Des manifestants courent pour échapper aux gaz lacrymogènes tirés par la police anti-émeutes au Cap, en octobre 1976.
Des manifestants courent pour échapper aux gaz lacrymogènes tirés par la police anti-émeutes au Cap, en octobre 1976.
AFP
Chronologie
Por RFI -

Des origines à la création de l’Union sud-africaine

IVesiècle avant J.-C. : migrations des ancêtres des actuels Sud-Africains noirs. Ces populations, venues du centre de l’Afrique en plusieurs vagues, sont de langue bantoue ; elles apportent les techniques du fer. Contact avec les populations autochtones khoisan, aujourd’hui pratiquement disparues d’Afrique du Sud.

1488 : Bartolomeu Dias atteint la côte sud de l’actuelle Afrique du Sud. Les premières installations européennes commencent avec la Compagnie (hollandaise) des Indes orientales qui fonde un poste au Cap en 1652. En 1688 arrivent les premiers Huguenots fuyant l’Europe, puis des Britanniques. Les guerres avec les populations noires sont incessantes. En 1806, les Anglais occupent définitivement la colonie du Cap.

1816-1828 : formation du royaume zoulou par Shaka, qui s’appuie sur une force militaire très efficace. Sa politique de conquête contribue au phénomène du Mfecane (déplacements massifs des tribus noires), qui marque une redistribution durable des territoires; avec, déjà, la constitution d’entités autonomes comme le Batusoland (futur Lesotho), ou encore le petit royaume du Swaziland. Le Zoulouland restera indépendant jusqu’en 1879 où, malgré une défaite sanglante des forces britanniques, celles-ci s’en emparent.

1834 : le Grand Trek (migration de quelque 5000 Afrikaners vers l’intérieur du pays) succède à l’abolition de l’esclavage dans la colonie du Cap. Les Afrikaners, partis dans diverses directions, se heurtent aux populations noires (ils remportent sur les Zoulous la victoire de Blood River en 1838), et créent des républiques autonomes. En 1852 et 1854, la Grande-Bretagne reconnaît la république boer du Transvaal et l’État libre d’Orange.

1867 : découverte de diamants sur le site de Kimberley (rattaché à la colonie du Cap) qui devient la première ville minière d’Afrique du Sud. La découverte de l’or ne tarde pas. Les mines d’or du Witwatersrand sont exploitées à partir de 1886.

1899-1902 : alors que Cecil Rhodes devient Premier ministre de la colonie du Cap, c’est la guerre des Boers entre la Grande-Bretagne et les États nordistes du Transvaal et d’Orange, qui aboutit à l’annexion de ces derniers. L’État du Natal est annexé par les Anglais depuis 1843 déjà. En 1910, la formation de l’Union sud-africaine indépendante, formellement rattachée à la Couronne et réunissant les quatre territoires (britanniques et boers) d’Afrique du Sud marque en fait la revanche des Boers, qui constituent toujours 60% de la population blanche. Grands absents des négociations ayant précédé la création de l’Union: les Noirs, pour lesquels aucune disposition concernant leur représentation politique n’est prévue. Or, en 1911, ils sont 4 millions, contre 1,3 millions de Blancs et 675 000 Métis et Indiens.

1912 : fondation du South African Native National Congress (SANNC), qui deviendra l’African National Congress (ANC) (en anglais) en 1923, et qui réunit les intellectuels noirs favorables à une revendication politique non-violente. Mais dès 1913, l’Union adopte la première des grandes lois de ségrégation, le Native’s Land Act qui limite les droits de propriété des Noirs aux « réserves » (7,3 % du territoire). Suivra en 1922 le Native’s Urban Areas Act qui limite la circulation des Noirs en ville. C’est le début des locations, qui deviendront les townships, quartiers noirs à la périphérie des grandes villes.

La mise en place de l’apartheid et la révolte noire

1948 : fondé par Daniel Malan, le Nouveau parti national, qui prône l’apartheid, remporte les élections. L’arsenal juridique de l’apartheid, ou développement séparé, se met en place. Parmi les principales dispositions, l’interdiction des mariages interraciaux; le Population registration Act institue la classification raciale de la population (blanc, noir, indien ou métis).

