Le président iranien Hassan Rohani sous le portrait d'Ali Khamenei, le 17 janvier 2017 à Téhéran.
Le président iranien Hassan Rohani sous le portrait d'Ali Khamenei, le 17 janvier 2017 à Téhéran.
Atta Kenare / AFP
Artigo

Iran: les hommes qui ont présidé la République islamique

Vendredi 19 mai 2017, les Iraniens vont élire au suffrage universel, pour la douzième fois, le président de la République islamique. Depuis sa fondation en 1979, la République islamique d’Iran a connu au total 7 présidents dont 4 ont accompli deux mandats consécutifs. La durée du mandat est de 4 ans, renouvelable une fois. Qui sont les présidents qui se sont succédé depuis 1980 jusqu’à aujourd’hui à la tête du gouvernement de la République islamique ?
Par Alireza Manafzadeh -

En février 1979, juste après le départ de Mohammad Reza Pahlavi, dernier Shah d’Iran, et le retour de l’ayatollah Khomeiny, se constitue, sur ordre de ce dernier, un Conseil suprême de la Révolution (CRS) et un gouvernement provisoire dont le chef désigné est Mehdi Bazargan, ancien opposant au Shah. Il est, pour ainsi dire, le Premier ministre de ce gouvernement intérimaire que l’on peut qualifier de fantoche. Car après la chute du régime impérial, les décisions les plus importantes sont prises par le CRS sous l’influence des comités révolutionnaires qui agissent en leur nom et pour leur propre compte. Le gouvernement provisoire est incapable de les contenir. Le 5 novembre 1979, au lendemain de la prise de l’ambassade américaine et le début de la crise des otages, Bazargan démissionne avec tout son cabinet. Jusqu’à la première élection présidentielle, personne ne sera désigné pour le remplacer.

Abolhassan Bani Sadr : Le premier président de la République islamique d'Iran est Abolhassan Bani Sadr, élu au suffrage universel avec 76% des voix, le 25 janvier 1980. Il sera destitué en juin 1981. Sous sa présidence se déclenche la guerre Iran-Irak. Investi par l’ayatollah Khomeiny comme chef des forces armées, il se rend régulièrement sur le front. Sa popularité s’accroît surtout par l’espoir d’une victoire de l’armée iranienne qui se dessine à l’horizon. Il entre en même temps en pourparlers avec l’état-major de Ronald Reagan, candidat à la présidence, concernant les otages américains détenus par les Iraniens depuis le 4 novembre 1979. Sans réel pouvoir, ses relations se dégradent avec le Premier ministre, Mohammad Ali Rajai, et les milieux religieux très influents auprès de Khomeini qui encouragent ce dernier à le destituer.

Mohammad Ali Rajai : Après la destitution de Bani Sadr, un Conseil présidentiel se constitue pour assurer l’intérim des fonctions du président de la République, dont fait partie Mohammad Ali Rajai, Premier ministre du président déchu. Le 24 juillet suivant, il est élu président de la République et prête serment le 2 août 1981. Mais il sera tué le 30 août dans un attentat où périront également d’autres membres de son gouvernement ainsi que son Premier ministre.

Ali Khamenei : Après l’assassinat de Mohammad Ali Rajai, Ali Khamenei, actuel Guide suprême de la Révolution islamique, est élu président de la République. Il sera réélu pour un deuxième mandat en 1985. Sous sa présidence se perpétue la guerre Iran-Irak (1980-1988). La fin de la guerre acceptée par Khomeini entraine ce que l’on appelle communément le « massacre des prisons ». D’août 1988 jusqu’en février 1989, entre 4500 et 5000 prisonniers politiques et d’opinions - parmi lesquels beaucoup de femmes - ont été massivement exécutés. À la mort de Rouhollah Khomeiny, le 4 juin 1989, Ali Khamenei est désigné par un collège de religieux comme Guide suprême.

Ali Akbar Hachémi Rafsandjani : Le 28 juillet 1989 Ali Akbar Hachémi Rafsandjani succède à Ali Khamenei en tant que président de la République. Ce dernier devient le Guide suprême. Rafsandjani sera réélu en 1993 sur un programme d’ouverture et de réformes. La guerre qui opposa l’Irak de Saddam Hussein à une coalition de 34 États entre 1990 et 1991 pour la libération du Koweït a eu lieu pendant sa présidence. Il n’a pas réagi lorsque la coalition écrasait l’armée irakienne, bien qu’en 2003 il ait fustigé l’invasion ultérieure de l’Irak par les États-Unis de Georges W. Bush. Son rapprochement avec les monarchies arabes du golfe Persique a contribué à l’apaisement des tensions qui s’étaient installées entre ces États et l’Iran depuis la révolution de 1979.  Le 17 septembre 1992, dans un restaurant grec de Berlin appelé Mykonos, quatre opposants kurdes iraniens sont assassinés. Rafsandjani est soupçonné, avec Khamenei, d’avoir ordonné ce quadruple assassinat.

Mohammad Khatami : Le 23 mai 1997, Mohammad Khatami succède à Rafsandjani avec près de 70% de voix. Il doit sa victoire plutôt aux votes des femmes et des jeunes. Il est considéré, par comparaison avec ses prédécesseurs, comme le premier président réformiste d’Iran. Le 8 juin 2001, il sera réélu pour un deuxième mandat. Pendant sa campagne présidentielle, il met en exergue les valeurs telles que l’État de droit, la démocratie et la participation de tous les citoyens au processus de décisions politiques. Mais ses réformes sont contrariées par les conservateurs qui contrôlent la plupart des leviers du pouvoir. En 2005, il est nommé par Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, membre du Haut Conseil pour l’Alliance des Civilisations. 

Mahmoud Ahmadinejad : Le 3 août 2005, Mohammad Khatami est remplacé par le conservateur Mahmoud Ahmadinejad. C’est un personnage de l’alliance des conservateurs au sein du régime. Son arrivée au pouvoir serait inconcevable sans le soutien de l’Ayatollah Ali Khamenei, le Guide de la Révolution. Sous sa présidence, la situation économique du pays se dégrade considérablement. Il défend le camp des déshérités et s’oppose aux valeurs occidentales. Les relations entre l’Iran et les États-Unis se dégradent par ses provocations verbales. En décembre 2006, il organise à Téhéran une conférence sur l’Holocauste qu’il fustige comme prétexte pour la création de l’État d’Israël. En 2009, il est officiellement réélu, mais une partie de la population ainsi que certains pays occidentaux comme les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne contestent les conditions de sa réélection. Les manifestations contre la fraude électorale seront sévèrement réprimées.

Hassan Rohani : Le 4 août 2013, Hassan Rohani, le seul candidat modéré à l’élection présidentielle, succède à Ahmadinejad. Dès son accession au pouvoir, il cherchera par tous les moyens à trouver un accord sur le nucléaire iranien, , car les sanctions occidentales qui frappent le pays depuis plusieurs années risquent de mettre en péril la survie même du régime. Il aura une conversation téléphonique avec Obama fin septembre 2013 qui va infléchir la position américaine. En juillet 2015, un accord est trouvé entre le régime iranien et le groupe 5+1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie + l'Allemagne). Rohani s’est porté candidat à sa propre succession.

Publicado em 18/05/2017 - Modificado em 02/06/2017

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Iran: les hommes qui ont présidé la République islamique

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.