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Anniversaire du coup d'Etat de Pinochet

10 octobre 1973 : des soldats devant le palais présidentiel chilien détruit par la junte de gouvernement.
10 octobre 1973 : des soldats devant le palais présidentiel chilien détruit par la junte de gouvernement.
Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images
Jean-Christophe Rampal, journaliste, spécialiste de l'Amérique latine. Auteur de « Pinochet, un dictateur modèle », éd. Hachette littérature, (avec Marc Fernandez).

19'30" - Première diffusion le 11/09/2013

Nous revenons à l'antenne sur les 40 ans de la mort d'Allende dans l'émission Décryptage avec Nathalie Amar et son invité Jean Christophe Rampal, co-auteur de Pinochet, un dictateur modèle.

11 septembre 1973 le général Pinochet prend le pouvoir par la force au Chili afin, dira-t-il plus tard, de vaincre « le cancer du marxisme ». Le président Salvador Allende élu trois ans plus tôt se donne la mort dans le palais de la Moneda assiégé par les militaires après cette dernière adresse aux Chiliens : « C’est peut-être la dernière possibilité que j’ai de m’adresser à vous… Mes paroles n’expriment pas l’amertume mais la déception. Et ces paroles seront le châtiment de ceux qui ont trahi le serment qu’ils firent. L’Histoire est à nous, c’est le peuple qui la construit …. Travailleurs de ma patrie j’ai confiance dans le Chili et son destin… Allez de l’avant tout en sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues sur lesquelles passeront des hommes libres de construire une société meilleure. Vive le Chili ! Vive le peuple ! Vivent les travailleurs ! J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain.»

Le Chili a été un précurseur de la mise en place des politiques néo-libérales bien avant qu’elles arrivent en Europe. Au départ c’est un groupe de militaires duquel sortira Pinochet. Dans le contexte de la guerre froide, il fallait arriver à mettre fin à cette expérience. La CIA y a évidemment contribué : il y a eu des financements de mouvements opposés à Allende, la manipulation des cours du cuivre…

La dictature d’Augusto Pinochet laisse une trace indélébile dans la société chilienne après 17 ans au pouvoir sans partage : 3 000 opposants morts ou disparus, 40 000 cas de torture recensés. 40 ans après, le président Sebastian Piñera a appelé les Chiliens à surmonter les traumatismes du passé : disparitions, tortures, exécutions. Le dictateur meurt finalement en 2006 sans avoir été inquiété par la justice de son pays car après son départ du pouvoir il est resté un bon moment chef des armées, puis sénateur à vie.  Longtemps il y a eu une occultation de ce qui c’était passé : des lois d’amnistie avaient été votées pour éviter que la justice se fasse, que la vérité historique s’écrive. 

Publicado em 05/02/2016 - Modificado em 15/09/2017 - Por Nathalie Amar

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