1952 : le port du pass (laissez-passer intérieur) devient obligatoire pour tout Sud-Africain noir. L’année suivante, c’est la ségrégation dans les transports et les lieux publics. Des programmes d’enseignement spécifiques sont aussi définis pour les Noirs. En 1954 commence la politique de déplacement des populations noires vivant en zones déclarées blanches (Group Areas Act).

1958 : le nouveau Premier ministre, Hendrik Verwoerd, radicalise l’apartheid. Il annonce la création des bantoustans (territoires autonomes), en fait dix «réserves» sans infrastructures ni cohérence, dans lesquelles il souhaite confiner les Noirs. La répression politique s’accroît : le Parti communiste a été interdit, un grand procès contre les opposants dure plusieurs années. Parallèlement, l’ANC se renforce, tandis que le Pan Africanist Congress (PAC) se crée sur une base uniquement raciale.

1960 : massacre de Sharpeville. L’état d’urgence est déclaré, l’ANC et le PAC interdits. Tandis que la République sud-africaine quitte le Commonwealth, la violence devient quotidienne. L’ANC crée une branche armée (Umkhonto Ww Sizwe). Arrêtés en 1963, Nelson Mandela, Gowan Mbeki et Walter Sisulu sont condamnés à la prison à perpétuité et envoyés au bagne de Robben Island.

1964 : les Nations Unies appellent à des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud.

1973 : grèves massives à Johannesburg et Durban, que relayeront en 1976 les émeutes de Soweto qui marquent le début d’une révolte violente. En 1977, Steve Biko, dirigeant du Mouvement de la conscience noire, est arrêté et assassiné.

1983 : la nouvelle Constitution instaure un parlement à trois chambres séparées, pour Blancs, Indiens et Métis. Les Noirs sont exclus. Les années quatre-vingt sont jalonnées de révoltes dans les townships faisant des centaines de morts et obligeant l’armée à se déployer en permanence. En 1986, au moment de l’état d’urgence, on compte quelque 8000 nouveaux prisonniers politiques.

1989 : Frederik de Klerck succède à Piether Botha à la présidence de la République et entame les négociations avec l’ANC.

1990 : Nelson Mandela est libéré le 11 février. Tandis que sont abolies, en 1991, les principales lois de l’apartheid, s’ouvre la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codesa) chargée de négocier la transition politique, dans un climat, toujours, de violences (assassinat de Chris Hani, leader du Parti communiste, massacre de Boipatong en 1992, et nombreuses exactions des extrémistes blancs). Un accord entre le Parti national et l’ANC permet de planifier les premières élections multiraciales de 1994, tandis que l’ONU lève les sanctions internationales.

L’après-apartheid et la mise en place d’une Afrique du Sud multiraciale

26-29 avril 1994 : premières élections multiraciales ; 19 partis briguent les suffrages de 22,7 millions d’électeurs. Le scrutin se déroule dans le calme, après une campagne électorale marquée par quelques actions violentes. L’ANC l’emporte avec 62,65% des voix, la participation s’étant élevée à 87%.

9 mai 1994 : Nelson Mandela est élu président par le Parlement, Thabo Mbeki et Frederik de Klerk devenant vice-présidents. L’apartheid est enterré. Un gouvernement d’union nationale est formé. Le 1er juin, l’Afrique du Sud réintègre le Commonwealth.

1995 : Les élections locales du 1er novembre confirment la domination de l’ANC (63,7 % des élus). On assiste au déclin de Winnie Mandela, après son divorce avec Nelson Mandela (en 1992), visée par des accusations de violences et de malversations, et elle est démise en mars de ses fonctions ministérielles. Une loi institue la Commission vérité et réconciliation, dirigée par Desmond Tutu, dont les travaux, retransmis par les médias, durent de 1996 à 1998. Elle examine 14 000 plaintes pour violation grave des droits de l’homme et 8 000 demandes d’amnistie.

