La tombe du Général togolais Gnassingbé Eyadema, mort le 5 février 2005 après un règne de 38 années.
La tombe du Général togolais Gnassingbé Eyadema, mort le 5 février 2005 après un règne de 38 années.
Emile KOUTON/AFP PHOTO
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Gnassingbé Eyadéma est mort

Le président togolais Gnassingbé Eyadéma est mort le 5 février 2005 à l'âge de 69 ans alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins. Le général Eyadéma avait dirigé le Togo pendant 38 ans, après avoir pris le pouvoir le 13 janvier 1967 par un coup de force. L'armée a confié le pouvoir à Faure Eyadéma, l'un des fils du président décédé. L'Union africaine dénonce un « coup d'état militaire » et demande le respect des règles constitutionnelles.
Por Didier Samson -

Le général Gnassingbé Eyadéma est mort, frappé par une crise cardiaque qui lui aurait été fatale lors de « son évacuation vers l’Europe », précise un communiqué lu à la radio nationale et qui situe le décès dans la matinée du samedi 5 février 2005. « Le Togo vient d’être frappé par un grand malheur. Il s’agit d’une véritable catastrophe nationale », précise le même communiqué. Des musiques de deuil diffusées sont entrecoupées de communiqués de désolation. Le Premier ministre Koffi Sama est intervenu sur les ondes de la radio nationale pour affirmer la continuité de l’Etat. « Le gouvernement, les forces armées et de sécurité veilleront à ce que l’ordre, la sécurité et la paix règnent sur toute l’étendue du territoire national ».

Agé d’environ 70 ans, le général Eyadéma a accédé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat en 1967. Originaire de Pya dans le nord du Togo, il avait bâti son pouvoir autour d’un certain clientélisme, d’un parti unique, le rassemblement du peuple togolais (RPT) et en s’appuyant sur l’armée. Mais depuis le début des années 90, « le renouveau démocratique » a ébranlé son pouvoir qui a dû concéder au multipartisme. Mais, pour autant, le régime n’a pas cédé à la contestation et s’est plutôt endurci. En réaction l’Union européenne avait instauré des sanctions contre le pouvoir Eyadéma pour « déficit démocratique » depuis 1993.

Le dialogue politique souhaité par l’opposition politique n’a guère connu d’évolution, mais les pressions de l’Union européenne ont récemment conduit le pouvoir togolais à s’engager sur des mesures de démocratisation du régime. Le président de la République s’était lui-même engagé à faire tenir des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2005. Mais les principaux partis d’opposition ont contesté l’adoption du code électoral voté par l’assemblée nationale, à dominante RPT.

Un « coup d’État militaire », selon l’Union africaine

La nouvelle de la mort du président, à peine confirmée, tous les états-majors des partis politiques ont convoqué des réunions et concertations pour étudier « les comportements » à adopter face à la nouvelle donne. En effet, le Premier ministre Koffi Sama a annoncé la fermeture de toutes les frontières terrestres, maritimes et aériennes du pays. Dans la foulée, le Haut commandement militaire qui n’a aucune prérogative constitutionnelle a annoncé à la télévision nationale, que le fils du président, Faure Gnassingbé, succède à son père comme nouveau président du Togo.

Or, selon la constitution, en cas de vacance du pouvoir « la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’assemblée nationale », qui doit convoquer le corps électoral pour l’élection d’un nouveau président dans les 60 jours qui suivent la constatation officielle de la vacance du pouvoir par la Cour constitutionnelle. La première réaction à la désignation du nouveau président est venue d’Addis Abéba, le siège de l’Union africaine, où le président de la Commission, Alpha Oumar Konaré déclare que « l’UA n’acceptera jamais de mesures anticonstitutionnelles » pour la succession du président défunt. Par ailleurs, le premier chef d’Etat étranger à réagir à la mort du général Gnassingbé Eyadéma, est le président de la République française, Jacques Chirac qui fait part de sa « grande tristesse » et regrette la disparition soudaine « d’un ami de la France et un ami personnel ».

 

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 Elikia Mbokolo, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Afrique (06:55).

 

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 Antoine Glaser, Rédacteur en chef de La lettre du Continent (revue spécialisée sur l'Afrique) (06:12).

 

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 Alpha Oumar Konaré, Président de l'Union africaine (01:06).

 

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 Gilchrist Olympio, Opposant togolais (01:04).

 

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 Catherine Murcier, Responsable de région Afrique à Amnesty International (00:57).

Publicado em 14/10/2015 - Modificado em 29/10/2015

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