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Pourquoi 20 ans après, les États-Unis se retirent d’Afghanistan ?

Patrouille de soldats américains de la prestigieuse, mais controversée 82e division aéroportée, dans la province de Kandahar (sud de l'Afghanistan), en 2012.
Patrouille de soldats américains de la prestigieuse, mais controversée 82e division aéroportée, dans la province de Kandahar (sud de l'Afghanistan), en 2012.
Baz Ratner / Reuters
Le président Joe Biden a annoncé le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, qui doit être achevé le 11 septembre 2021, après une présence de vingt ans sur place. Pourquoi ce retrait américain maintenant ?

03'07'' - Première diffusion le 16/04/2021

On peut trouver une première réponse dans les propos mêmes de Joe Biden le 14 avril 2021 : le président américain explique que concernant l’Afghanistan, aucun moment pour un départ des troupes américaines stationnées là-bas ne sera idéal. Donc, autant le faire maintenant - au début de son mandat. Le deuxième élément de réponse, c’est que pour Joe Biden, la raison qui justifiait en octobre 2001 l’intervention états-unienne en Afghanistan, cette raison n’est plus valable depuis 2011.

Cette raison c’était bien sûr, après les attentats du 11 septembre 2001, d’aller frapper dans leur bastion les jihadistes d’al-Qaïda qui avaient répandu l’horreur au cœur de Manhattan - des jihadistes soutenus, encouragés et abrités par le régime rétrograde et totalitaire des talibans, qui avaient pris le pouvoir à Kaboul en 1996. L’opération, au sein d’une coalition internationale, visait donc à renverser le régime des talibans et à éradiquer la présence d’al-Qaïda dans le pays.

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Le premier objectif fut vite atteint, le second s’avéra beaucoup plus délicat - les partisans d’Oussama Ben Laden pouvaient compter sur des complicités locales, afghanes et pakistanaises, et sur la géographie de la zone frontalière entre les deux pays - de très hautes montagnes avec des vallées encaissées favorisant la dissimulation.

La mort de Ben Laden et le retrait progressif des troupes américaines

L’élimination de Ben Laden en 2011 par un commando des forces spéciales américaines a donc marqué un tournant - qui pour Joe Biden aurait dû signifier un retrait d’Afghanistan dès cette période. Ce ne fut pas le cas - par crainte d’un effondrement du gouvernement de Kaboul, par souci également de continuer à former et à professionnaliser l’armée afghane, la présence des États-Unis et des forces de l’Otan s’est poursuivie - même si, au fil des ans, les effectifs ont diminué : de 98 000 soldats américains déployés en Afghanistan en 2011, on en était actuellement à 2  500.

Et ce fut Donald Trump, il faut quand même le rappeler qui décida, après la signature d’un pré-accord de paix avec les talibans en février 2020, le retour définitif des boys au pays pour le 1er mai 2021. L’élection présidentielle passée, Joe Biden a repris cet engagement, mais, pour des raisons logistiques dit-il, il a ordonné un retrait progressif et ordonné entre le 1er mai et le 11 septembre prochain.

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Cette dernière date est hautement symbolique bien sûr pour signifier la fin de la plus longue guerre jamais menée par les États-Unis - 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001.

L’Afghanistan, le « cimetière des empires »

Troisième élément qui a compté dans la décision de Biden : la certitude que cette guerre n’est pas gagnable sur le terrain strictement militaire. Certitude renforcée par l’Histoire - l’Afghanistan fut longtemps surnommé le « cimetière des empires »- référence aux défaites cuisantes qu’y ont subi l’Empire perse au XVIIIe siècle, l’Empire britannique au siècle suivant, et le soviétique dans les années 1980.  

Une sage décision alors ? Pour les États-Unis oui - cette guerre a tué près de 2  500 GI’s, et coûté 2  000 milliards de dollars au contribuable américain. Pour les Afghans, c’est une autre histoire. 

Publicado em 22/04/2021 - Modificado em 04/05/2021 - Por Bruno Daroux

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