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Quel impact reste-t-il de la politique de Mobutu sur l'actuelle RDC ?

Mobutu à Kinshasa devant les journalistes le 23 mars 1997.
Mobutu à Kinshasa devant les journalistes le 23 mars 1997.
Jean-Michel TURPIN/Getty
Il y a 20 ans, le 16 mai 1997, Mobutu Sese Seko, l’homme qui avait régné d’une main de fer sur la République démocratique du Congo pendant 32 ans, le Zaïre à l’époque, quitte la capitale congolaise. Alors que Laurent-Désiré Kabila est aux portes de Kinshasa, l’homme à la toque de léopard, s’enfuit vers Gbadolite, son fief, puis vers le Togo, et le Maroc où il mourra 4 mois plus tard. Michela Wrong, journaliste et écrivain, vit à Kinshasa à l’époque. Correspondante pour l’Agence de presse Reuters, elle couvre les derniers soubresauts du régime Mobutu. Une expérience qui a alimenté un ouvrage sur Mobutu, « In the footsteps of Mr Kurz » publié en 2000 (1). Aujourd’hui au micro de Lea-Lisa Westerhoff, elle revient sur ces dernières années de règne et son héritage.

4'49'' - Première diffusion le 16/05/2017

A Kinshasa on craignait qu’une bataille soit livrée en peine rue. Face à l’avancée des troupes rebelles de l’AFDL la garde présidentielle s’est repliée à l’hôtel Intercontinental. Puis les hommes de Mobutu « abandonnant leur uniforme et déguisés en civils, ils ont traversé le fleuve Zaïre avec leur famille (…). L’ambassade américaine est intervenue pour négocier cette sortie sans effusion de sang.

La longévité politique du mobutisme s’explique par le soutien inconditionnel des pays occidentaux pendant la guerre froide : « quand une rébellion le menaçait, Mobutu se tournait toujours vers l’occident. Les Français, les Belges et les Américains envoyaient toujours leurs troupes pour sauver son régime (1) (en anglais) (…). Mais ces dernières années il n’avait plus d’amis : les Américains avaient choisi l’opposition et l’avènement du multipartisme. »

La chute du mur de Berlin sonne la fin du régime même si Mobutu réussit à tenir sept ans (1). Après la dissolution de l’État-parti en 1990, il pense qu’il peut encore se maintenir au pouvoir face à une opposition divisée et grâce au clientélisme. Pourtant, tant à l’étranger qu’à l’intérieur du pays, « on en avait marre de lui et ce qu’il a laissé derrière lui c’est un délabrement économique qui reste le principal problème du Congo. »

Texte de la page média initiale : « On parle toujours de la violence, mais selon moi, le pire c'est la gestion économique de Mobutu. Le Congo est un pays tellement riche, avec l'or, le coltan, le pétrole, les diamants... En principe ce pourrait être un des pays les plus riches d'Afrique... »

(1) Mr Kurtz est un personnage de la nouvelle de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres. Publié en 1902, ce récit est considéré comme une critique virulente du colonialisme belge au Congo.

(2) Michela Wrong In the footsteps of Mr Kurtz. Living on the brink of disaster in Mobutu s Congo (Sur les traces de M. Kurtz. Vivre au bord de la catastrophe dans le Congo de Mobutu), édition Harper Perennial, Londres. (en anglais)

Publicado em 08/06/2017 - Modificado em 30/06/2017 - Por Lea-Lisa Westerhoff

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