Des magazines en anglais dans un kiosque à Göcek, en Turquie.
Des magazines en anglais dans un kiosque à Göcek, en Turquie.
Minemero / Getty
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Une presse turque diversifiée, mais peu indépendante

Ragıp Duran, universitaire, journaliste, également correspondant du quotidien français Libération en Turquie, sait pour l’avoir payé de plusieurs mois de détention (en 1998), que la liberté de la presse est une notion à manier avec précaution.
Por Thierry Perret -

D’un certain point de vue, la presse en Turquie est libre : elle donne surtout une image de grande diversification, et pour certains médias, de prospérité.

Des groupes puissants ont investi le secteur et le paysage médiatique offre, à la surface, une image de modernité, et une consommation de nouvelles qui apparente la Turquie à bien des pays industriels.

Mais derrière les journaux, derrières les télévisions et les radios sont des intérêts, nombreux, qui posent une question : qu’en est-il de l’indépendance de la presse, dans un pays où les tensions sont permanentes ?

 

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 2'50" - Ragıp Duran, correspondant du quotidien Libération le 19/08/2008 - par Thierry Perret

 

C’est à partir de l’assassinat de Hrant Dink (1) que la situation s’est aggravée dans le pays entre le pouvoir politique et l’armée. Les médias sont le reflet de cet affrontement, même si une majorité de Turcs ne veut pas prendre parti entre ces deux forces aussi anti-démocratiques l’une que l’autre. En regardant le journal télévisé ou en lisant les quotidiens, les citoyens ne peuvent pas comprendre ce qui se passe dans la vie politique turque, alors que normalement les médias sont justement faits pour ça.

Il existe de nombreux médias : 19 quotidiens d’information générale, 7 chaînes de télévision nationale et des centaines de radios locales à travers tout le pays. Mais leur contenu est essentiellement dominé par l’idéologie officielle kémaliste ou la polarisation actuelle entre l’armée et le pouvoir politique. Seuls quelques médias - radios, TV, quotidiens - tentent de s’imposer comme la troisième voie, ni armée, ni islamisme, et essaient de défendre véritablement l’intérêt public.

(1) Le journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink a été abattu le 19 janvier 2007 alors qu’il sortait des bureaux de son journal. Il était la bête noire des nationalistes turcs en raison de ses prises de position sur le passé arménien de la Turquie.

 

Publicado em 04/04/2017 - Modificado em 19/05/2017

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