La tombe du major Henryk Sucharski
La tombe du major Henryk Sucharski qui a défendu la Pologne pendant les combats de ces premiers jours de la Deuxième guerre mondiale à Westerplatte, près de Gdansk. Le 31 août 2009.
Peter Andrews/Reuters
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Il y a 70 ans, la Deuxième Guerre mondiale

Le 1er septembre 2009, la Pologne et l'Europe en général ont célébré le 70ème anniversaire de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, invasion qui a marqué le début de la Seconde Guerre mondiale. À Westerplatte, près de Gdansk en Pologne, la chancelière allemande Angela Merkel a reconnu qu'en attaquant la Pologne, son pays avait ouvert le chapitre le plus tragique de l'histoire européenne. À ses côtés, les Premiers ministres russes, polonais et une vingtaine d'autres chefs d’État et de gouvernement. L'ensemble des cérémonies se déroule sur fond de polémique, la Russie refusant, malgré toutes les marques de bonne volonté, de reconnaître la responsabilité du pacte germano-soviétique dans le déclenchement des hostilités.
Por RFI -

Le 1er septembre 1939 à 4h45, le cuirassé allemand Schleswig-Holstein tirait les premières salves de ses canons contre le poste militaire polonais à Westerplatte près de Gdansk.

Après s’être assuré, grâce aux accords de Munich, de la neutralité de l’Occident lors de ses premières conquêtes territoriales, Hitler comptait sur sa passivité pour poursuivre celles-ci à plus grande échelle. Pour conquérir la Pologne et inaugurer sa fameuse « Drang nach Osten », « La marche vers l’est », il a obtenu la coopération de l’Union soviétique, dont l’armée est entrée en Pologne, du côté oriental, le 17 septembre. Paradoxe de l’histoire, car c'est grâce à l’anéantissement de la Pologne que Hitler a pu, deux ans plus tard, attaquer à son tour, de front, l’Union soviétique.

Les troupes nazies ont pu achever leur campagne en Pologne assez rapidement. La France et la Grande-Bretagne ont déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, mais elles ont été amenées à se limiter à ce qu’elles appellent elles-mêmes une « drôle de guerre ». Les Polonais, sous les bombes allemandes, apprenaient avec une amère stupéfaction que les Britanniques envoyaient bien des avions sur Hambourg, mais pour y jeter… des tracts.

La cérémonie du souvenir

Avec notre envoyée spéciale à Westerplatte, Amélie Poinssot

Les coups de canon ont retenti ce matin à 4h45, 70 ans exactement après le bombardement de la garnison polonaise de Westerplatte qui avait provoqué le début de la Seconde Guerre mondiale. Le président polonais Lech Kaczynski a ouvert les cérémonies. « Westerplatte est un symbole, c’est le symbole de la résistance héroïque des faibles contre les plus forts. C’est une preuve de patriotisme et d’infaillibilité. »

Le premier ministre, Donald Tusk, a inauguré ensuite à Westerplatte l’exposition qui préfigure le futur musée de la Seconde Guerre mondiale, prévu pour 2014. Le projet de musée a été officiellement entériné ce matin « Notre intention est que le musée de la Seconde Guerre mondiale, initié par la Pologne, soit l’œuvre commune de différentes nations afin de les aider à mieux se comprendre mutuellement, à mieux comprendre leur passé et leur présent. »

Mardi après-midi, une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Angela Merkel et Vladimir Poutine qui prononceront un discours très attendu, sont attendus pour la suite des commémorations.

 

avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

L’écho de cette célébration est très important en Allemagne. L’anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a fait par exemple la une du magazine der Spiegel la semaine dernière. Il y a de nombreuses analyses et reportages dans la presse. La télévision propose de nombreux documentaires sur le début de la Seconde Guerre mondiale et ses préparatifs en Allemagne.

Les analystes évoquent la responsabilité éventuelle d’autres pays. Celle de l’Union soviétique par exemple, en raison du pacte scellé durant l’été 1939 entre Moscou et Berlin mais aussi la question de savoir si les pays occidentaux, à commencer par la France et la Grande-Bretagne, auraient pu avoir une attitude plus ferme et empêcher Hitler de mener à bien ses projets.

L’historiographie sur le début de la guerre a fait des progrès en Allemagne. La nature du régime nazi, les raisons de l’arrivée au pouvoir de Hitler ou encore la solution finale ont été beaucoup étudiées. De même la question des responsabilités dans le déclenchement du second conflit mondial, plus clairement établie pour ce qui concerne l'Allemagne que celles de 1914. Depuis vingt ans, on en sait aussi plus sur le rôle de la Wehrmacht en Pologne et les exactions commises non seulement contre les juifs mais aussi contre les populations civiles. Près de six millions de personnes ont été tuées en Pologne.

Ce travail de mémoire et de réconciliation important, fait par l’Allemagne, explique par exemple qu’un historien allemand puisse déclarer que la chancelière peut se rendre aujourd’hui en Pologne sereinement. Il n’en va pas tout à fait de même pour le Premier ministre russe Vladimir Poutine.

Toutefois, ce passé est encore parfois instrumentalisé à des fins politiques par certains, les conservateurs polonais notamment dont le président Kaczynski. Côté allemand, les revendications des Allemands expulsés après la guerre de la Pologne actuelle continuent d’être un sujet sensible en Pologne où on les suspecte de revanchisme.

Publicado em 17/09/2015 - Modificado em 30/08/2019

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