Les Forces démocratiques syriennes à Baghouz en Syrie.
Les Forces démocratiques syriennes à Baghouz en Syrie.
Rodi Said / Reuters
Artigo

Syrie: les FDS lancent l'offensive contre Baghouz, ultime bastion du groupe EI

L’offensive des Forces démocratiques syriennes reprend dans l’est de la Syrie. La milice arabo-kurde soutenue par la coalition internationale tente de déloger les derniers combattants du groupe État islamique. Les jihadistes sont retranchés dans le village de Baghouz, un réduit d’un kilomètre carré dans la province de Deir Ezzor.
Por RFI -

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, et la proclamation d’un califat sur des pans entiers de la Syrie et de l’Irak, l’organisation État islamique a vu son territoire se réduire comme peau de chagrin. Le coup d’envoi de cette ultime bataille marque le début de la fin territoriale du groupe jihadiste.

Jusque-là, il était impossible pour l’alliance arabo-kurde de pénétrer dans ce dernier bastion jihadiste. A Baghouz, les combattants de l’EI, repliés derrière une muraille de civils, retenaient également des membres des FDS, capturés durant les combats.

Évacuation des civils et des otages

Or plusieurs milliers de personnes ont quitté depuis une semaine cette zone. « Nous avons des informations qui nous confirment que tous les civils de Baghouz ont été évacués, confirme Adnan Afrin, commandant des Forces démocratiques syriennes, au micro de notre envoyé spécial Sami Boukhelifa. Sur la base de ces renseignements, les FDS ont entrepris de lancer une offensive pour nettoyer la dernière poche de jihadistes à Baghouz, et ainsi, mettre fin à l’existence territoriale du groupe EI. »

Les membres des FDS capturés pendant les combats et retenus en otage ont aussi été libérés : les Forces démocratiques syriennes ont profité de renseignements avant de lancer l’assaut final pour libérer certains de leurs combattants aux mains de l’État islamique. « Ces derniers temps, nous avons lancé plusieurs opérations spéciales grâce auxquelles nous sommes parvenus à libérer 24 combattants FDS qui étaient entre les mains des jihadistes. Nous avons eu des renseignements de l’intérieur qui nous indiquaient où étaient détenus nos camarades. Sur cette base, nous avons chargé des unités spéciales de les secourir, précise Adnan Afrin. Il y a eu des affrontements avec les jihadistes et ils ont finalement abouti à leur libération. »

Un terrain piégé

La libération des otages et l'évacuation des civils ouvraient la voie à cet ultime assaut. L’opération a été déclenchée vendredi soir à la tombée de la nuit. Les FDS progressent avec la couverture aérienne de la coalition internationale menée par les États-Unis. Les survols sont permanents.

Les derniers jihadistes, les plus radicaux, les plus déterminés, sont retranchés dans la périphérie Est du village de Baghouz, situé sur la rive orientale du fleuve Euphrate, non loin de la frontière irakienne. Ce bout de territoire se résume à quelques pâtés de maisons accolés à un camp informel.

Pour Adnan Afrin, commandant des FDS, il est difficile d’estimer avec précision le nombre de jihadistes présents dans la zone : « selon nos renseignements, il y aurait entre 1000 et 1500 jihadistes en capacité de combattre. Nous sommes cependant incapables de dire avec précision combien de temps va durer cette opération. Il y a beaucoup de tunnels, beaucoup de kamikazes. Le terrain est piégé, c’est un véritable champ de mines ».

La bataille risque de durer encore plusieurs jours mais il n’y aura qu’une seule issue : la disparition du territoire du califat autoproclamé du groupe État islamique.

À (re)-lire : Syrie : le chef des artilleurs français critique les opérations contre l'EI

Publicado em 21/03/2019 - Modificado em 21/03/2019

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias