dans le silence. On parle donc, dans les médias surtout, de complotisme ou parfois de conspirationnisme pour désigner cette croyance, ce crédit donné à la théorie du complot.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias