Nouveau traitement prometteur contre un redoutable cancer de la peau
Image de synthèse représentant un lymphocyte tueur attaquant une cellule cancéreuse.
Coneyl Jay/Futurematic LTP/Getty
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Nouveau traitement prometteur contre un redoutable cancer de la peau

Présenté lors de la 48e Conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (Asco), le Yervoy-Leukine, encore en phase d’essai, s’est révélé capable de diminuer d’un tiers le risque de décès de malades atteints d’un mélanome métastasé, une forme de cancer particulièrement agressif.
Por Claire Arsenault -

La lutte contre le cancer a remporté plusieurs victoires ces dernières années ; aujourd’hui, dans les pays développés, un malade sur deux en guérit. Mais certaines atteintes cancéreuses comme celles des poumons ou de la peau résistent encore aux traitements dont disposent les oncologues. C’est pourquoi l’arrivée de nouvelles thérapies est particulièrement guettée par les quelque 30 000 spécialistes réunis à Chicago (Illinois, États-Unis) pour la Conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology qui se tient du 31 mai au 4 juin 2013. 

Doper le système immunitaire 

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Plus de 30 000 spécialistes du cancer sont réunis à Chicago, aux États-Unis, du 31 mai au 4 juin 2013. | ASCO

Et cette 48e édition ne faillit pas à la règle avec l’annonce de résultats encourageants d’un essai clinique de phase 2 qui pourrait signer une avancée dans le traitement du cancer de la peau métastasé. L’essai a porté sur 245 malades atteints d’un mélanome. Il a montré que la combinaison d’un anticorps, l’ipilumumab commercialisé sous le nom de Yervoy par Bristol-Myers Squibb, et de la Leukine du laboratoire Genzyme, réduisait de 35% le risque de décès par rapport aux malades prenant seulement le Yervoy.

 
Ces nouveaux traitements ciblés associés à des immunothérapies qui dopent le système immunitaire, confirment leur intérêt dans le traitement des cancers avancés. Utilisée depuis à peine cinq ans, l’immunothérapie anticancer consiste à doper l’activité des lymphocytes T pour qu’ils s’attaquent aux cellules cancéreuses dès la formation d’une tumeur. C’est précisément le mécanisme qu’utilise le Yervoy, commercialisé en 2011 ; il active une protéine située à la surface des lymphocytes T augmentant ainsi considérablement leur capacité immunitaire. C’est en combinant les deux molécules que les chercheurs ont pu enregistrer de réels progrès comme ceux présentés à l’Asco.
 
En deux ans, plusieurs laboratoires ont emprunté cette voie prometteuse des anticorps dopant le système immunitaire. Ainsi des travaux ont montré qu’avec ces nouveaux médicaments, utilisés seuls ou associé au Yervoy, on obtenait des résultats limités certes, mais durables sur la réduction du volume de tumeurs dites solides touchant le poumon, le colon, l’estomac ou le rein.
 
Du très cher au bon marché

Si la part des cancers guéris augmente année après année, le nombre de nouveaux cas dépistés est lui aussi en hausse constante comme le révèle une étude publiée en 2012 dans The Lancet Oncology. Selon ce travail de prospective, il faut s’attendre à une augmentation de 75% des cas de cancer dans le monde d’ici 2030. Cette hausse serait même de 93% dans les pays les plus pauvres. Parallèlement, le nombre de morts par cancer qui était de 7,6 millions en 2008 passerait à 13,2 millions en 2030. Si les cas de cancers du col de l’utérus et du foie devraient être moins nombreux, on prévoit en revanche un accroissement des cancers colorectaux, du sein, de la prostate et du poumon chez les femmes.

 
Autant dire que ces chiffres galvanisent les oncologues du monde entier. Chaque petit pas compte pour progresser même si la victoire totale contre le cancer semble encore hors de portée. Les annonces faites lors de cette 48e Conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology ne se traduiront pas aussi rapidement et complètement que nous le souhaiterions en traitements à la portée de tous. D’abord parce que les essais sur les anticorps et l’immunothérapie anticancer (Yervoy, Leukine, etc.) par exemple, ne concernent pas beaucoup de patients et ensuite parce que ces thérapies sont encore d’un prix très élevé (autour de 100 000 dollars par an et par patient).

Mais il y a au moins une étude présentée à Chicago qui se révèle transposable immédiatement et sans grandes mises de fonds. Elle concerne le dépistage du cancer du col de l’utérus auquel n’ont pas accès la plupart des femmes des pays en développement. Il vient donc d’être démontré qu’il est possible de substituer le test Pap (frottis) par une technique simple et bon marché qui utilise du vinaigre, de la gaze et une lampe halogène. On peut ainsi observer directement d'éventuelles anomalies des cellules du col utérin susceptibles de devenir cancéreuses.

 
Étudiée en Inde pendant 15 ans auprès de 150 000 femmes, cette méthode au vinaigre a permis une réduction de 31% de la mortalité due à ce type de cancer. Dans le monde, le cancer du col de l’utérus tue chaque année 275 000 femmes dont 80% vivent dans les pays en développement.

Publicado em 28/04/2016 - Modificado em 28/04/2016

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