Ahmed al-Rabie, représentant de l’Alliance pour la liberté et le changement (D) et Mohammed Hamdan Daglo, le numéro deux du Conseil militaire (G en treillis), lors de la signature de l’accord le 17 août 2019 à Khartoum.
Ahmed al-Rabie, représentant de l’Alliance pour la liberté et le changement (D) et Mohammed Hamdan Daglo, le numéro deux du Conseil militaire (G en treillis), lors de la signature de l’accord le 17 août 2019 à Khartoum.
Ebrahim Hamid / AFP
Artigo

Soudan: le Conseil militaire et la contestation signent l'accord de transition

La cérémonie de signature de l'accord de transition a eu lieu samedi 17 août au Friendship Hallen, à Khartoum, en présence de chefs d'États et de gouvernement de la région, comme le Premier ministre éthiopien et le président kényan. Ce document est en fait une sorte de feuille de route pour ramener le pouvoir aux mains des civils.
Por RFI -

L’accord a été signé par Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemeti », le numéro deux du Conseil militaire, et Ahmed al-Rabie, représentant de l’Alliance pour la liberté et le changement, fer-de-lance de la contestation.

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 « Nos martyrs ne sont pas morts. Ils vivent parmi les révolutionnaires. »

Ambiance à la cérémonie de signature de l'accord
Le 17/08/2019 - Par RFI

Après 240 jours de contestation, les civils et les militaires ont ainsi finalement signé une déclaration constitutionnelle, à savoir un accord pour organiser, dans le détail, la transition vers un pouvoir détenu par les civils. Dès ce dimanche, le Conseil militaire sera dissous.

À la sortie de la cérémonie, c'est le soulagement pour Rachid Saeed Yacoub, le porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (APS), l'une des associations qui a lancé le mouvement de contestation en décembre 2018.

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« Il y a une ambiance de fête, mais aussi une ambiance de tristesse, parce que l'on a beaucoup parlé de la mémoire de nos martyrs qui sont morts pendant ces huit mois de combats pour la démocratie. c'est une victoire pour les civils, mais ce n'est pas la fin du combat. Le peuple soudanais doit rester mobilisé jusqu'à la réalisation de tous ses objectifs : le redressement économique du pays mais aussi le rétablissement de la démocratie et de la justice dans le pays. A partir de demain, le pouvoir sera transféré à un pouvoir civil et le Conseil militaire de transition va être dissous et va être remplacé par trois institutions de transition: le Conseil de souveraineté, le gouvernement exécutif et le Parlement de transition. »

Rachid Saeed Yacoub, porte-parole de l'APS
Le 17/08/2019 - Par Coralie Pierret

L'accord a été conclu à la faveur d'une médiation de l'Éthiopie et de l'Union africaine. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a présidé la cérémonie de signature historique.

Après la fronde populaire soudanaise, le 11 avril dernier, l'armée avait destitué Omar el-Béchir, resté 30 ans au pouvoir, et pris ainsi la tête du pays. Cet accord est donc une victoire pour les démocrates, mais cela reste une victoire fragile. Il faudra composer avec les généraux soudanais.

Le Conseil de souveraineté, l'organe exécutif de la transition, sera composé de six civils et de cinq militaires, avec une présidence tournante qui sera d'abord confiée aux militaires.

Le 20 août, Abdallah Hamdok, un ancien économiste, devrait être nommé Premier ministre. Puis un gouvernement sera formé, au sein duquel deux postes clés, la Défense et l'Intérieur, sont réservés à l'armée. Le travail pour relever le pays pourra ainsi commencer et durera pendant trois ans et trois mois. Des élections générales sont prévues en 2022.

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Samedi, la signature du document a été accueillie par des cris de joie et des applaudissement nourris. Hamid a rejoint les manifestants en janvier.

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 « Je suis dans la rue en ce moment même. Beaucoup de gens sont autour de moi. Ils célèbrent la signature de l'accord, ils chantent, ils dansent. De manière générale, l'ambiance est vraiment à la fête. L'atmosphère est très positive. Maintenant, la prochaine étape c'est de former le gouvernement civil et le conseil des ministres. Le Conseil de souveraineté va être mis en place et ensuite le Premier ministre va former son gouvernement. Nous attendons tout cela avec impatience. Et nous espérons que des personnes compétentes seront nommées. »

Hamid, un manifestant
Le 17/08/2019 - Par Coralie Pierret

Publicado em 19/08/2019 - Modificado em 19/08/2019

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