Les habitants des villes chinoises ont déserté les rues par peur du virus COVID-19, à Changsha le 29 janvier 2020.
Les habitants des villes chinoises ont déserté les rues par peur du virus COVID-19, à Changsha le 29 janvier 2020.
Thomas Peter / REUTERS
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Les Chinois racontent sur les réseaux la vie quotidienne au temps du coronavirus

Des villes confinées, des citoyens invités à rester chez eux… L’épidémie de coronavirus a mis l'économie chinoise au ralenti. Les internautes racontent leur quotidien sur les réseaux sociaux.
Por Stéphane Lagarde -

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Le coronavirus est le « diable », confiait le président chinois au représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et le diable ne se cache même plus dans les détails. L’épidémie a vidé les rues des mégalopoles. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des magasins fermés, des rues et surtout des transports fantômes. À Shanghai, ce chauffeur de bus n’en revient pas. « Je conduis depuis dix ans. Et c'est la première fois que personne ne monte dans mon bus, raconte-t-il. Soixante arrêts, une heure et demie de trajet et aucun passager. »

Docteurs au grand cœur

La vie, l’économie au ralenti pendant l’épidémie, sauf pour les usines de masques et d’équipements de protection qui tournent à plein régime. Les ouvriers ont été rappelés pendant leurs vacances, soulignent les médias d’État. 

Pour éviter une crise à la Tchernobyl et faire face aux critiques des médecins ou de journalistes de Wuhan (en anglais), dénonçant le manque de réaction des autorités lors de l’apparition du virus fin décembre, le gouvernement central a lancé un appel à la mobilisation générale.

Parmi les premiers à répondre, des héros au grand cœur dont les témoignages pleins de courage ont ému les internautes.

 

►À écouter Coronavirus : le docteur Li Wenliang symbole de la liberté d'expression

 

Des docteurs et des infirmiers, hommes et femmes, affluent de toutes les provinces de Chine pour se rendre en première ligne et venir soutenir leurs camarades des hôpitaux du Hubei, l’épicentre de l’épidémie.

Discrimination et solidarité

Cette générosité contraste avec la discrimination dont peuvent souffrir les habitants du Hubei, perçus comme des pestiférés. Le site officiel The Paper rapporte ce mercredi 29 janvier l’histoire de cet automobiliste bloqué au péage entre l’Anhui et le Henan. Les deux provinces lui ont refusé l’entrée, même chose pour les hôtels à proximité.

L’homme originaire de Wuhan raconte qu’il a passé deux nuits à dormir dans sa voiture sur le bord de l’autoroute.

Mais, heureusement, l’épidémie sur le net chinois, c’est aussi de la solidarité. Sur certains groupes WeChat de communauté de quartier, on se partage les conseils de prévention ou de bonnes adresses : où trouver des légumes, des masques de protection encore disponibles ? Ce sont aussi ces villageois qui défient la psychose en se partagent un repas à distance depuis le toit de leur maison.

Ou encore ces posts vrais ou faux qui tentent, par le sourire, de repousser la peur panique du bìngdú, le « virus » en chinois, comme cette femme visiblement lassée des ardeurs de son compagnon qui demande à ses amis des conseils de loisirs à faire à la maison en période de confinement.

Publicado em 02/03/2020 - Modificado em 16/03/2020

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