Soldats ottomans posant devant des Arméniens qu'ils ont pendus à Alep en 1915.
Soldats ottomans posant devant des Arméniens qu'ils ont pendus à Alep en 1915.
AFP
Artigo

En France, des familles arméniennes dédommagées des préjudices subis pendant le génocide

Après de très longues années de bataille judiciaire, 213 familles françaises, descendantes d'Arméniens déportés sous l'Empire Ottoman, viennent de percevoir des indemnisations correspondant à des contrats d'assurance-vie, souscrits par leurs aïeuls auprès de sociétés rachetées depuis par la compagnie d’assurance AXA. Ces versements interviennent après la signature d'un compromis avec AXA Internationale. C'est la première fois, en France, que des membres de la communauté arménienne sont dédommagés.
Por RFI -

Il aura fallu attendre quatre-vingt quinze ans après le génocide pour obtenir réparation. Mais avant d'être une affaire d'argent, c'est avant tout une affaire hautement symbolique. Les explications de Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie : « les Arméniens qui ont été indemnisés disent qu’on les a reconnus comme les ayant-droits des victimes du génocide. En même temps, c’est symbolique ; c’est la concrétisation de la chair en quelque sorte. On a des noms de personnes qui ont disparu. Elles ne se sont pas évanouies dans la nature, elles ont disparu dans la tourmente du génocide

Interrogée, la société AXA n'a pas souhaité réagir. Pour Hilda Tchoboian, l'assureur aurait subi des pressions de la part de la Turquie. « Axa a payé 17,5 millions de dollars pour se débarrasser de cette affaire qui lui brûlait les mains. En revanche après avoir accepté de verser cette somme aux ayant-droits, Axa a eu énormément de problèmes avec les fonds de pension de l’armée turque. C’était en quelque sorte pour les Turcs une certaine forme de reconnaissance du génocide et il y a eu des pressions très importantes sur Axa. C’est la raison pour laquelle Axa ne veut plus revenir sur cette affaire avec la presse. »

Selon Hilda Tchoboian, une nouvelle affaire pourrait voir le jour prochainement, car l'or et l'argent des Arméniens spoliés dort dans les coffres de la Deutsche Bank.

Publicado em 26/02/2016 - Modificado em 26/02/2016

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