L'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, assiste au débat sur la nouvelle Constitution européenne à la Chambre haute du Bundesrat allemand à Berlin, le 27 mai 2005.
L'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, assiste au débat sur la nouvelle Constitution européenne à la Chambre haute du Bundesrat allemand à Berlin, le 27 mai 2005.
Markus Schreiber/AP
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Giscard d'Estaing: la classe politique salue le président de la modernité

Plus jeune président de la Ve République lorsqu'il est élu en 1974, Valéry Giscard d'Estaing, mort mercredi 2 décembre à l'âge de 94 ans, est issu du centre-droit libéral et démocrate-chrétien qui a bâti l'Europe d'après-guerre. Depuis l'annonce de son décès ce mercredi soir, les hommages affluent saluant, comme en écho, le « modernisateur » du pays qu'il souhaitait incarner.
Por RFI -

Les hommages après le décès de Valéry Giscard d'Estaing sont venus de tous les bords de la classe politique française. À commencer par l'actuel chef de l'État, qui lui a succédé... 36 ans plus tard. Dans un long communiqué nécrologique, Emmanuel Macron salue le progressiste qui, pendant sept ans, « transforma la France » : « Son mandat fut un intense moment de réformes. Celui qu’on appelait désormais VGE ou plus simplement Giscard sut moderniser la fonction de chef de l’État et "regarder la France au fond des yeux". Son septennat transforma la France. Il permit aux jeunes de voter dès leurs 18 ans, aux femmes d’interrompre une grossesse non désirée en toute légalité, aux couples de divorcer par consentement mutuel, aux personnes en situation de handicap d’obtenir de nouveaux droits. Il œuvra pour une Europe plus forte, un couple franco-allemand plus uni, et contribua à stabiliser la vie politique et économique internationale en fondant le G7. » « Les orientations qu’il avait données à la France guident encore nos pas », conclut le président. « Serviteur de l’État, homme politique de progrès et de liberté, sa mort est un deuil pour la Nation française. »

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(Édition spéciale) La disparition de Valéry Giscard d'Estaing

 

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a fait part de sa « grande tristesse », sur Twitter, saluant « un homme qui a fait honneur à la France, un homme pour qui j'ai éprouvé de l'admiration et avec qui j'ai toujours eu plaisir à débattre ». « Valéry Giscard d'Estaing aura toute sa vie œuvré au renforcement des liens entre les nations européennes, cherché et réussi à moderniser la vie politique et consacré sa grande intelligence à l'analyse des problématiques internationales les plus complexes. »

Pour un autre précédent locataire de l'Élysée, François Hollande, « Valéry Giscard d'Estaing demeurera le président qui a modernisé la France. Son septennat a été marqué par de grandes réformes comme la majorité civile à 18 ans, l'accès à l'IVG pour les femmes, la généralisation de la protection sociale. Résolument européen, il a contribué au renforcement du couple franco-allemand, à la mise en place de l'Union monétaire et à l'ouverture du Marché commun. […] Aujourd'hui, notre pays perd un homme d’État qui a fait le choix de l'ouverture au monde et qui pensait que l'Europe était la condition pour que la France soit plus grande. »

Modernité encore et toujours dans la bouche de l'ancien chef du gouvernement Jean-Pierre Raffarin :

 

Le chef centriste François Bayrou (président du MoDem) a salué en Valéry Giscard d'Estaing un président qui « a fait souffler un grand vent de modernité sur la société française », estimant qu'il « dominait presque naturellement par sa prestance, sa distinction, sa langue, la vivacité de son intuition ». L'élu du Béarn et ancien ministre de l'Éducation fit, avec lui, ses premiers pas en politique et fut son successeur à la tête du parti centriste UDF.

Sur Twitter, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national et candidate à la prochaine présidentielle, pointe une mesure de l'ancien président : « Condoléances aux proches de Valéry Giscard d'Estaing. Président d'une France en crise, il fut l'artisan de nouvelles libertés publiques et un ardent soutien du progrès technologique. En 2018, il confessa que sa plus grande erreur fut d'instaurer le regroupement familial. »

Christian Jacob, président des républicains, rend de son côté « hommage au président Giscard d'Estaing qui aura incontestablement marqué de son empreinte la Ve République. Il oeuvra avec conviction et détermination à la modernisation de notre société. Témoignage affectueux à Mme Giscard d'Estaing et ses enfants. »

Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, sur Twitter également, souligne les apports sociétaux du 3e président de la Ve République : « Valéry Giscard d'Estaing est mort. Le Président de la majorité à 18 ans, de la dépénalisation de l'avortement et du divorce par consentement mutuel. Pensées pour ses proches. »

« Le PCF s'incline avec respect et salue la mémoire de V. Giscard d'Estaing. C'était un homme de conviction qui a, jusqu'au bout, y compris avec le Traité constitutionnel défendu une économie et une Europe très libérale », souligne pour sa part Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, « salue cet Européen convaincu qui a oeuvré pour inscrire notre pays sur la voie du progrès. Il portait Paris dans son coeur et lui a toujours voué un intérêt tout particulier. »

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE avec le Royaume-Uni sur le Brexit, sur Twitter : 

 

 (Avec AFP)

À lire aussi : Décès de Valéry Giscard d’Estaing, 3e président de la Ve République

Publicado em 03/12/2020 - Modificado em 04/12/2020

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