1996 : adoption de la nouvelle Constitution (en mai), qui instaure un régime libéral et parlementaire (le Parlement comporte une Assemblée nationale et un Conseil national des provinces) dont toute forme de discrimination est bannie; les libertés publiques sont soigneusement consignées. Une large autonomie est laissée aux provinces. Après la signature, le Parti national quitte le gouvernement pour une « opposition constructive ». Nelson Mandela annonce son retrait futur de la vie politique, au profit de Thabo Mbeki. En octobre, début du premier recensement de la population de l’ère multiraciale.

1997 : Violences politiques à Johannesburg et au Cap. Frederik de Klerk abandonne la vie politique. Un nouveau gouvernement est formé en octobre, dans lequel l’ANC est omniprésent (l’Inkatha hérite de cinq postes), avec un effort de représentation des femmes (un quart) et des Métis ou Indiens. En décembre, l’ANC tient son congrès: Thabo Mbeki succède à Nelson Mandela à la tête du parti, avec Jacob Zuma comme adjoint. Absent du gouvernement, l’ancien président de l’Assemblée constituante, et challenger de Mbeki au sein de l’ANC, Cyril Ramaphosa, devient l’étoile montante du nouveau patronat noir.

1998 : l’ancien président Pieter Botha est traduit en justice pour son refus de témoigner devant la Commission Vérité et réconciliation. Celle-ci rend ses conclusions le 29 octobre après avoir entendu plus de 20 000 victimes du régime d’apartheid. Elle continuera cependant à examiner les demandes d’amnistie, et engage la justice à lancer des poursuites contre les non-amnistiés. Sur le terrain social, la confédération syndicale de la Cosatu confirme son opposition à la politique économique du gouvernement. Au plan diplomatique, outre la tenue à Durban du Sommet des Non-Alignés, en septembre, les troupes sud-africaines entrent au Lesotho à la rescousse du gouvernement.

1999 : le 18 février, le gouverneur de la Banque centrale d’Afrique du Sud annonce que l’économie est entrée en récession, avec une croissance négative. A trois semaines des élections, l’ANC et l’Inkatha signent le 14 mai un accord de paix au Kwazulu-Natal qui devrait permettre de contenir les débordements de violence des années passées. Les deuxièmes élections législatives multiraciales se tiennent le 2 juin et sont remportées par l’ANC. Thabo Mbeki devient chef de l’État. La RSA achève sa transition démocratique.

2000 : à deux mois de la conférence mondiale sur le sida qui doit se tenir à Durban, Thabo Mbeki organise en mai une rencontre donnant une large place aux scientifiques «dissidents» qui nient tout lien entre le VIH et le sida, suscitant l’indignation des milieux scientifiques et médicaux.

Août-septembre : série d’attentats que le ministère de la Sûreté attribue à la milice islamiste Pagad (Peuple contre le gangstérisme et la drogue). Décembre: lors des élections municipales, l’ANC remporte 170 municipalités, le parti zoulou Inkatha 36, et l’Alliance démocratique 18. L’ANC connaît un léger tassement de son score au niveau national.

2001 : procès intenté par 39 groupes pharmaceutiques qui défendent leurs droits commerciaux contre une loi sud-africaine favorisant l’accès aux médicaments génériques. Face à la mobilisation internationale, les laboratoires retirent leur plainte (mars-avril). Visite officielle de Thabo Mbeki à Cuba (avril). Mort de Govan Mbeki (août), figure principale de la lutte anti-apartheid et père du président.

2003 : En mars, la Commission vérité et réconciliation remet son rapport final. Elle a accordé une amnistie aux auteurs des violations des droits de l’homme qui ont reconnu leurs crimes; 5 000 personnes ayant renoncé à demander l’amnistie pourraient être poursuivies.

Mort de Walter Sisulu, le patriarche du Congrès national africain (ANC), compagnon de lutte de Mandela (mai).

Le parlement adopte le Plan sida, qui met gratuitement à la disposition des malades des anti-rétroviraux (novembre).

2004 : élections générales le 14 avril (Parlement), puis élection par celui-ci du président le 27 avril.

Publicado em 22/09/2015 - Modificado em 19/06/2019

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