Un navire de la Royal Navy, photographié dans le port de Gibraltar, en septembre 2014.
Un navire de la Royal Navy, photographié dans le port de Gibraltar, en septembre 2014.
Marcos Moreno/AFP
Artigo

Défense européenne: ce que le Brexit va changer, ou peut changer

Le Brexit a des conséquences économiques et financières, même si le ministre britannique des Finances, partisan du maintien dans l'UE, s'est voulu rassurant en juin 2016, en affirmant que l'économie britannique est solide et pourra faire face aux défis futurs. Mais la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a aussi une incidence en matière militaire, et un impact sur la défense européenne.
Por RFI -

D'un côté, c'est une armée de près de 200 000 hommes, avec un budget annuel de 35 milliards de livres sterling, 42 milliards d'euros, qui quitte le giron européen. Mais en même temps, il faut bien voir que l'armée britannique a subi des coupes budgétaires très dures depuis le début de la décennie et que cette armée est très peu intégrée dans les opérations de l'Union.

Londres ne participe guère à la politique de sécurité commune de l'UE. Les Anglais ont envoyé leurs frégates durant l'opération Atalante, contre les pirates somaliens - le QG d'Atalante était même à Northwood au nord de Londres. La Royal Navy a renvoyé des navires l'an dernier, pour l'opération Sophia au large des côtes libyennes.

Mais on ne peut pas dire que Londres ait fait preuve de beaucoup d'enthousiasme pour rejoindre EMAM RCA, ou même EUTM Mali, même si quelques soldats irlandais ou britanniques ont participé à cette mission de conseil en 2013.

L’Allemagne veut accroître sa place

Après le Brexit, certains « verrous » pourraient même sauter. Ainsi, on reparle de la création à Bruxelles d'un quartier général européen, un projet auquel Londres s'était toujours opposé, pour ne pas créer de « doublon » avec l'Otan, sous domination américaine, mais qui pour quasiment tous les pays européens reste la seule alliance militaire réellement crédible pour la protection de l'Europe continentale.

Les Anglais qui s'en vont, il reste les Allemands. Berlin souhaite donner de nouvelles missions à ses forces armées, davantage présentes sur la scène internationale et servant les intérêts de l'Allemagne comme au Mali, sous casques bleus de l'ONU, comme annoncé fin 2015.

L'Allemagne est enfin en position dominante chez Airbus qui, dans le secteur de la défense, pourrait gagner en crédibilité, même si d'un point de vue industriel, rien à l'heure actuelle ne remet en cause l'actuelle coopération franco-britannique en matière de missiles ou de drones militaires, même si le Brexit pourrait casser la dynamique de ces dernières années.

Publicado em 15/03/2017 - Modificado em 15/03/2017

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias