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Amérique et États-Unis

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

De quoi parle-t-on passionnément depuis quelques jours ? Qu’est-ce qui est au centre des préoccupations : les États-Unis ou l’Amérique ? Les deux, les deux mon capitaine, comme on dit souvent avec cette expression française charmante dont on n’expliquera l’origine un autre jour ! Mais est-ce qu’on entend vraiment la même chose lorsqu’on emploie l’une ou l’autre formule ? Les échos, les évocations sont différents. On a pu remarquer par exemple que Donald Trump parlait essentiellement de l’Amérique, America en anglais ! Ne serait-ce que dans le slogan qui a été le sien il y a quatre ans lorsqu’il a remporté la présidence : rendre sa grandeur à l’Amérique. (Make America great again). De quoi parlait-t-il ? D’un mythe de l’Amérique, d’une idée, d’une légende ou d’un rêve. Pas vraiment d’un État. Et couramment les discours nationalistes jouent sur cette équivoque.

Il ne faudrait pas plus croire pourtant que Trump parle systématiquement de l’Amérique quand Biden parle systématiquement des États-Unis. Joe Biden peut évoquer l’Amérique, ne serait-ce que pour prendre le contrepied des mots de son adversaire : America is back a-t-il déclaré quand il a su qu’il avait gagné l’élection. L’Amérique est de retour, c’est-à-dire peut-être une idée de la nation différente de celle de son opposant ? Mais il a quand même utilisé la référence aux États-Unis bien plus que Trump.

On sait que ce mot Amérique a des sens différents selon ses emplois. Il renvoie souvent à un pays, mais on sait que c’est aussi et d’abord tout un continent qui touche à l’extrême nord comme à l’extrême sud de la planète. Le sens qu’on lui donne se comprend donc d’après le contexte. Mais on a pris l’habitude de nommer Amérique le plus riche des états de ce continent, et cette ambigüité est présente en anglais comme en français. Les Américains (enfin je devrais dire les Étatsuniens pour être vraiment précis, mais ce mot est bien peu usité) ont eu beau jeu d’annexer tout le continent, ou en tout cas son nom. Ce qui a été depuis longtemps reconnu par les citoyens des États-Unis mais aussi les autres habitants du continent américain : on n’a qu’à se souvenir de cette célèbre et magnifique comédie musicale, West Side Story, qui date des années 50. Elle met en scène notamment toute une population portoricaine, fraichement immigrée aux États-Unis. Porto-Rico est une île des grandes Antilles qui fait partie d’une réalité géographique américaine bien sûr. Et quand les Portoricains abordent aux États-Unis, ils disent qu’ils vont en Amérique : « I like to be in America » dit Anita.

L’Amérique a souvent signifié l’ailleurs, avec une idée d’Eldorado, de pays de Cocagne où l’on peut faire fortune. Et l’expression assez désuète, « c’est l’Amérique ! » témoigne bien de cette utopie naïve. À mettre en rapport avec « C’est Byzance ! » toute aussi ancienne et peut-être plus, qui évoque l’abondance, le luxe et les dorures. Et l’Amérique souvent a été associée à ces images de fortunes rapides et de richesse multiple. L’expression oncle d’Amérique d’ailleurs, atteste bien cette image fantaisiste, où l’Amérique représente un ailleurs, un lointain où tout est possible.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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