Les habitants essayent de persuader les soldats russes venus pour écraser le mouvement qu'il n'y a pas de guerre civile dans le pays.
Les habitants essayent de persuader les soldats russes venus pour écraser le mouvement qu'il n'y a pas de guerre civile dans le pays.
Sovfoto/UIG via Getty Images
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50 ans après, le Printemps de Prague reste un souvenir traumatisant

Le 5 janvier 1968, l'élection d'Alexander Dubcek à la tête du parti communiste donnait à la Tchécoslovaquie un souffle d'optimisme et marquait le début d'une période de liberté relative - le Printemps de Prague -, brutalement interrompue au bout de quelques mois par une invasion militaire orchestrée par Moscou. Cinquante ans après, l'écrasement de ce Printemps de Prague reste un traumatisme dans la récente histoire nationale.
Por RFI -

Avec notre correspondant à Prague, Alexis Rosenzweig.

C'est une chanson qui symbolise encore aujourd'hui pour de nombreux Tchèques le Printemps de Prague et l'énorme désillusion qui a suivi : La prière pour Marta, une chanson poignante devenue en 50 ans l'hymne officieux de la République tchèque, interprétée par une idole de la variété, Marta Kubisova, interdite de se produire en public jusqu'à la chute du communisme en 1989.

Kubisova avait en 1968 pris fait et cause pour Dubcek, le nouveau leader pour un « socialisme à visage humain », dont le rôle et la personnalité sont encore l'objet de débats à Prague. « À quoi bon essayer de donner un visage humain à quelque chose de monstrueux ? » C'est la formule souvent répétée ici pour écourter les controverses.

De nombreux films et une abondante littérature ont été consacrés au Printemps de Prague ces 25 dernières années, à cet épisode de relative euphorie suivie par une longue phase de « normalisation » téléguidée par le Kremlin, après une intervention militaire traumatisante. Les Tchèques les moins jeunes se souviennent tous de l'endroit où ils se trouvaient le 21 août 1968, quand les chars sont arrivés.

Et pour un bon nombre d'entre eux, il est clair que le Printemps tchécoslovaque et le Mai 68 français n'avaient pas grand-chose en commun, car à Prague on était en manque de démocratie et de liberté d'expression. Et ce n'est que 21 ans après que Marta Kubisova a pu enfin chanter sa prière, devant une foule émue aux larmes.

Publicado em 03/04/2018 - Modificado em 01/06/2018

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