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Deux thanatopracteurs s'occupent de défunts dont la mort a pu être causée par le coronavirus, à Gilly, en Belgique, le 26 mars 2020.
Deux thanatopracteurs s'occupent de défunts dont la mort a pu être causée par le coronavirus, à Gilly, en Belgique, le 26 mars 2020.
Benoit Doppagne/Belga/AFP
Le déroulement des obsèques en France est perturbé par l’épidémie et le confinement. Cérémonie, accès et soins au défunt, tout est rendu plus compliqué, voire impossible, par la pandémie.

04'10" - Première publication le 27/03/2020

Rien ne change pour les soins du corps : toilette et habillage peuvent être faits. L’accès au défunt en chambre mortuaire est possible, mais tout comme la cérémonie au cimetière, limité par les règles de confinement pour éviter la contamination entre proches du défunt. Ce qui restreint souvent l’accès aux chambres mortuaires, pas d’amis ni collègues, uniquement la famille directe et pas plus de 20 personnes, a précisé le Premier ministre, parfois même pas plus de cinq sur décisions locales dans des foyers épidémiques comme à Mulhouse. Au vu de ces restictions, quasiment tous les offices religieux ont été suspendus.

Un défunt atteint du Covid-19

Pour les cérémonies, les restrictions sont les mêmes que lorsque le défunt n'est pas décédé en raison du coronavirus. Pour l’accès et les soins en revanche, des mesures spécifiques ont été prises pour éviter toute contagion. Dans un premier avis, le 18 février, le Haut Conseil de la santé publique  (HCSP) avait préconisé des mesures qu’il qualifie aujourd’hui de « maximalistes » mais qui correspondaient aux connaissances de l’époque et « à l’aspect encore émergent du virus » selon lui.

En suivant l’évolution des connaissances et de l’épidémie, le HCSP a en effet revu certaines préconisations dans un second avis du 24 mars. Il souligne l’impératif de respecter des règles sanitaires strictes dans la prise en charge des défunts mais aussi, « de respecter dans leur diversité, les pratiques culturelles et sociales ». L'avis comporte deux changements marquants : la possibilité de voir le visage du défunt avant la fermeture du cercueil, à l’hopital ou dans la chambre morturaire ; et la possibilité d'une toilette du corps faite par les pompes funèbres mais éventuellement aussi par deux personnes choisies par les proches « en cas d’impératif rituel ». Alors il y a toute une série de mesures barrières strictes à respecter et les conditions dans lesquelles on pourrait voir le défunt sont loin d’être idéales mais la possibilité existe. À noter que tout embaumement reste proscrit.

En parlant « d’impératif rituel » pour la toilette, le Haut Conseil ouvre la porte aux pratiques religieuses, notamment juive et musulmane

Ce deuxième avis tout récent, publié mardi 24 mars, le Conseil français du culte musulman n’en avait pas encore connaissance deux jours après. Abdallah Zekri, délégué du Conseil français du culte musulman, a finalement indiqué que le CFCM souhaite consulter les autorités sanitaires pour savoir si elles valident officiellement ces préconisations. Et ce, même si l’avis du Haut Conseil a été transmis aux établissements de pompes funèbres via la prefecture. « Mais si c’est le cas, ce serait évidemment un grand soulagement pour les familles » souligne Abdallah Zerki.

Soulager les proches, c’est aussi l’objectif de Gregory Schmitt, à Mulhouse. Pour tenter d’associer au deuil les confinés, comme d'autres confrères, il se met au numérique. Les recueils de condoléances en ligne, qu’il avait déjà, mais il a pour la première fois filmé un enterrement pour envoyer la vidéo à la famille. « Certains établissements essaient même la transmission en direct via streaming, mais ce sont des pis-aller », confie Grégory Schmitt, qui craint les contrecoups de ces deuils mal vécus. Les familles sont d'ailleurs nombreuses a déjà lui demander des cérémonies du souvenir une fois l’épidémie passée.

L'avis du HCSP à consulter

Publicado em 30/03/2020 - Modificado em 30/03/2020 - Por Laura Martel

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